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[Reportage] Le salon de l’immigration et de l’intégration au Québec retourne au présentiel

Un homme et une femme devant un portique.

Le salon de l'immigration et de l'intégration du Québec s'est tenu les 21 et 22 septembre 2021 au Palais des congrès de Montréal.

Photo : RCI / Samir Bendjafer

Samir Bendjafer

La 10e édition du Salon de l’immigration et de l’intégration au Québec s’est tenue mardi et mercredi derniers au Palais des congrès de Montréal.

Contrairement à l’édition de 2020 qui était virtuelle à cause de la pandémie de la COVID-19, la présente édition s’est tenue en présentiel.

Le salon a très bien fonctionné en virtuel, mais nous avions envie de refaire quelque chose en personne. C’était aussi le vœu de nos exposants. Rien ne peut remplacer le contact "physique" avec un visiteur ou avec un autre exposant pour faire du réseautage, explique Christophe Berthet, directeur général d’Immigrant Québec, l’organisateur du salon.

Sur la longévité du salon, il affirme qu’il dure depuis dix ans, car il offre une vraie réponse à une vraie attente des immigrants.

Il se rappelle qu’il y a 13 ans, quand il est arrivé de France pour s’installer au Québec, il avait cherché ce genre de salon. Quand on arrive ici, on a besoin de services. Ils existent, mais encore faut-il les trouver.

Un homme debout et en arrière-plan, des personnes à côté de stands.

Christophe Berthet, directeur général d'Immigrant Québec qui organise le Salon de l'immigration et de l'intégration du Québec.

Photo : RCI / Samir Bendjafer

L’idée du Salon est de regrouper, sous un seul toit, tous les services dont a besoin un nouvel arrivant. On gagne des mois et des années à venir au Salon de l’immigration, ajoute Christophe Berthet.

En règle générale, affirme ce dernier, 50 % des visiteurs sont des personnes qui sont arrivées au Canada au cours des 12 derniers mois.

L’autre moitié des visiteurs est ceux qui sont arrivés dans la période comprise entre un et cinq ans, selon le directeur d’Immigrant Québec. Ces personnes viennent combler les informations qu’elles n’ont pas pu avoir depuis qu’ils sont arrivés au Québec. Elles savent qu’elles vont trouver toute l’information ici.

Le salon a accueilli 270 exposants, dont une quarantaine qui sont spécialisés dans la formation, et un peu plus de 80 employeurs. Des entrevues d’embauche étaient organisées sur place.

Des personnes debout à côté de stands.

Le Salon de l'immigration et de l'intégration du Québec renoue avec le présentiel après une édition virtuelle en 2020 à cause de la pandémie de la COVID-19.

Photo : RCI / Samir Bendjafer

Contrairement aux années précédentes où les emplois disponibles étaient en informatique et dans le secteur de la santé, la demande actuelle touche tous les secteurs d’activité. Vous allez les constater de vous-même si vous circulez dans les allées sur salon.
Christophe Berthet, directeur général d’Immigrant Québec

L’immigration en région

Les 17 régions administratives du Québec étaient représentées dans ce salon. Que ce soit directement, par les sociétés de développement économique ou par des programmes qui incitent les immigrants à s’installer en région.

En cette période de pénurie de main-d’œuvre, particulièrement dans les régions du Québec, des milliers d’emplois sont à pourvoir par les recruteurs présents sur place. Toutes les régions veulent promouvoir les opportunités de vie et d’emploi [qu’elles offrent], peut-on lire dans le communiqué de l’organisateur du salon.

Doudou Sow est conseiller en régionalisation pour la région de Lanaudière. Celle-ci est située à une trentaine de kilomètres au nord-est de Montréal.

Un homme assis et derrière lui une pancarte.

Doudou Sow, conseiller stratégique à la régionalisation de la main-d’œuvre immigrante auprès de l'organisme Lanaudière Économique.

Photo : RCI / Samir Bendjafer

Il travaille avec l’organisme à but non lucratif Lanaudière Économique qui œuvre pour le développement économique de la région. Il est aussi auteur d’ouvrages sur l’immigration.

La métropolisation de l’immigration est une réalité qui n’est pas propre au Québec. Partout où les gens immigrent, ils vont vers les métropoles. C’est dû à la mauvaise image que les immigrants ont des régions : pas d’emplois et les gens ne sont pas accueillants. Ce qui n’est pas vrai, explique Doudou Sow.

Parmi les personnes immigrantes admises de 2009 à 2018 qui étaient présentes au Québec en janvier 2020, 25,8% résidaient à l’extérieur de la région métropolitaine de Montréal.
Extrait du livre de Doudou Sow, État des lieux sur la régionalisation de l’immigration

Pour casser cette image, l’organisme Lanaudière Économique a produit une série de vidéos qui vantent la région.

Le principe est de laisser des immigrants qui se sont installés dans la région parler de leur expérience. Ces ambassadeurs immigrants racontent comment ils ont trouvé un travail et se sont intégrés.

Doudou Sow rappelle qu’au mois d’août 2021, la région de Lanaudière affichait un taux de chômage de 4,5 %. Et nous avons aussi un bon taux de rétention des immigrants parce que nous sommes situés dans un endroit stratégique par rapport à Montréal.

Rien que dans la ville de Terrebonne, par exemple, la proportion d’immigrants dans la population a enregistré une hausse passant de 9 % à 14 % en quelques années, selon cet expert en immigration.

Rabah Achouche et Moufida Zerdoumi forment un couple et sont tous deux résidents permanents.

Elle est arrivée au Québec il y a trois ans comme étudiante. Lui est arrivé il y a à peine un mois.

Un homme et une femme debout devant un stand.

Le couple d'immigrants Rabah Achouche et Moufida Zerdoumi pense à s'installer en région.

Photo : RCI / Samir Bendjafer

Les besoins du couple sont différents. La femme dit qu’elle cherche à améliorer son anglais pour avancer dans son travail qu’elle doit reprendre prochainement après une année sabbatique.

L’homme est venu au salon pour chercher de l’aide à la recherche d’emploi.

Et ils sont intéressés à s'installer en région. Vivre en région, hors de Montréal, fait partie de nos objectifs, affirme Rabah Achouche.

Nous visions la région de Québec. En faisant un tour dans le salon, plusieurs régions offraient des choses intéressantes comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean, ajoute Moufida Zerdoumi.

Le couple qui vient d’Algérie affirme que le Québec est synonyme de grands espaces et de forêts, chose qu’ils ne trouvent pas à Montréal.

Dans sa recherche d’emploi, Rabah Achouche a pris rendez-vous avec un organisme qu’il a trouvé sur place au salon.

Un homme est une femme assis à une table sur laquelle est posé un ordinateur portable.

Monika Moïse et Malik Latef, conseillers en emploi à l'organisme PROMIS d'aide aux immigrants et aux réfugiés.

Photo : RCI / Samir Bendjafer

Il s’agit de PROMIS, un organisme d'aide aux immigrants et aux réfugiés. Nous avons plusieurs services d’accompagnement aux personnes immigrantes comme l’accompagnement dans l’intégration professionnelle, explique Malik Latef, conseiller en emploi de l’organisme.

Il aide les personnes en recherche d’emploi à écrire leur CV et des lettres de présentation, à simuler les entrevues d’embauche, et leur explique aussi le marché de l’emploi.

Pour les personnes venant d’autres cultures, souvent, il est mal vu de parler de soi-même, alors qu’ici il faut savoir se vendre, affirme Malik Latef.

En quittant le salon, Christophe Berthet, le directeur général d’Immigrant Québec, rappelle que ce n’est pas la fin et que le salon reprendra virtuellement à partir du 1er octobre prochain.

Cette prolongation virtuelle est offerte gratuitement aux exposants. Nous en avons fait l'annonce ce matin [mardi, NDLR], affirme-t-il.

Et le 19 octobre prochain, il organisera un sommet de l’immigration exclusif aux professionnels, à Québec.

Note : ce reportage est également disponible en arabe

Samir Bendjafer

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