1. Accueil
  2. Politique
  3. Politique fédérale

Attente aux bureaux de vote : Élections Canada défend son travail

Une file d'électeurs sous un viaduc.

La fermeture de certains bureaux de vote, dont celui-ci dans la circonscription de Spadina-Fort York, a été repoussée en raison des longues files d'attente.

Photo : Radio-Canada / Darek Zdzienicki

RCI

Lundi, des électeurs ont dû attendre des heures pour voter, en raison de l’achalandage élevé à certains bureaux de vote au pays. Élections Canada comprend leur mécontentement, mais dit avoir tout mis en oeuvre pour faciliter le processus en contexte pandémique.

À Toronto (nouvelle fenêtre), à Montréal (nouvelle fenêtre) et à Vancouver (nouvelle fenêtre), notamment, des électeurs ont attendu en file plus de deux heures pour pouvoir voter. Des files d’attente s'étiraient sur tout un pâté de maisons.

Les gens font la file tout autour de l'édifice du Centre du Plateau.

En milieu d'après-midi, lundi, on comptait plus d’une heure d’attente au bureau de vote du Centre le Plateau, dans Laurier–Sainte-Marie. Plus de 200 personnes attendaient pour voter.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Dans la circonscription de Laurier–Saint-Marie, à Montréal, des électeurs, découragés, sont retournés chez eux avant d’avoir pu exercer leur droit de vote.

Pierre Pinard, lui, est arrivé pour voter à 21 h 15 et est ressorti du bureau de vote à 23 h, après avoir déposé son bulletin dans l’urne. Mais sa conjointe n'a pas voté.

Il juge qu’Élections Canada aurait pu encourager davantage le vote par anticipation.

Un homme en entrevue à l'extérieur d'un bureau de vote le soir de l'élection.

Pierre Pinard se désole que sa conjointe n'ait pas voté, découragée en raison de l'attente inhabituellement longue à son bureau de vote le soir de l'élection.

Photo : Radio-Canada / Steve Rompré

Je suis venu, ma conjointe s'est découragée, elle n'est pas venue. On est septuagénaires, c'est la première fois qu'elle ne votera pas. Donc, c'est sérieux. Il y a un manque quelque part, dit-il.

Ayman Meskaouni, de son côté, avait bien l’intention d’aller voter au bureau de vote de l’Association récréative Milton-Parc dans Laurier–Sainte-Marie en se réveillant le matin de l’élection. À plusieurs reprises dans la journée, il est passé devant son bureau de vote. Mais, remarquant de longues files d’attente, il s’est dit qu’il reviendrait plus tard. Il a toutefois eu la mauvaise surprise de revenir en soirée et de réaliser que la file ne s’était pas raccourcie comme il l’espérait, au contraire. J’ai vu la file et je me suis découragé. Plus d’une heure d’attente, je ne pouvais pas rester si longtemps. J’ai laissé faire.

Il se sent déçu et coupable de ne pas avoir voté. Je me dis que j’aurais dû voter par anticipation, dit-il. Mais la campagne, elle dure 36 jours, pas 26 jours. Je préfère voter le jour du vote. C’est un rituel important pour moi.

M. Meskaouni est insatisfait de la gestion par Élections Canada du vote dans sa circonscription qu’il qualifie de désorganisée. Ce n’est pas normal que ça ait été comme ça. C’est la première fois que je voyais des files aussi longues. Élections Canada aurait pu faire les choses autrement, par exemple proposer le vote sur les campus ou davantage d’endroits où aller voter par anticipation.

Je comprends qu’il y avait des défis. Mais tout n’a pas été fait pour éviter ça, selon moi, conclut le jeune homme de 25 ans qui peine toujours à accepter qu’il n’a pas voté pour la première fois.

Le reportage de Jacaudrey Charbonneau

Élections Canada se défend

En entrevue à ICI RDI, le porte-parole d’Élections Canada Serge Fleyfel a rappelé que le contexte particulier de ces élections représentait un défi de taille pour son organisation, à cause du manque de main-d’œuvre et du nombre limité de locaux adéquats disponibles.

Je suis sûr que le directeur de scrutin [de Laurier–Saint-Marie] a été désolé de la situation, mais il n’a pas pu trouver mieux, a dit M. Fleyfel.

Trouver un lieu de scrutin quand la plupart des écoles n'acceptent pas que le vote se tienne là à cause de la pandémie et quand beaucoup de propriétaires refusent de louer des locaux à cause de la pandémie, je vous jure que le défi était très grand. Je lève mon chapeau à ce directeur de scrutin et je compatis avec les électeurs, a-t-il poursuivi.

Il faudra faire mieux la prochaine fois.
Serge Fleyfel, porte-parole d’Élections Canada

Ian Parenteau, superviseur du bureau de vote du Centre du Plateau, dans Laurier–Saint-Marie, avance lui aussi quelques explications.

La procédure est un peu plus longue. En raison de la COVID, on a dû mettre en place d'abord un registre des électeurs. On prend leur nom, leur numéro de téléphone, ce qu'on ne fait pas dans une élection normale. Et ensuite, à chaque table au bureau de vote, au lieu d'avoir deux personnes, il y a une personne. C’est un seul scrutateur qui doit agir en quelque sorte dans deux fonctions. Donc, évidemment, ça ralentit le processus électoral.

Les problèmes survenus cette année feront l’objet de l’analyse du Directeur général des élections.

D’une élection à l'autre, le Directeur général des élections fait le tour des situations, analyse les situations à problème, remet son rapport aux parlementaires, fait des recommandations, propose des changements à la loi et les procédures s’améliorent, explique M. Fleyfel.

La situation à Élections Canada, si vous comparez à ailleurs dans le monde, ça se passe très bien, assure le porte-parole.

Si la tendance se maintient

Les employés des bureaux de scrutin ont laissé voter tous ceux et celles qui faisaient encore la queue à 21 h 30 (heure officielle de fermeture des bureaux de vote dans la plupart des régions du Québec et de l'Ontario), pour maximiser la participation.

Certains électeurs étaient encore en attente pour voter alors que les médias annonçaient que les libéraux de Justin Trudeau avaient remporté le plus de sièges et que ce serait un gouvernement minoritaire.

M. Fleyfel ne croit pas qu’il s’agisse d’une entorse au processus démocratique et renvoie la question aux médias.

La procédure pour nous, nous comptons les votes par candidat et on les affiche en ligne. C’est tout ce que nous faisons, souligne-t-il.

Nous contrôlons ce qui se passe à Élections Canada. Nous ne contrôlons pas ce qui est dit dans les médias. Mais ça a toujours été comme ça, poursuit-il. [L'ancien journaliste] Bernard Derome disait "si la tendance se maintient" avant d’avoir tous les résultats. Ça a toujours été comme ça.

M. Fleyfel rappelle que les votes postaux (nouvelle fenêtre) dans les différentes circonscriptions seront comptés à partir d’aujourd’hui. Les résultats seront communiqués au fur et à mesure du dépouillement.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau et Fannie Bussières McNicoll

À la une