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Santé, éducation, emploi, cybersécurité : François Legault promet du changement

Le premier ministre sourit en s'assoyant, entouré de ministres et de députés qui applaudissent.

François Legault a été chaudement applaudi par les membres du gouvernement caquiste.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

RCI

En présentant les priorités de son gouvernement pour le reste de son mandat, mardi après-midi, à l'Assemblée nationale, le premier ministre François Legault a annoncé de gros changements, dont une « vaste décentralisation du réseau de la santé ».

Dans ce discours d'ouverture de session, au cours duquel François Legault a fait le bilan des trois premières années au pouvoir de son gouvernement, il a fait part de ses priorités pour l’année qui vient et même après si son parti devait reprendre les rênes du pouvoir en octobre 2022.

Le premier chantier auquel le gouvernement Legault compte s’attaquer est sans contredit le réseau de la santé, miné par une lourde bureaucratie, une pénurie majeure de personnel et des listes d’attente interminables pour avoir accès à des soins ou à un médecin de famille.

Quand on regarde la gestion actuelle des ressources humaines du réseau de la santé, on voit un système dysfonctionnel, où 40 % des employés sont à temps partiel, où il n’y a pas de flexibilité et où on n’a pas le choix d’imposer des heures supplémentaires, a reconnu François Legault. Et on se retrouve avec des employés épuisés, des employés qui finissent par quitter le réseau.

On a actuellement un réseau de la santé qui est beaucoup trop centralisé. La responsabilité du ministère de la Santé, ça devrait être de fixer des objectifs de performance et de suivre les résultats, a-t-il poursuivi.

Le gouvernement va procéder à une vaste décentralisation du réseau de la santé vers les régions et vers les sous-régions du Québec.
Une citation de François Legault, premier ministre du Québec

Selon le premier ministre, les personnes les plus aptes à déterminer les meilleurs moyens d'atteindre des objectifs en santé sont les gens qui sont près de l'action, et c'est à eux que Québec compte redonner les coudées franches en mobilisant tous les acteurs du réseau, tant les syndicats que les ordres professionnels, pour mettre un terme à la pratique du temps supplémentaire obligatoire (TSO).

Québec compte aussi prendre les moyens d'attirer plus d'étudiants dans le secteur de la santé, et il estime qu'il faut s'affranchir des agences privées, dont le système public ne peut plus dépendre, comme c'est actuellement le cas.

Le gouvernement envisage également de forcer, s'il le faut, les médecins de famille à prendre plus de patients en charge si les pourparlers en cours n'aboutissent pas bientôt.

La commissaire à la santé recevra le mandat de recommander au gouvernement les moyens de fournir davantage de soins à domicile aux personnes âgées.

François Legault à l'Assemblée nationale.

Le premier ministre François Legault estime que le mot-clé, dans le réseau de la santé, doit être « décentralisation ».

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

L'urgence sanitaire bientôt chose du passé

En ce qui a trait à la pandémie, que le premier ministre considère comme la bataille de notre vie, il a dit avoir confiance de pouvoir continuer à assouplir les restrictions sanitaires au Québec, étant donné le taux élevé de vaccination.

Il a ajouté qu'il prévoit lever l'état d'urgence sanitaire au Québec dès que les enfants de 5 à 11 ans auront été vaccinés, ce qui devrait d'après lui se produire au début de l'année 2022.

Plus de places en garderie

Outre la santé, les besoins sont également criants dans les garderies, où des milliers de parents n’arrivent pas à trouver de places pour leurs enfants, et ce, en dépit des promesses qu'avait faites la Coalition avenir Québec à son arrivée au pouvoir.

La liste d'attente pour une place en garderie, qui atteint actuellement 50 000 noms, n'a en fait jamais été aussi longue.

Conscient du problème, M. Legault a assuré les parents du Québec qu’au cours des prochains jours le ministre de la Famille va lancer une vaste offensive pour créer rapidement les 37 000 places qui manquent en service de garde. Ce qui devrait suffire, selon François Legault, à fournir des places en service de garde à tous les parents du Québec qui en souhaitent.

Mais pour réaliser cette audacieuse promesse, Québec devra recruter nombre d’éducatrices en service de garde.

On négocie présentement pour augmenter fortement le salaire des éducatrices. On va tout faire pour que nos éducatrices soient reconnues à la hauteur de leurs responsabilités, qui sont de s’occuper de ce qu’on a de plus important : nos enfants, a promis le premier ministre.

On regarde aussi la possibilité d’augmenter les crédits d’impôt pour les parents qui utilisent les services de garde non subventionnés, a-t-il ajouté.

Entrevue avec Sonia LeBel, présidente du Conseil du Trésor, et ministre responsable de l'Administration gouvernementale

Un ministère de la Cybersécurité

Le premier ministre Legault a aussi dit vouloir mettre en place un ministère de la Cybersécurité et du Numérique en bonne et due forme, qui aura pour mission de s'assurer d'une meilleure utilisation des banques de données du gouvernement et de procurer aux Québécois une citoyenneté numérique qui leur permettra d'obtenir des services de l'État en ligne plus facilement et de façon sécuritaire.

Ultimement, on va offrir aux Québécois une citoyenneté numérique, ce qui va leur permettre d’accéder avec beaucoup plus de simplicité aux services de l’État.
Une citation de François Legault, premier ministre du Québec

Un citoyen pourra par exemple disposer d’un permis de conduire ou d’une carte d’assurance maladie numérique sur son téléphone.

Le nouveau ministère sera également chargé de veiller à la cybersécurité et à la protection des données gouvernementales contre les vols et les attaques informatiques.

François Paradis est présenté de profil, dans son fauteuil, à quelques mètres de François Legault.

Le président de l'Assemblée nationale, François Paradis, écoute le discours du premier ministre François Legault.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Fini les projets d'extraction d'hydrocarbures

En ce qui a trait aux défis climatiques et environnementaux majeurs auxquels le monde doit faire face, François Legault a vanté la position avantageuse du Québec que lui confère son abondante production d'hydroélectricité.

Une électricité propre qui rapportera des dizaines de milliards de dollars à Hydro-Québec en revenus d'exportation aux États-Unis, a rappelé le premier ministre.

Qui plus est, Québec ambitionne de devenir l'un des pôles mondiaux du transport électrique, du développement des batteries et de la production d’hydrogène vert.

Estimant que le 21e siècle sera le siècle du Québec, François Legault a réitéré l'objectif de son gouvernement de réduire les émissions de gaz à effet de serre du Québec de 37,5 % d'ici 2030 par rapport à 1990 et d’atteindre la carboneutralité en 2050.

Le gouvernement du Québec a donc pris la décision de renoncer définitivement à extraire des hydrocarbures sur son territoire.
Une citation de François Legault, premier ministre du Québec

Bien qu'on n'extraie que fort peu d'hydrocarbures du sol québécois, le premier ministre a assuré que désormais, c’est sur l’électricité et les énergies renouvelables qu’on va miser.

100 000 travailleurs qualifiés de plus

Afin de remédier à la pénurie de main-d’œuvre qui sévit depuis des années, le gouvernement Legault compte certes sur l’immigration, mais également sur la formation et surtout sur la requalification des milliers de Québécois qui ont perdu leur emploi lors de la pandémie ou qui désirent changer de carrière.

Pour avoir les moyens de ses ambitions, le Québec devra disposer d’une main-d’œuvre aux compétences ciblées en fonction des besoins dans les secteurs clés.

Pour ce faire, le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale présentera bientôt un plan qui permettra, selon François Legault, d’ajouter pas moins de 100 000 travailleurs qualifiés sur le marché de l’emploi dans les secteurs de la construction, des technologies de l’information et du génie.

Un cours sur la citoyenneté québécoise

Soulignant que la pandémie de COVID-19 avait mis en lumière l’importance de la cohésion nationale, le premier ministre a expliqué que la solidarité démontrée par les Québécois n’aurait pas été imaginable sans un fort sentiment d’appartenance à une communauté nationale.

Cette cohésion nationale trouve sa source dans notre histoire commune, dans notre culture, dans notre façon de vivre ensemble ainsi que dans notre langue. Cette cohésion nationale est très précieuse et doit être cultivée dès l’enfance, a-t-il précisé.

C’est pourquoi le ministère de l’Éducation prévoit remplacer le cours d’éthique et culture religieuse actuellement dispensé dans les écoles par un cours axé sur la culture et la citoyenneté québécoise. Il avait déjà annoncé ses couleurs en janvier 2020 (nouvelle fenêtre).

On doit transmettre à nos jeunes plus de connaissances sur notre histoire, sur notre culture, sur le fonctionnement de la société québécoise. On doit transmettre un sentiment de fierté, de citoyenneté partagée.
Une citation de François Legault, premier ministre du Québec

Au sujet du racisme

François Legault a tenu à exprimer les préoccupations de son gouvernement face aux comportements racistes qu'affrontent encore trop de personnes.

Même s'il estime que le Québec est un des endroits au monde où il y a le moins de racisme, François Legault a reconnu, sans s’aventurer sur le terrain du concept de racisme systémique, qu’il y a encore du racisme au Québec et qu’il est du devoir des Québécois de le combattre. Et on doit le faire ensemble, en misant sur ce qui nous rassemble, a-t-il ajouté.

Il est important, a précisé M. Legault, de porter une attention particulière aux Autochtones qui ont subi une forme particulièrement cruelle de racisme avec des politiques qui visaient à effacer leur identité, leur culture et leur histoire.

Cette histoire a aussi provoqué des préjugés tenaces, a-t-il regretté. On doit les combattre et on doit combattre la discrimination et le racisme que vivent trop d’Autochtones encore de nos jours, pour aller de l’avant et pour recommencer à être partenaires en tout respect, de nation à nation.

À moins d'un an des élections

Outre le fait de redistribuer les cartes, ce discours prépare également le terrain en prévision des prochaines élections générales qui doivent avoir lieu dans moins d'un an, soit le 3 octobre 2022.

La récente prorogation du Parlement permet en effet au gouvernement de faire table rase et d'annoncer les sujets sur lesquels il concentrera ses efforts au cours des prochains mois. Des mois qui se transformeront sous peu en campagne électorale, dans la mesure où la date de l'élection est fixée longtemps d'avance par la loi québécoise.

Le premier ministre avait annoncé le 7 octobre qu'il prorogeait (nouvelle fenêtre) le Parlement, écourtant la session précédente de façon prématurée. La prorogation a par conséquent mis fin aux travaux de l'Assemblée nationale sur tous les projets de loi qui n'avaient pas encore été adoptés.

Avec l'ouverture d'une nouvelle session, le gouvernement choisit les projets de loi qu'il juge essentiels pour reprendre les travaux là où ils s'étaient arrêtés. Les autres projets meurent au feuilleton, pour ainsi dire.

La dernière fois qu'un premier ministre du Québec a prorogé l'Assemblée législative remonte à 2011.

Avec les informations de La Presse canadienne.

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