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COVID-19 : L’Alberta dit ne pas avoir « immédiatement » besoin de l’armée

Un hélicoptère de l'armée canadienne en plein vol devant des montagnes.

Les Forces armées canadiennes pourraient notamment aider à transporter des patients aux soins intensifs vers d'autres provinces.

Photo : Mark Brett

Audrey Neveu
Audrey Neveu

Le gouvernement albertain affirme qu’il n’a pas besoin de l’aide « immédiate » des Forces armées canadiennes (FAC) pour lutter contre la quatrième vague de COVID-19, bien qu’Ottawa ait accepté d’envoyer des renforts (nouvelle fenêtre). Le Syndicat des infirmières unies de l’Alberta réplique que son personnel est au bout du rouleau et a besoin de toute l’aide disponible.

L’armée se prépare à déployer huit infirmières aux soins intensifs et du personnel pour les évacuations aériennes des patients vers d’autres provinces. Elle a assuré vendredi que l’aide pourrait être déployée en 72 heures, mais lundi matin, une porte-parole indiquait que les Forces armées canadiennes étaient toujours en phase de planification et de discussion avec l’Alberta.

Le gouvernement de l’Alberta affirme qu’il ne s’agit que d’un plan de contingence.

Nous n’avons pas besoin que les Forces armées canadiennes nous appuient immédiatement. Nous n’avons pas fait de demande formelle d’aide. Si la situation change, nous tenterons de donner le plus long préavis possible, car le déploiement de ce personnel requiert du temps et de la coordination, écrit le porte-parole du ministère des Affaires municipales, Greg Smith.

Les infirmières réclament des renforts

Les infirmières de l’Alberta affirment toutefois qu’elles ont besoin de cette aide additionnelle parce qu’elles sont à bout de souffle. Nous avons besoin de toute l’aide disponible, affirme la vice-présidente du Syndicat des infirmières unies de l’Alberta, Danielle Larivee.

Lundi, les soins intensifs de l’Alberta étaient à 84 % de leur capacité, en incluant les lits d’appoint. Sans ces lits, les soins intensifs opéraient à 180 % de leur capacité, selon Services de santé Alberta (AHS).

Selon Danielle Larivee, après 19 mois de pandémie, les infirmières sont traumatisées par leur expérience et leur incapacité de fournir les soins nécessaires aux patients en raison du manque de personnel et de ressources.

Elles n’ont jamais imaginé en venir au point où elles pourraient devoir choisir qui vit et qui meurt, affirme-t-elle. C’est ce à quoi vous pourriez vous attendre si vous faites de la médecine de guerre, pas de la médecine dans un hôpital d’une province riche et très développée au milieu du Canada. C’est complètement fou, laisse-t-elle tomber.

Danielle Larivee pense que l’aide de l’armée est la bienvenue, mais que ce n’est pas un miracle.

Nous avons besoin de mesures de santé publique très proactives et solides.
Danielle Larivee, vice-présidente du Syndicat des infirmières unies de l'Alberta

L’Association médicale de l’Alberta et l’Association canadienne de pédiatrie réclament elles aussi l’adoption immédiate de mesures de santé plus strictes. Le premier ministre Jason Kenney a répété cette fin de semaine qu’il n'imposera pas de confinement strict dans la province.

La chef néo-démocrate albertaine, Rachel Notley, insiste aussi sur l'urgence d'agir. [Les Forces armées canadiennes] doivent être déployées urgemment, affirme-t-elle.

Avec les informations de Charlotte Dumoulin

Audrey Neveu
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