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Tout abandonner plutôt qu’être vaccinées

une aiguille remplie de liquide, tenue par une main gantée sur fond noir.

Dès le 19 novembre, les travailleurs de la santé non vaccinés perdront leur emploi.

Photo : iStock

RCI

Deux employées et une étudiante du domaine de la santé au Nouveau-Brunswick ont choisi de quitter la profession plutôt que de se faire vacciner contre la COVID-19.

En entrevue à Radio-Canada, Janie Banville, Anne Parisé et Sonia Austin ont toutes trois affirmé qu'elles aimaient le milieu dans lequel elles évoluaient. Cependant, pour diverses raisons, elles ne veulent pas se faire vacciner.

Découverte, 29 décembre 1999

Le Nouveau-Brunswick a fixé une date butoir, soit le 19 novembre, avant laquelle tous les employés de plusieurs secteurs doivent être pleinement vaccinés, notamment ceux et celles du domaine de la santé.

L'obligation de se faire vacciner n'a pas encouragé ces personnes à obtenir leurs deux doses, bien au contraire.

Une future infirmière quitte les études

Ç'a été un gros deuil , indique Janie Banville. J'ai beaucoup pleuré et je pleure encore.

Une jeune femme portant des lunettes.

Janie Banville étudiait en sciences infirmières jusqu'à tout récemment.

Photo : Radio-Canada

Après trois années d'études à l'Université de Moncton pour devenir infirmière, Janie Banville a appris à la fin du mois de septembre qu'elle devrait se faire vacciner pour pouvoir effectuer ses stages et terminer ses études.

J'ai trouvé ça dur. Je pensais que j'allais être épaulée, et que peu importe, ils allaient être là pour moi, comme moi j'étais prête à être là pour mes patients ou mes clients, peu importe, a-t-elle déclaré.

Elle n'est pas contre les vaccins dit-elle, mais elle n'accepte pas que le gouvernement lui retire ce choix. De plus, la jeune femme ne sent pas qu'elle fait partie des populations à risque.

Préposée de soins jusqu'au 19 novembre

Anne Parisé admet qu'elle se sent également coincée. Cette préposée de soins à domicile continuera de travailler jusqu'au 19 novembre, mais raconte qu'elle quittera son emploi après la date butoir.

Nous sommes des êtres humains. Nous exerçons nos emplois, nous avons des familles à faire vivre, souligne Anne Parisé. C'est un choix personnel que nous [faisons], avance-t-elle.

Une jeune femme assise à l'intérieur.

Anne Parisé travaille comme préposée aux soins à domicile au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Elle ne se définit pas comme conspirationniste ou antivaccin. Elle est à l'aise avec la vaccination pédiatrique actuelle par exemple, mais estime que le vaccin contre la COVID-19 est trop récent. Elle est méfiante de ses effets secondaires. Ça me fait peur de prendre ce vaccin, admet-elle.

C'est en train de créer pas mal de division et de méchanceté à travers le monde, estime Anne Parisé qui se dit méfiante d'une mesure aussi coercitive.

La province privée d'employés dont elle a besoin

Sonia Austin est infirmière. Elle tient à dire qu'elle ne refuse pas d'être vaccinée, mais qu'elle refuse d'être forcée de le faire, en ajoutant qu'elle ne se sent pas prête, qu'elle a des craintes puisqu'elle a fait une réaction allergique grave à un médicament.

Aussi, avec toutes les années d'études que nous avons faites, rendues où est-ce qu'on en est... et j'adore mon travail, lance Sonia Austin, je ne voudrais jamais me priver de prendre soin des gens à cause de mon statut vaccinal, dit-elle.

Elle est d'avis que la province ne peut se priver d'employés qui ne sont pas vaccinés. Elle aimerait que le Nouveau-Brunswick permette de continuer le dépistage des non-vaccinés à leurs milieux de travail, pour que tous puissent exercer leur profession de manière sécuritaire.

Une femme avec des écouteurs dans les oreilles.

Sonia Austin est infirmière.

Photo : Radio-Canada

J'ai décidé de prendre soin des gens et de me donner à 200 % là-dedans. Je pense que l'important c'est de revenir là-dessus, et de réaliser qu'on est déjà en manque d'employés, ça va être encore pire, avance-t-elle.

Malgré les arguments pour la vaccination évoqués par leurs employeurs et la santé publique, les trois femmes n'ont pas l'intention de changer d'avis dans les prochaines semaines. Si la province ne fait pas marche arrière, Janie Banville, Sonia Austin et Annie Parisé ont pris la décision de quitter leur profession.

Je me sens plus en paix avec moi-même, du fait que j'ai suivi mes convictions puis mes valeurs, au lieu de me faire vacciner, ce qui aurait été contre mon gré, affirme Janie Banville.

D'après un reportage de Sarah Déry

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