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[Reportage] Retour sur la 10e édition du Salon de l’immigration : bienvenue au Québec!

Jonathan Chodjaï.

Jonathan Chodjaï, le fondateur et le président du Salon de l'immigration et de l'intégration au Québec, accueille les visiteurs à l'entrée.

Photo : Radio-Canada / Yan Liang

Yan Liang

Le Salon de l’immigration et de l’intégration au Québec a eu lieu au Palais des congrès de Montréal la semaine dernière. C'était sa 10e édition, et la première en présentiel depuis le début de la pandémie.

Pendant deux jours, des professionnels représentant plus de 270 entreprises, institutions et écoles ont offert aux nouveaux immigrants des services en matière d’emploi, d'études, d’installation et de formation. Il s'agit par ailleurs du plus grand événement du genre au Canada, avec une grande variété de services consultatifs dédiés aux immigrants.

L’objectif de ce rendez-vous annuel est de fournir en un seul endroit toutes les informations et les services dont les nouveaux arrivants ont besoin pour s'installer et s'intégrer rapidement dans la société québécoise, a expliqué Jonathan Chodjaï, le fondateur et président du Salon, lors d'une entrevue accordée à Radio Canada International (RCI).

Bienvenue au Québec!

Selon M. Chodjaï, rencontré 15 minutes avant l’ouverture du Salon, c’est une excellente occasion pour les immigrants qui ont des questions sur leur avenir professionnel. En deux jours, ils peuvent parler avec les représentants de plus de 200 compagnies et institutions. Le Salon a le même message pour eux que le ministère de l’Immigration du Québec : "Ils sont très bienvenus!"

Le Québec et le Canada ont plus que jamais besoin d'immigrants, et le marché du travail a besoin de sang neuf, a souligné Jonathan Chodjaï. Parmi les 270 participants du Salon de cette année, plus d'une centaine sont venus faire du recrutement.

M. Chodjaï estime qu'il manque 200 000 à 300 000 travailleurs actuellement au Québec.

Les règles sanitaires étaient strictes au Salon de l’immigration, comme pour tous les autres événements majeurs qui ont lieu ces temps-ci. Les visiteurs devaient entre autres montrer leur passeport vaccinal à l’entrée. Ils devaient également porter le masque tout au long de leur visite, tout comme le personnel du Salon. La pandémie avait créé des incertitudes autour des préparatifs de l'événement, dont la tenue a été le fruit des efforts inlassables des organisateurs et du ministère de l’Immigration du Québec.

Jonathan Chodjaï a reconnu qu’il n’avait pas la certitude que le Salon pourrait avoir lieu à la date prévue il y a quelques mois. On voulait absolument que tout le monde soit en sécurité, c’est très important.

Il avait très hâte de voir arriver les visiteurs. Ça fait longtemps que nous ne nous sommes pas vus, a-t-il confié.

J’espère que les immigrants qui viennent au Salon trouveront toutes les informations qu’ils cherchent. Par exemple, la ville dans laquelle vous voulez vivre, le genre de services dont vous avez besoin et que le gouvernement peut offrir, les occasions d’emploi, les services communautaires, l’apprentissage des langues, les milieux professionnels, le processus de l’intégration, bref, tout ce que vous devez savoir. Et le plus intéressant, c’est que les participants du Salon offrent des services spécifiquement conçus pour les visiteurs.
Une citation de Jonathan Chodjaï, fondateur et président du Salon de l’immigration et de l’intégration au Québec
Olivier Larivière et Emilie Lonjaret debout devant des affiches promotionnelles de Via Rail au Salon de l'immigration.

Olivier Larivière (à droite) et Emilie Lonjaret au stand de Via Rail Canada. Ils affirment que leur compagnie recrute dans tous les domaines en raison de l'extension du réseau ferroviaire.

Photo : Radio-Canada / Yan Liang / RCI

Devant le kiosque de Via Rail Canada, le représentant Olivier Larivière affirme aux visiteurs que sa compagnie est le plus grand transporteur ferroviaire de passagers au Canada et que sa croissance, malgré les défis causés par la pandémie, sera encore plus rapide qu’auparavant. Nous avons besoin de nouveaux employés et nous recrutons dans beaucoup de domaines : relations publiques, marketing, conducteurs de train, opérateurs des réseaux, ingénieurs, personnel de maintenance électrique et mécanique, etc.

La langue française ouvre des portes

Le Service à la Famille Chinoise du Grand Montréal (SFCGM) est un habitué du Salon de l’immigration. Fondé en 1976, cet organisme à but non lucratif se spécialise dans les services dédiés aux immigrants d’origine chinoise.

En montrant les dépliants sur le comptoir, Steven, le représentant du SFCGM explique son organisme offre plusieurs volets de services, y compris un programme pour aider les immigrants professionnels à trouver un emploi, une section dédiée à l'apprentissage du français et à la formation, et une autre pour les services familiaux.

Depuis de nombreuses années, une des tâches les plus importantes de notre centre est d’aider les professionnels qui cherchent à travailler dans leur domaine respectif, en révisant leur CV et en leur trouvant du travail bénévole, ce qui est une façon efficace d’acquérir de l’expérience professionnelle québécoise. En partenariat avec le ministère de l'Immigration du Québec, notre section de l’emploi a accès à au système administratif de celui-ci, qui nous donne beaucoup de renseignements à jour sur les emplois disponibles au Québec. Avec la recommandation du SFCGM, un candidat a une certaine priorité en termes de vérification de CV et d’entretien d’embauche.
Une citation de Steven, représentant du SFCGM

Beaucoup d’immigrants chinois prennent des cours de français offerts par le SFCGM depuis le début de la pandémie. Selon M. Cui, un autre représentant du centre, il faut absolument maîtriser la langue française car elle vous ouvre des portes.

Steven et Cui devant des affiches du Centre Sino-Québec au Salon de l'immigration.

Steven, à droite, et M. Cui au Salon de l’immigration.

Photo : Radio-Canada / Yan Liang / RCI

M. Cui a travaillé dans d’autres pays francophones pendant une dizaine d’années avant de s’installer au Québec. Il connaît donc très bien les difficultés auxquelles les immigrants font face. Pourtant, il faut absolument surmonter l’obstacle de la langue, vous n’avez pas le choix.

La section de la famille du SFCGM se concentre sur des problèmes tels que la violence familiale, les conflits entre les membres de famille et le divorce. Steven et Cui espèrent faire connaître davantage ces services - qui sont gratuits pour les nouveaux arrivants, d'ailleurs - auprès des immigrants chinois.

Deux visiteuses du Salon de l’immigration

Shan Bei est une animatrice de self-media bien connue des Chinois de Montréal. RCI l'a croisée pendant qu'elle faisait une diffusion en direct sur TikTok avec son cellulaire.

Si elle est une habituée du Salon, elle avait toutefois un nouveau rôle cette année : celui de représentante d’une agence de recrutement. En plus de faire des diffusions en direct sur les médias sociaux, elle cherchait également des candidats pour des postes de conseillers financiers avec ses collègues.

La pandémie l’a fait réfléchir, a-t-elle expliqué. Elle a décidé d'aller travailler en finance et a passé les examens nécessaires l’an dernier. Shan Bei est maintenant conseillère financière accréditée. Elle a l’intention d’inclure plus de contenu financier dans ses autopublications, combinant ainsi deux domaines qui semblent plutôt éloignés. Ça fait partie de ma croissance personnelle, dit-elle.

À l’autre bout du Salon, Mme Chen se promenait seule entre les stands. C’est son professeur de français qui lui a suggéré de venir, a-t-elle expliqué d’une voix douce. Elle est arrivée au Canada tout juste avant le début de la pandémie. Malgré les inconvénients et les restrictions, sa nouvelle vie lui plaît toujours. Elle aime le Canada, et en particulier Montréal, où elle a acheté une maison et a commencé à apprendre le français.

Elle envisage de reprendre son ancienne carrière en finance. Elle est venue au Salon dans l’espoir de trouver un emploi dans ce domaine.

Note : ce reportage est également disponible en chinois traditionnel et en chinois simplifié; et a été traduit en français par Wei Wu

Yan Liang

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