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La Première Nation Gitxsan empêche des travailleurs sociaux de retirer un enfant

Des membres de la communauté Gitxsan regroupés dans le nord de la Colombie-Britannique.

Des membres de la Première Nation Gitxsan ont empêché des travailleurs sociaux de retirer un enfant de leur communauté samedi dernier.

Photo : Offerte par Kai Nagata

RCI

Des matriarches, des chefs et des membres de la Première Nation Gitxsan ont empêché des travailleurs sociaux de la Colombie-Britannique de retirer l’un des enfants de la communauté samedi dernier.

Nous n'allions pas permettre au [gouvernement] de prendre cet enfant et de le placer dans un avion vers l’Ontario, explique Tracey Woods, chef élue de la bande Gitanmaax, située au nord-ouest de Prince George. Nous savons que c'était la bonne chose à faire.

La communauté a été avisée samedi soir que l’enfant de 6 ans allait être pris en charge par le ministère du Développement des enfants et de la Famille. Ses membres se sont alors regroupés devant son domicile.

Notre conseil affirme que ce n’est pas différent de la rafle des années 1960, lorsque des enfants étaient enlevés et envoyés loin de leur famille dans des territoires inconnus, a déclaré Tracey Woods.

Une paire de mocassins arbore le chiffre 215, faisant référence aux 215 victimes de Kamloops.

L'enjeu du maintien des enfants autochtones dans leur communauté a été ravivé par la découverte de tombes non marquées près d'anciens pensionnats pour Autochtones.

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

L'enfant a le soutien de la communauté

Les Gitxsan sont une nation matriarcale, et la mère de l’enfant est membre de la bande Gitanmaax, indique Tracey Woods, qui est chef depuis quatre ans.

On veut empêcher nos enfants d’être retirés de nos communautés, de nos familles.
Une citation de Tracey Woods, chef élue de la bande Gitanmaax

Dans un courriel, le ministère du Développement des enfants et de la Famille se dit incapable de commenter le dossier d’un enfant en particulier, mais assure qu'il reconnaît l’importance de maintenir le lien d'un enfant avec sa famille, notamment des proches et des membres éloignés, ainsi qu’avec sa communauté autochtone, métisse ou inuit .

L’enfant est en sécurité, selon Tracey Woods. Elle réitère l’importance pour lui de rester dans sa communauté et d’apprendre sa culture et sa langue. Il a l'occasion de raviver les liens avec sa famille maternelle, de se faire de nouveaux amis. Il y a un soutien énorme pour cet enfant dans la communauté.

Devoir se battre pour garder ses enfants

Ça suffit, lance Kolin Sutherland-Wilson, du clan Git'luuhl'um'hetxwit, membre de la Première Nation Gitxsan, qui a participé aux mesures pour s’assurer que l’enfant demeure dans la communauté.

Lundi, il a organisé un rassemblement devant les bureaux du Ministère, à Hazelton, en Colombie-Britannique. L'autorité des Autochtones sur les enfants autochtones devrait aller de soi à ce stade, fait-il valoir. Nous sommes tannés de devoir nous battre pour le bien-être de nos enfants.

L'époque où le Canada vient et nous dit que nous ne sommes pas assez civilisés ou organisés est révolue.
Une citation de Kolin Sutherland-Wilson, membre du clan Git'luuhl'um'hetxwit
Justin Trudeau rencontre à Kamloops la chef de la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc, Rosanne Casimir.

Justin Trudeau a rencontré, à Kamloops, la Première Nation qui a découvert des sépultures non marquées près du pensionnat pour Autochtones.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Projet de loi en cours

Lors d’une rencontre avec la communauté Tk’emlúps te Secwépemc, à Kamloops lundi, le premier ministre Justin Trudeau a évoqué au projet de loi C-92.

Le document législatif est élaboré en partenariat avec des chefs de Premières Nations et permettrait aux communautés autochtones de réclamer l'autorité sur le bien-être des enfants.

Nous sommes en discussion avec les communautés autochtones, a dit M. Trudeau, afin de leur fournir des ressources pour mettre en place un système qui leur permet d'assurer la sécurité des enfants.

Avec les informations de Lenard Monkman

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