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Le plan de Québec pour les infirmières suscite des réactions mitigées

Les bureaux de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec qui veut changer les règles pour obtenir le statut d'infirmière praticienne spécialisée.

L'OIIQ salue les intentions de Québec, mais souligne que l'aspect financier ne suffira pas (archives).

Photo : Radio-Canada

Frédérik-Xavier Duhamel

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ) accueillent favorablement le plan dévoilé par le gouvernement Legault, jeudi, afin de combler la pénurie de main-d'œuvre dans le réseau public de la santé du Québec.

L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) souligne cependant qu'il pourrait être insuffisant, alors que la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FISQ) et la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) se disent déçues.

Le ministre [de la Santé, Christian Dubé,] et son gouvernement ont entendu notre message, et c’est encourageant.
Éric Gingras, président de la CSQ, dans un communiqué

L’effort financier aura très certainement un impact positif, selon la présidente de la Fédération de la Santé du Québec, Claire Montour, qui a aussi réagi par communiqué.

Le plan prévoit notamment des primes allant de 12 000 $ à 18 000 $ (nouvelle fenêtre) pour les infirmières à temps plein et devrait coûter près de 1 milliard de dollars.

Mme Montour salue également la création d’un comité de travail portant sur les enjeux tels que l’attraction-rétention, la conciliation travail-famille et la stabilité des postes. Cela nous rassure, car ce sont des enjeux primordiaux à corriger si l’on veut vraiment régler les problèmes de pénurie du personnel à long terme, soutient-elle.

L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec quant à lui salue les intentions du gouvernement d’améliorer la situation par les mesures proposées, peut-on lire dans une déclaration transmise à Radio-Canada par courriel.

La décentralisation et notamment les mesures visant l’autogestion des horaires et des quarts de travail différents visant à réduire [les heures supplémentaires obligatoires] constituent un pas dans la bonne direction.

Bémols et déception

L'Ordre souligne toutefois qu’il faut mettre en œuvre des mesures qui pourront changer en profondeur les conditions d’exercice des infirmières.

L’aspect monétaire est l’une des façons, mais ce ne sera pas suffisant.
Déclaration de l'OIIQ

Il suggère par exemple de donner plus de pouvoir aux gestionnaires infirmiers et aux structures internes comme le Conseil des infirmières et infirmiers, ainsi que d’offrir des ressources pour offrir du soutien clinique aux infirmières. L'OIIQ dit aussi attendre impatiemment le rapport du groupe de travail sur les effectifs infirmiers créé par le ministre Dubé.

En entrevue à ICI RDI jeudi, la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Nancy Bédard, s’est dite déçue du manque d’engagements fermes de la part du gouvernement de mettre fin aux heures supplémentaires obligatoires.

La cible, honnêtement, elle est manquée, a-t-elle jugé en ajoutant qu'à l'heure actuelle, c’est l’un des aspects les plus importants qui fait que les gens quittent.

Même son de cloche du côté de la Fédération de la santé et des services sociaux, qui déplore que le plan gouvernemental reste muet sur la fin du temps supplémentaire obligatoire, indique le syndicat par communiqué. De plus, le plan gouvernemental contient des mesures temporaires qui ne permettront pas de mettre fin à la crise du réseau.

C’est pourtant là l’essentiel, au-delà des incitatifs financiers, a affirmé Frédéric Lapierre Justin, représentant des professionnels en soins à la Fédération de la santé et des services sociaux, dans le communiqué. Ce dont on a besoin, c’est d’améliorer nos conditions de travail.

Outre la fin du temps supplémentaire obligatoire, les demandes de la Fédération de la santé et des services sociaux incluent de contrer la surcharge de travail, d’accentuer les mesures de conciliation travail-famille-études, et de fermer la porte aux agences privées en intégrant leur personnel dans le réseau public.

Frédérik-Xavier Duhamel

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