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Une élève autochtone refuse de se lever durant l’hymne national

Skyla Hart devant un mur.

Skyla Hart encourage les Autochtones et les non-Autochtones à passer à l’action lorsque leurs écoles diffusent l'hymne national.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

RCI

Une élève d'une école de Winnipeg âgée de 15 ans a été réprimandée et exclue de sa classe parce qu'elle ne s'est pas levée durant l'hymne national.

Chaque matin, lorsque l'hymne national retentit au River East Collegiate, Skyla Hart reste assise.

[Le Canada] est un pays colonisé, et je ne veux pas me lever pour un pays colonisé.
Skyla Hart, élève en 10e année à Winnipeg

Durant sa 5e année, Skyla Hart a pris la décision de ne plus se lever durant l'hymne national afin d’honorer sa culture et la mémoire de ses ancêtres cris et ojibwés. Elle agit ainsi afin de reconnaître l'injustice à laquelle les peuples autochtones font toujours face dans ce pays, explique-t-elle.

Bien qu'elle ait pris cette décision il y a plusieurs années, c’est seulement cette année que son choix est devenu problématique, selon elle.

Des enseignants lui ont demandé plusieurs fois d’aller dans le corridor durant l'hymne national après son refus de se lever. Ils lui ont aussi demandé de rester debout dans le couloir, mais elle s’est assise afin de respecter [son] choix de s’asseoir durant l'Ô Canada.

Mettre fin à l'hymne dans les écoles

La mère de Skyla Hart, Raven Hart, est bouleversée par la situation, mais n'est pas surprise pour autant. Sa famille et elle sont des victimes des pensionnats pour Autochtones, raconte-t-elle.

Pour moi, [la diffusion de l'"Ô Canada" dans les écoles] est une suite des pensionnats.
Raven Hart, mère de Skyla et victime des pensionnats pour Autochtones

Mme Hart déclare qu'aucun enfant ne devrait avoir à se lever durant l'hymne national. Elle souhaite que l'hymne ne soit plus diffusé dans les écoles et est fière du geste de sa fille.

L’école appuie complètement la démarche

Un porte-parole de la division scolaire de l’école fréquentée par Skyla Hart, River East Transcona, affirme dans un courriel à CBC que l’établissement appuie complètement l’élève.

La division scolaire travaillera avec l’école secondaire afin de sensibiliser le personnel enseignant aux questions autochtones.
Un porte-parole de la division scolaire River East Transcona

Raven Hart dit qu'elle a rencontré le directeur de l’école, qui a apporté son soutien à sa fille. Il l'a aussi invitée à contribuer à sensibiliser la communauté aux questions autochtones.

Elle précise cependant qu’elle sera satisfaite lorsque des mesures concrètes seront prises, notamment celle d'offrir plus de cours de langues autochtones et de programmes d’enseignement. À l'heure actuelle, la division scolaire offre des cours d'anglais, de français, d'allemand, d'ukrainien, de japonais et d'espagnol.

De son côté, Skyla Hart encourage les Autochtones et les non-Autochtones à passer à l’action lorsque leurs écoles diffusent l'hymne national.

Sa mère, quant à elle, souhaite que les gens profitent de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation pour en apprendre davantage sur les Autochtones et le passé, afin de comprendre la situation actuelle.

Avec les informations de Jill Coubrough

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