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20 accusations pour une ferme où un travailleur migrant est décédé de la COVID-19

Un homme.

Juan Lopez Chaparro est décédé le 20 juin 2020, après avoir contracté la COVID-19 à la ferme du groupe Scotlynn, où il était employé. La ferme ontarienne fait maintenant face à 20 accusations.

Photo : Fournie par la famille Chaparro

RCI

Une ferme ontarienne où une éclosion de COVID-19 a rendu plus de 200 travailleurs malades l'an dernier et fait un mort fait maintenant face à 20 accusations à la suite d'une inspection par le ministère du Travail de l'Ontario.

Des accusations déposées à la Cour de justice de l'Ontario en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail indiquent que Scotlynn Sweetpac Growers Inc. et son propriétaire, Scott Biddle, n'ont pas pris toutes les précautions raisonnables pour protéger les travailleurs contre une infection à la COVID-19 dans la ferme maraîchère de Vittoria, située à environ 75 kilomètres au sud de Hamilton.

Des dizaines de travailleurs y ont été déclarés positifs lors d'une éclosion au printemps 2020.

Juan Lopez Chaparro, un homme de 55 ans originaire du Mexique, est mort en juin de la même année après avoir travaillé à la ferme (nouvelle fenêtre).

Selon l’organisation Migrant Workers Alliance for Change, c'est la première fois que des accusations sont portées contre un employeur ontarien à la suite du décès d'un travailleur lié à une éclosion de COVID-19.

Les accusations, qui n'ont pas encore été prouvées devant les tribunaux, indiquent que la ferme et son propriétaire n'ont pas protégé les travailleurs des manières suivantes :

  • Les travailleurs n'ont pas été informés de la nécessité de porter des masques.
  • Les travailleurs n'avaient pas accès à des installations pour laver leurs mains.
  • Il y avait un manque de nettoyage des surfaces.
  • Les travailleurs à risque de transmettre le virus et ceux qui avaient des symptômes n'ont pas reçu d'informations pour s'isoler.

CBC a tenté de joindre le groupe Scotlynn pour une demande d'entrevue lundi après 17 heures, mais l'employé qui a répondu au téléphone a recommandé de rappeler aujourd'hui.

Juan Lopez Chaparro, comme des milliers d'autres travailleurs qui viennent en Ontario chaque année, était au pays dans le cadre du Programme fédéral des travailleurs agricoles saisonniers, qui permet aux agriculteurs d'embaucher des travailleurs étrangers temporaires.

Un travailleur agricole mexicain au micro.

Luis Gabriel Flores a été congédié par une ferme au cœur d'une éclosion de COVID-19 en 2020.

Photo : Radio-Canada / Julia Kosak

Un autre employé de Scotlynn, Luis Gabriel Flores, avait aussi contracté la COVID-19. Il était dans la même chambre que M. Chaparro.

M. Flores, qui a été congédié pour avoir parlé à la presse, affirme que les conditions de vie chez son ancien employeur étaient horribles (nouvelle fenêtre) et qu'il a été maltraité par son ancien patron, l'exploitant agricole Scotlynn.

La Commission des relations de travail de l'Ontario a ordonné à l'entreprise de verser 20 000 $ en salaire perdu et 5000 $ en dommages et intérêts à M. Flores.

Les travailleurs migrants vivent généralement dans des dortoirs communs avec des cuisines et des salles de bains communes, des conditions dangereuses en cas de pandémie.

Leurs défenseurs affirment que les familles des travailleurs dépendent de l'argent qu'ils gagnent au Canada, et beaucoup ne dénoncent pas leurs conditions de vie de peur de perdre leur emploi.

Selon l'organisatrice Karen Cocq, du groupe Migrant Workers Alliance for Change, ces accusations auraient dû être portées beaucoup plus tôt qu'un an après la mort de M. Chaparro.

[Ce retard] signifie que les systèmes que nous avons actuellement en place, qui sont censés faire respecter les lois et protéger les travailleurs, ne fonctionnent clairement pas, dit-elle.

Selon la Loi sur la santé et la sécurité au travail, les sanctions possibles peuvent aller de la peine d'emprisonnement pendant un an, à des amendes pouvant aller jusqu'à 1,5 million de dollars.

Avec les informations d'Andrew Lupton, de CBC News

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