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[Reportage] Intéresser les jeunes issus de l’immigration aux élections fédérales

Un groupe d'adolescents assis sur des chaises dans une salle en face d'un homme à côté d'un écran.

Le Forum Jeunesse de Saint-Michel (Montréal) initie les adolescents aux élections fédérales.

Photo : RCI / Samir Bendjafer

Samir Bendjafer

Ils n’ont pas encore l’âge de voter, mais ils en savent déjà quelque chose avec le scrutin du 20 septembre prochain (nouvelle fenêtre).

Eux, ce sont les membres du Forum Jeunesse de Saint-Michel, un quartier multiethnique de Montréal où vit une forte communauté d’origine maghrébine.

La plupart de ces jeunes sont issus de la diversité. Ce sont en général des jeunes immigrants ou nés au Canada de parents immigrants. Environ 50 % sont d’origine arabe et nord-africaine maghrébine.
Une citation de Mohamed Mimoun, coordinateur du Forum jeunesse de Saint-Michel

Selon l’organisme Vivre Saint-Michel, l’arabe se classe en 4e position après le français et l’espagnol comme langue maternelle des résidents du quartier.

Vendredi dernier, en fin d’après-midi après l’école, une vingtaine d’adolescents, garçons et filles, ont été invités par les animateurs du forum à participer à un atelier sur les élections qui arrivent à grands pas.

Comme ils sont encore mineurs, nous ne publierons ni leurs noms ni des photos où ils peuvent être identifiés.

Une homme à côté d'un tableau avec un marqueur dans la main.

Mohamed Mimoun, coordinateur du Forum de jeunesse Saint-Michel a présenté l'atelier Et si j'étais premier ministre...

Photo : RCI / Samir Bendjafer

L’atelier intitulé Et si j’étais premier ministre… se voulait un exercice interactif divisé en deux parties.

Il a été dirigé par Mohamed Mimoun ainsi que deux autres agents de mobilisation : Mohamed Chibani et Meriem Bousseksou.

Le coordinateur du forum ajoute que le but de l’activité est de mettre les jeunes au cœur de l'atelier en devenant eux-mêmes des acteurs politiques. Ça les stimule.

Il rappelle que les parents de ces jeunes n'ont pas les élections et leurs enjeux comme priorité donc le foyer familial n'est pas un milieu naturel d'apprentissage politique pour eux, de même que l’école.

Sensibiliser les jeunes aux élections et à leurs enjeux ne se fait pas à 18 ans où l’on peut juste appuyer sur un bouton et aller voter. C'est une éducation. C’est une approche qui plante les graines qui vont les mener à comprendre et à s'impliquer
Une citation de Mohamed Mimoun

Le premier volet de l’atelier consistait en un quiz où les jeunes devaient répondre à une série de questions qui testaient leur culture politique générale.

L’accent a été mis sur le système politique fédéral, les élections, le rôle des députés et de la Chambre des communes, entre autres.

Le deuxième volet était une simulation d’un débat des chefs où les jeunes devaient répondre à des questions sur différents enjeux. Chacun avait 30 secondes pour répondre.

Pour casser la glace, Mohamed Mimoun a commencé par poser une question très simple sur la date des élections.

Si au début les réponses ont été un peu chaotiques, la discussion a commencé à prendre de la consistance avec le temps.

Des réponses auxquelles on ne pouvait pas s’attendre trouver chez des jeunes de 14 ans ont émergé lors de la simulation du débat des chefs.

En effet, ces jeunes avaient eu l’occasion de voir, la veille, les chefs des principaux partis politiques canadiens débattre en français à la télévision privée TVA (avant le débat tenu hier au Musée canadien de l’histoire).

Un écran accroché à un mur affiche le message Et si j'étais premoer ministre.

L'atelier Et si j'étais premier ministre...a permis de aux jeuns adolescents du quartier Saint-Michel (Montréal) de simuler un débat des chefs pour une élection fédérale.

Photo : RCI / Samir Bendjafer

Les idées avancées par quatre aspirants au poste de premier ministre allaient de l’augmentation de l’impôt pour les plus riches à l’aide aux réfugiés en passant par une stratégie touristique pour stimuler l’économie ou la protection de l’environnement.

Quand est arrivée la question sur les enjeux du budget de la défense et s’il fallait l’augmenter ou le diminuer, l’un des jeunes a proposé de le diminuer et d’orienter l’argent ainsi économisé vers les Canadiens les plus démunis et les réfugiés. Il y a déjà tonton Joe Biden qui assure notre protection , a affirmé l’un d’eux.

Meriem Bousseksou, agente de mobilisation au Forum, explique que certes, ces jeunes ont des réponses qui peuvent agréablement surprendre par leur pertinence, mais ils ont besoin d’être encadrés sur le plan de la communication. Dans la vie, il ne suffit pas d’avoir de bonnes idées, il faut aussi savoir les défendre dans le respect et la discipline.

À la fin des débats, un vote des présents a permis de départager les quatre aspirants premiers ministres. L’exercice ne s’arrêtera pas là, rappelle Mohamed Mimoun. Nous allons accompagner certains de nos jeunes qui ont plus de 18 ans pour s’inscrire et aller voter , explique-t-il.

Il a rappelé aussi que cet atelier est une préparation pour que les jeunes du quartier participent à un débat public entre les candidats de la circonscription pour les élections fédérales.

Ils auront le droit de poser deux questions lors de ce débat qui se tiendra vendredi prochain dans un centre communautaire du quartier.

Un autre débat aura lieu plus tard en octobre, à l’approche des élections municipales à Montréal qui se tiendront le 7 novembre.

Selon Élections Canada, les jeunes (âgés de 18 à 24 ans) sont moins nombreux à voter que leurs aînés.

Après avoir grimpé à 57,1 % en 2015, la participation des électeurs âgés de 18-24 ans a diminué de 3,2 points à la dernière élection fédérale du 21 octobre 2019, atteignant 53,9 %.

Les personnes ayant le droit de vote pour la première fois en 2019 ont participé à un taux (53,6 %) comparable à celui de 2015 (54,2 %) , selon la même source.

En 2018, lors d'élections provinciales au Québec, les bureaux de vote ont accueilli des jeunes de 3 à 12 ans qui accompagnaient leurs parents le jour du scrutin.

L’exercice leur avait permis un apprentissage démocratique en répondant à une question sur l’utilité d’une élection. 158 000 enfants y avaient pris part.

Samir Bendjafer

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