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Erin O’Toole met Trudeau en garde contre de nouvelles élections hâtives

Erin O'Toole sourit à ses partisans, devant un immense drapeau du Canada.

Le chef conservateur Erin O'Toole s'est engagé à réduire le fossé séparant les Canadiens à la suite des élections déclenchées par les libéraux.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Valérie Boisclair

Fort du vote populaire que son parti a remporté, Erin O'Toole a fait vœu de rassembler les Canadiens de tous les horizons sous la bannière du Parti conservateur du Canada si le libéral Justin Trudeau venait à déclencher de nouvelles élections avant la fin de son mandat.

Ce soir, les Canadiens n'ont pas offert à M. Trudeau le mandat majoritaire qu'il demandait. En fait, ils l'ont renvoyé [à Ottawa] avec une autre minorité, [un exercice] qui a coûté 600 millions de dollars et qui laisse le pays avec de plus profondes divisions.

C'est ainsi que le chef conservateur s'est adressé aux militants rassemblés à Oshawa, en Ontario, après que les libéraux eurent été reportés au pouvoir aux Communes (nouvelle fenêtre).

À l'issue d'une campagne de 36 jours, déclenchée en pleine quatrième vague de COVID-19, le Parti libéral s'est vu confier un nouveau mandat minoritaire, dans un Parlement qui ressemble à s'y méprendre à celui dissous le 15 août dernier.

Mardi matin, le Parti conservateur était en voie d'obtenir 119 sièges, soit un peu moins que les 121 députés élus par les conservateurs d'Andrew Scheer en 2019 (nouvelle fenêtre).

Les libéraux étaient crédités de 158 sièges, le Bloc québécois en obtenait 34, le Nouveau Parti démocratique, 25, et le Parti vert, 2.

Tout comme en 2019, les conservateurs ont remporté la bataille du vote populaire avec plus de 34 % des voix, soit près de deux points de pourcentage de plus que les libéraux. Aux dernières élections, le Parti conservateur du Canada avait obtenu 34,3 % des voix, contre 33,1 % pour le Parti libéral du Canada.

Plus de gens ont voté pour les conservateurs du Canada que pour tout autre parti, et c'est une force sur laquelle il nous faut nous appuyer, a souligné M. O'Toole, qui a obtenu un quatrième mandat dans la circonscription ontarienne de Durham.

Il aura fallu attendre la fin de la campagne électorale avant que les libéraux concèdent qu'ils avaient provoqué le déclenchement des élections afin d'obtenir une majorité aux Communes.

M. Trudeau espérait s'emparer du pouvoir rapidement. Au lieu de ça, il nous plonge dans ce qu'il a lui-même annoncé comme 18 mois de campagne perpétuelle, a déploré le chef conservateur, faisant ainsi référence aux propos tenus par le chef libéral en pleine campagne.

Pendant le Face-à-Face du réseau TVA, Justin Trudeau avait laissé entendre que l'élection d'un gouvernement minoritaire pourrait entraîner le déclenchement de nouvelles élections 18 mois après son arrivée au pouvoir (nouvelle fenêtre).

M. O'Toole a dit avoir parlé avec le chef libéral après l'annonce de sa victoire, pour lui offrir ses félicitations... et le mettre en garde.

Je lui ai dit : s'il pense qu'il peut menacer les Canadiens de déclencher de nouvelles élections dans 18 mois, le Parti conservateur sera prêt.
Erin O'Toole, chef du Parti conservateur du Canada

M. O'Toole, pour qui le Canada semble plus polarisé qu'il ne l'était avant cette campagne électorale, a affirmé que de nouvelles élections hâtives ne feraient que creuser davantage le fossé qui sépare les Canadiens.

Le conservatisme qu'il souhaite incarner en est un de compassion, qui tire des leçons du passé pour mieux s'orienter vers l'avenir et qui croit en la réconciliation avec les peuples autochtones, a-t-il plaidé.

Notre parti est le parti de ce pays, mais seulement s'il continue de grandir [...] de changer, a lancé le chef conservateur, promettant que nos « meilleurs jours [étaient] à venir ».

Dans un discours qui ratissait plus large que ce à quoi M. O'Toole avait habitué ses partisans, le chef conservateur a tendu la main à tous les Canadiens, peu importe leurs origines, leur âge, leur identité de genre ou leur orientation sexuelle.

Que le français soit votre première ou deuxième langue, que vous vous en sortiez bien ou que vous peiniez à joindre les deux bouts, que vous pratiquiez votre religion [...] tous les jours ou pas du tout [...] vous avez une place au sein du Parti conservateur du Canada, a-t-il lancé, sous les applaudissements de la foule.

Erin O'Toole peut se réjouir des gains réalisés en Atlantique, où son parti a doublé sa députation, et d'avoir réussi à conserver ses acquis dans Les Prairies. Au Québec, où le parti a pu compter sur l'appui tacite du premier ministre François Legault (nouvelle fenêtre), le Parti conservateur du Canada a conservé sensiblement le même nombre de sièges.

Bien que l'aiguille ne semble pas avoir bougé, le parti a tout de même connu une percée dans des régions où il avait été « éliminé de façon assez brutale en 2015 », comme dans les Maritimes, a fait remarquer Gérard Deltell, réélu dans Louis-Saint-Laurent.

Ces réussites, a-t-il poursuivi, sont attribuables à M. O'Toole, à qui il prédit un avenir « tout à fait solide » à la tête des troupes conservatrices.

Valérie Boisclair

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