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[Lettre ouverte] L’APNQL propose la réconciliation systémique au gouvernement Legault

« Les chefs de l’APNQL sont les premiers à comprendre l’importance de préserver la fierté d’un peuple, sa langue, sa culture, son territoire. »

Des marcheurs à Winnipeg à l'occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

Des marcheurs lors de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

Photo : CBC/Gary Solilak

Lettre ouverte

Après trois années au pouvoir, le premier ministre François Legault souhaite donner un second souffle à son gouvernement. L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) espère qu’il fera d’un gouvernement qui ne fait que réagir un gouvernement inspiré par une volonté réelle d’une relation respectueuse avec les Premières Nations et non par sa propre cote de popularité.

Espaces autochtones a décidé de publier cette lettre ouverte de l'Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador devant les questions primordiales qu'elle soulève, comme entre autres l'importance d'établir des mécanismes pour qu'un dialogue permanent puisse s'établir entre l'État et les Premières Nations. L'Assemblée qui est un regroupement des chefs des communautés enjoint le gouvernement à une réconciliation systémique. Bonne lecture.

Difficile de s’expliquer le manque de stratégie du gouvernement Legault, alors qu’il a en main, depuis maintenant deux ans, le rapport de la commission Viens, qui visait directement à prévenir des situations telles que celle vécue à l’hôpital de Joliette. Une stratégie à l’échelle du système. Une stratégie axée sur la réconciliation systémique.

Dans le but de contribuer au second souffle du gouvernement Legault, l’APNQL lui fait une suggestion et lui propose quelques rappels. L’APNQL lui propose une définition de la réconciliation systémique, ce qui permettra de sauver un temps précieux.

La réconciliation systémique avec les Premières Nations se produit quand l’ensemble du système, soit le gouvernement du Québec et toutes les institutions sous sa responsabilité, sous la conduite de leur premier ministre, travaillent activement à rétablir l’harmonie et le respect avec les Premières Nations.

Soyons ici très clairs : c’est là le seul moyen de mettre fin au fléau social que sont la discrimination et le racisme systémique.

L’APNQL rappelle également au gouvernement Legault quelques-unes des propositions faites par les chefs depuis le début de son mandat.

Une des propositions est la mise sur pied de la Table politique APNQL-Québec. Les chefs de l’APNQL en ont fait la proposition et le premier ministre Legault l’a acceptée.

Après deux rencontres de la Table politique, l’une portant sur la santé et les services sociaux, l’autre sur la sécurité publique, il est clair que, tout comme le gouvernement de la CAQ, la Table politique APNQL-Québec a grandement besoin d’un second souffle.

La Table politique APNQL-Québec doit être inspirée par le respect des juridictions des Premières Nations plutôt que sur le statu quo et l’imposition de ses juridictions par le gouvernement provincial. Il s’agit d’un des fondements essentiels de la réconciliation systémique.

Une autre proposition récente de l’APNQL, faite non seulement au gouvernement, mais à l’ensemble des parlementaires québécois est la tenue, dans les meilleurs délais, d’une Commission parlementaire spéciale portant sur la relation avec les Premiers Peuples. Une telle rencontre a été tenue une seule fois, en 1983, sous le gouvernement de René Lévesque.

René-Lévesque et Max Gros-Louis.

Max Gros-Louis (droite) en compagnie de René-Lévesque, en 1983.

Photo : La Presse canadienne / Ron Poling

La relation avec René Lévesque n’est pas due au hasard. Parmi les sujets abordés au cours de la Commission parlementaire telle que proposée par l’APNQL, plusieurs sont en lien avec l’agenda nationaliste du gouvernement Legault. Les chefs de l’APNQL sont les premiers à comprendre l’importance de préserver la fierté d’un peuple, sa langue, sa culture, son territoire.

Les chefs de l’APNQL sont par contre convaincus qu’une nation qui se respecte et qui recherche la reconnaissance n’a pas à imposer sa suprématie sur les autres nations qui partagent un même territoire.

La mentalité coloniale et l’étroitesse d’esprit, sous prétexte de nationalisme ou autrement, n’ont pas leur place dans une société engagée vers la réconciliation systémique.

Une troisième proposition récente de l’APNQL est la tenue, en novembre prochain, d’un Rendez-vous économique impliquant de nombreux acteurs économiques de la société civile en plus des gouvernements fédéral et provincial. Le gouvernement Legault accepte de s’y impliquer et collabore activement à sa réalisation.

L’APNQL souhaite que cet important Rendez-vous portant sur la participation des Premières Nations à la relance économique soit déjà bien marqué par ce second souffle.

Lettre ouverte

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