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La vie sociale et la situation financière des Québécois perturbées par la pandémie

Un homme assis sur un terre-plein au milieu de la circulation.

Plus d’un Québécois sur quatre a eu des difficultés à respecter ses obligations financières ou à répondre à ses besoins essentiels, selon l'enquête de l'ISQ (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Frédérik-Xavier Duhamel

Sans surprise, une grande partie des Québécois ont vu leur vie sociale et leur situation financière se détériorer depuis le début de la pandémie. Les jeunes, les femmes et les personnes se percevant comme pauvres ont été particulièrement touchés, selon une enquête de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) concernant les 15 ans et plus.

Plus du trois quarts des Québécois (77 %) estiment que leur satisfaction à l’égard de leur vie sociale a diminué depuis le début de la pandémie, peut-on lire dans un communiqué (nouvelle fenêtre) annonçant la diffusion d’une partie des résultats de l’Enquête québécoise sur la santé de la population (nouvelle fenêtre) (EQSP) réalisée en 2020-2021.

Alors que près d’un Québécois sur cinq (18 %) s’est souvent senti isolé pendant cette période, ce sentiment de solitude est plus présent chez les femmes, les jeunes de moins de 35 ans, les étudiants, les personnes vivant seules ou en famille monoparentale, de même que celles qui se perçoivent comme pauvres, selon les résultats de l’Institut de la statistique du Québec.

Il n’est cependant pas possible de comparer ces chiffres avec ceux qui prévalaient avant la pandémie, puisque c’est la première fois que l’Enquête québécoise sur la santé de la population se penche ainsi sur l’isolement, selon Hélène Camirand, professionnelle de recherche aux enquêtes de santé à l’Institut de la statistique du Québec.

L’enquête ne fait pas mention de possibles inégalités en fonction du statut d’Autochtone ou de l’appartenance à une minorité ethnoculturelle.

Plus d’un Québécois sur quatre (26 %) a eu des difficultés à respecter ses obligations financières ou à répondre à ses besoins essentiels. Une proportion qui grimpe à près d’un sur deux (49 %) parmi ceux qui ont perdu leur travail à cause de la pandémie.

Et ces derniers sont nombreux. Selon les chiffres de l’Institut de la statistique du Québec, 27 % des Québécois, dont 40 % des jeunes de 15 à 24 ans, ont perdu leur emploi ou fermé leur entreprise de manière temporaire ou permanente à un moment ou à un autre durant la pandémie.

La consommation d’alcool, de tabac et de cannabis déclarée a augmenté pour certains et diminué pour d’autres.

Parmi l’ensemble des Québécois de 15 ans et plus, 5 % indiquent avoir augmenté leur fréquence de consommation de cigarettes depuis le début de la pandémie. Cette proportion est de 14 % pour la consommation d’alcool et de 4,4 % pour la consommation de cannabis, indique-t-on.

Ce sont cependant 11 % des personnes se percevant comme pauvres qui ont davantage fumé la cigarette. À l’inverse, 14 % des Québécois disent avoir diminué leur consommation d’alcool, 4 % disent avoir diminué leur consommation de cigarettes, et 3 % disent avoir diminué leur consommation de cannabis.

Encore une fois, l’Institut de la statistique du Québec n’est pas en mesure de comparer cette situation avec les variations de consommation rapportées avant la pandémie, indique Mme Camirand.

Parmi les 45 000 répondants de cette enquête, 7000 personnes ont répondu à des questions portant spécifiquement sur la pandémie de COVID-19 entre novembre 2020 et avril 2021, indique l'Institut de la statistique du Québec.

Les résultats complets de l'Enquête québécoise sur la santé de la population seront diffusés en mai 2023.

Frédérik-Xavier Duhamel

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