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Crise sanitaire en Alberta : Kenney, O’Toole, même gestion, dit Trudeau

Portrait de Justin Trudeau qui parle dans un micro sur fond de ciel bleu.

Le chef libéral Justin Trudeau en campagne à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Joëlle Girard

Déplorant la situation sanitaire en Alberta, Justin Trudeau a tracé un lien direct entre l'approche du premier ministre de la province, Jason Kenney, et celle de son adversaire Erin O'Toole, mettant en garde les électeurs canadiens contre l'approche conservatrice pour endiguer la pandémie de COVID-19 au pays.

Comme le premier ministre Kenney l’a avoué hier soir, son approche était erronée. Et le leadership, ça compte pour quelque chose dans cette pandémie, a déclaré le chef libéral en point de presse jeudi, à Montréal, déplorant une situation à briser le cœur.

La veille, M. Kenney a été contraint de déclarer l'état d'urgence en Alberta (nouvelle fenêtre) devant l'augmentation du nombre de nouveaux cas de COVID-19, des hospitalisations et des patients traités aux soins intensifs. Le système de santé albertain n'a jamais été aussi débordé (nouvelle fenêtre) depuis le début de la pandémie.

Sa déclaration est venue accompagnée d'un aveu d'échec : nous avons eu tort et je vous présente mes excuses, a dit Jason Kenney, qui, au cours des derniers mois, a été partisan d'un déconfinement rapide, s'opposant du même coup à l'imposition d'un passeport sanitaire et à la vaccination obligatoire.

Le fait que M. O’Toole a continué d’applaudir le style de leadership et l’approche de M. Kenney, même il y a quelques jours, souligne à quel point ce n’est pas le bon leader pour en finir avec la pandémie
Justin Trudeau, chef du Parti libéral

Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC) a en effet vanté l'approche de l'Alberta à plusieurs reprises au cours de la dernière année. Jason Kenney a bien mieux géré cette pandémie que le gouvernement fédéral ne l’a fait, avait notamment déclaré Erin O'Toole en marge de l'assemblée générale annuelle du Parti conservateur uni de l’Alberta, en octobre dernier.

Dimanche, lors d'un arrêt de campagne à Vancouver, M. O'Toole a aussi affirmé que la meilleure stratégie de traçage au pays avait été celle de l'Alberta pendant la première vague.

Or, jeudi, lors d'un arrêt de campagne à St. John, au Nouveau-Brunswick, Erin O'Toole a plutôt esquivé plusieurs questions au sujet de ces éloges passés (nouvelle fenêtre) et de l'approche qu'il adopterait lui-même pour contenir la pandémie s'il était porté au pouvoir.

Je travaillerai avec tous les premiers ministres, quelle que soit leur allégeance, a répété M. O'Toole à de nombreuses reprises. Il a aussi reproché à Justin Trudeau le fait d'avoir déclenché une élection à 600 millions de dollars en pleine quatrième vague. Je ne déclencherais jamais d'élections en pleine crise sanitaire.

Justin Trudeau a aussi une responsabilité

Le leader du Nouveau Parti démocratique (NPD) s'est rangé du côté de son adversaire libéral en ce qui concerne la part du blâme qui revient à Jason Kenney. C’est clairement un manque de leadership en Alberta de la part de M. Kenney et on doit le blâmer, il n’y a absolument pas de doute, a-t-il dit en point de presse dans la région de Toronto.

Mais il n'a toutefois pas épargné Justin Trudeau, qui a une responsabilité aussi, il est le premier ministre, selon Jagmeet Singh. Ce n'est pas du leadership de déclencher une élection quand la quatrième vague de la COVID-19 frappe fort. Et maintenant ça frappe fort en Alberta. On aurait pu faire les choses différemment pour protéger la population, pour livrer l’aide.

Le premier ministre sortant s'est défendu d'en avoir fait trop peu pour l'Alberta, sans toutefois faire référence au déclenchement des élections. Si une province tient farouchement à faire ou ne pas faire quelque chose, on a des outils limités pour imposer la décision du fédéral, a-t-il souligné.

Selon lui, il en va du respect des champs de compétence des provinces. On a été là pour les encourager, les pousser dans la bonne direction, [...] on ne va pas microgérer dans leurs champs de compétence, a-t-il plaidé, énumérant avoir offert de l'aide pour le traçage de contacts, envoyé des tests rapides et fourni des millions de doses de vaccins pour appuyer l'Alberta.

L'Alberta compte présentement 60,5 % de sa population admissible au vaccin comme étant complètement vaccinée. Il s’agit de la troisième province la moins vaccinée du Canada, après le Nunavut (53,8 %) et la Saskatchewan (60,3 %).

Rappelons que la médecin hygiéniste en chef de l’Alberta, Deena Hinshaw, a admis en début de semaine que la décision de lever pratiquement toutes les restrictions sanitaires au début de juillet est la cause du nombre très élevé de cas de COVID-19 (nouvelle fenêtre) et de la pression sans précédent sur les hôpitaux de la province.

Joëlle Girard

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