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Débat en anglais : Trudeau, O’Toole et Singh réclament des excuses au consortium

Yves-François Blanchet, Annamie Paul, Justin Trudeau, Jagmeet Singh et Erin O'Toole sur le plateau sur débat des chefs.

Les chefs ont participé le 9 septembre au seul débat en anglais de cette campagne électorale.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Mathieu Gobeil

Le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Erin O’Toole, et le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, demandent au consortium des médias qui a organisé le débat des chefs en anglais de s’excuser pour la première question posée au chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet (nouvelle fenêtre), la semaine dernière.

Mardi, l’Assemblée nationale du Québec a adopté à l’unanimité deux motions à ce sujet (nouvelle fenêtre) : l'une, réclamant la fin du Québec bashing, a été présentée par la cheffe de l'opposition officielle, Dominique Anglade.

L’autre, sous l'instigation de l'opposition péquiste, exige que le groupe de diffusion des débats présente des excuses formelles pour le procès hostile intenté contre la nation québécoise.

En point de presse à Halifax, mercredi, un journaliste a demandé à M. Trudeau si, en tant que Québécois, il réclamait lui aussi de telles excuses.

Oui, a-t-il répondu d’emblée. Je trouve que la prémisse de la question était inacceptable et je pense que ce serait important que le consortium s’explique et s’excuse.

Les Québécois ne sont pas racistes. Nous allons toujours être là pour, oui, travailler ensemble pour améliorer notre pays et lutter contre la discrimination où elle existe, mais faire des déclarations comme ce qui a été inclus dans cette question, ce n’est pas utile pour le pays et c’est insultant pour les Québécois, a-t-il ajouté.

À Jonquière, mercredi, le chef conservateur a lui aussi réclamé des excuses.

Je suis tanné du "Québec bashing" et le consortium doit s’excuser. Comme je l’ai dit, la question était injuste. Je suis ici pour le bien-être des Québécois. J’ai un plan pour le rétablissement du Canada, j’ai un contrat avec les Québécois, un engagement clair sur la nation québécoise. Et je suis le seul chef qui peut remplacer M. Trudeau, a-t-il dit.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, pense aussi qu'une excuse est de mise. C'était une erreur de sous-entendre que seulement une province avait un problème de racisme, alors que c'est un problème partout au Canada. Le racisme et le racisme systémique [sont] une réalité dans tout le Canada, et insinuer qu'il n'existe que dans une seule province nuit au travail effectué pour combattre le racisme systémique. Si on veut s’attaquer à ce problème, on doit tous travailler ensemble, a-t-il dit dans une déclaration transmise aux médias.

La question qui a secoué la campagne

La question posée au chef bloquiste lors du débat de jeudi soir (nouvelle fenêtre) était la suivante :

Vous niez que le Québec a un problème de racisme; pourtant, vous défendez des législations comme les projets de loi 96 [français langue officielle] et 21 [laïcité], qui marginalisent les minorités religieuses, les anglophones et les allophones. Le Québec est reconnu comme une société distincte. Mais pour ceux hors de la province, s’il vous plaît, expliquez-leur pourquoi votre parti soutient aussi ces lois discriminatoires.

La classe politique au Québec a dénoncé la formulation de cette question (nouvelle fenêtre) après la tenue du débat. Le premier ministre François Legault jugeait que la nation québécoise avait été attaquée dans ses compétences et ses valeurs.

MM. Trudeau et O'Toole avaient déjà qualifié cette question d'injuste et d'offensante (nouvelle fenêtre) la semaine dernière.

Plongé dans la tourmente depuis le débat en anglais, le consortium des médias – qui comprend APTN News, CBC News, CTV News et Global News pour le débat en anglais – défend le libellé utilisé (nouvelle fenêtre). Dans un communiqué publié vendredi dernier, il soutient que cette question portant sur la loi 21 et le projet de loi 96 au Québec posée par la modératrice Shachi Kurl n'affirmait pas que les Québécois sont racistes.

Contacté mercredi afin de savoir s'il comptait s'excuser officiellement, le consortium a renvoyé Radio-Canada à ce même communiqué, qui ne contient pas d'excuses.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) interpelle de son côté le Conseil de presse du Québec (CPQ) pour qu'il se penche sur le choix d'une modératrice qui n'est pas journaliste, malgré une tradition bien ancrée dans les débats des chefs. La FPJQ demande aussi au CPQ d'étudier la question posée à Yves-François Blanchet sous l'angle de la déontologie journalistique.

Avec la collaboration de Joëlle Girard

Mathieu Gobeil

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