1. Accueil
  2. Économie
  3. Immigration

[Reportage] Ces Guatémaltèques qui cultivent les plus beaux jardins de Québec

De gauche à droite, les Guatémaltèques Macario Cáal Tut, Orlando García, Abel Fuentes et Enrique Cáal Tut entretiennent des jardins ornementaux dans la capitale historique du Québec et en sont très fiers. Ce travail temporaire leur permet d'envoyer de l'argent à leur famille.

De gauche à droite, les Guatémaltèques Macario Cáal Tut, Orlando García, Abel Fuentes et Enrique Cáal Tut entretiennent les jardins d'agrément de la capitale historique du Québec et en sont très fiers. Ce travail temporaire leur permet d'envoyer de l'argent à leur famille.

Photo : Radio Canadá Internacional / Paloma Martínez Méndez

Paloma Martínez Méndez

Chaque année, ils viennent du Guatemala et peuvent passer jusqu'à neuf mois loin de leur famille. Mais la fierté d'être les floriculteurs des plus beaux jardins de la ville de Québec et d'avoir la possibilité d'aider leurs familles à mieux vivre valent bien le sacrifice de la distance.

Les frères Enrique et Macario Cáal Tut sont originaires de San Pedro Carchá, une petite ville du centre du Guatemala. Abel Fuentes est originaire de Guatemala City et Orlando García, de Coatepeque, dans l'ouest du pays.

Tous viennent dans la région administrative de la Capitale-Nationale grâce à l'entente sur les travailleurs temporaires qui existe entre le Canada et plusieurs pays d'Amérique latine, dont le Guatemala.

Ils travaillent pour Pépinière & Paysages Marcel Morin à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Tous les quatre ont des enfants et disent être venus au Québec, à presque 6000 kilomètres de leur famille, afin de pouvoir leur offrir une vie meilleure.

Abel Fuentes à côté d'un jardin à côté du Château Frontenac.Agrandir l’image (nouvelle fenêtre)

Abel Fuentes dit que sa fille de 4 ans est triste quand il part, mais c'est en venant ici qu'il l'aide le plus.

Photo : Radio Canadá Internacional / Paloma Martínez Méndez

Ce qui me plaît le plus dans le fait de venir ici, c'est le travail lui-même, car il nous permet de nous améliorer plus que nous ne le pourrions au Guatemala. C'est ce que nous recherchons afin d'améliorer le bien-être de nos familles. Ce qui est difficile, c'est la distance qui nous sépare, mais nous devons faire cet effort pour eux.
Une citation de Abel Fuentes, paysagiste
Orlando García est l'un des 36 000 travailleurs guatémaltèques dans la région administrative de la Capitale-Nationale.Agrandir l’image (nouvelle fenêtre)

Orlando Garcia, l'un des 36 000 travailleurs guatémaltèques de la région administrative de la Capitale-Nationale de Québec.

Photo : Radio Canadá Internacional / Paloma Martínez Méndez

Pour sa part, Orlando Garcia estime que le salaire avantageux par rapport à ceux de son pays vaut le sacrifice.

Nous venons ici parce que nous aimons travailler et parce que nous gagnons un peu plus ici qu'au Guatemala. Ainsi, nous pouvons offrir à nos enfants un meilleur avenir. C'est difficile d'être loin, mais nous le faisons pour eux, donc ce n'est pas si difficile.
Une citation de Orlando García, paysagiste

Une histoire de famille

Enrique et Macario devant des jardins.Agrandir l’image (nouvelle fenêtre)

Enrique et Macario sont deux des trois frères Cáal Tut qui se sont réunis cette année. Le troisième, Victor, était ailleurs au moment de l'entretien. Ce sont des Autochtones mayas et ils parlent le maya Q'eqch'i.

Photo : Radio Canadá Internacional / Paloma Martínez Méndez

En 2021, Enrique en est à sa onzième saison en tant que paysagiste au Québec, tandis que Macario est là pour la première fois.

Enrique, que tout le monde appelle le patron parce qu'il connaît le mieux le travail, dit qu'il aime son métier, surtout parce qu'il le partage avec ses collègues.

Quand Enrique Cáal Tut parle des travailleurs saisonniers guatémaltèques qui viennent chaque année dans la région de la capitale du Québec, il les appelle les compañeros [les compagnons, NDLR].

J'aime vraiment travailler avec des amis, en équipe. Nous sommes environ 36 000. Certains travaillent en ville et d'autres dans la région de Saint-Nicolas [Lévis, Québec] où ils vont planter et cultiver des fraises. Nous allons leur rendre visite pour passer du temps avec eux, pour jouer au football et manger ensemble.
Une citation de Enrique Cáal Tut, jardinier paysagiste

Ce travailleur raconte que la première fois qu'il est venu ici, en 2009, c'était parce que des Canadiens étaient venus en visite dans son village et lui avaient demandé de venir y travailler.

Au début, je n'étais pas convaincu, dit-il.

Mais ensuite, j'ai eu une entrevue et j'ai été choisi. Ils ont arrangé mes papiers et je suis venu [au Canada]. Nous sommes heureux. Nous avons chacun notre propre chambre et nous avons une cuisine commune où nous mangeons ensemble. Le patron nous traite bien et nous avons des assurances. Si quelqu'un tombe malade, il nous emmène chez le médecin.
Une citation de Enrique Cáal Tut, jardinier paysagiste

Pendant la pandémie, plusieurs de ces travailleurs ont décidé de rester au Guatemala. Cette année, ils sont revenus et ont reçu le vaccin ici. Certains sont maintenant pleinement vaccinés et d'autres, comme Enrique, n'ont pas encore reçu la deuxième dose.

Contrairement à ses frères Enrique et Victor, c'est la première saison de Macario Cáal Tut comme paysagiste au Québec.

Cela dit, je connais bien la campagne, dit-il.

Dans notre région de Carchá, nous travaillons la terre. C'est pourquoi je suis très heureux d'être ici. Ce que j'aime le plus, c'est travailler à la campagne, en plein air, avec les plantes.
Une citation de Macario Cáal Tut, jardinier paysagiste

Ces jardiniers et paysagistes souriants affirment qu'ils reviendront sûrement au Québec l'année prochaine, car ils sont très fiers que la ville soit belle tout l'été grâce aux fleurs, aux arbustes et aux arbres qu'ils plantent et entretiennent.

IMG-2009IMG-2010IMG-2013
1/3

Photo : Radio Canadà Internacional / Paloma Martínez Méndez

À ce temps-ci de l'année, lorsque l'été cède la place à l'automne, le travail de ces floriculteurs consiste à arracher les fleurs qui se fanent et à les composter.

À leur arrivée au Québec au printemps, leur principale tâche est de préparer les graines d'arbustes, de fleurs et d'arbres qu'ils sèmeront ensuite pour fleurir et embellir la ville durant l'été.

Québec, l'une des villes historiques les plus anciennes d'Amérique du Nord, est connue dans le monde entier pour la beauté de ses monuments et pour l'élégance de ses parcs aménagés.

La ville de Québec accueille chaque année plus de 4,5 millions de touristes.

Note : ce reportage est également disponible en espagnol

Paloma Martínez Méndez

À la une