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Amnistie internationale inquiète pour le sort des minorités afghanes

Deux hommes sur une colline, près de pierres tombales.

Des Afghans de la minorité hazara se recueillent sur la tombe de membres de leur communauté tués dans l'attaque d'une école près de Kaboul, en juin 2021.

Photo : La Presse canadienne / AP/Rahmat Gul

Associated Press

Des combattants talibans ont torturé et tué des membres d'une minorité ethnique en Afghanistan après avoir récemment envahi leur village, a déclaré Amnistie internationale, alimentant les craintes qu'ils n'imposent à nouveau un règne brutal.

Ces révélations sont faites au moment où les talibans exhortaient les imams à faire passer un message d'unité lors du premier rassemblement pour les prières du vendredi depuis la prise de la capitale, Kaboul.

Terrifiées à l'idée que les nouveaux dirigeants commettent de tels abus, des milliers de personnes se sont précipitées ces derniers jours vers l'aéroport de Kaboul, désespérées de fuir.

D'autres sont descendues dans la rue pour protester contre la prise de contrôle – des actes de défi que les combattants talibans ont violemment réprimés.

Les talibans ont cherché à faire preuve de modération et se sont engagés à rétablir la sécurité et à pardonner à ceux qui les ont combattus (nouvelle fenêtre) au cours des 20 années écoulées depuis une invasion dirigée par les États-Unis.

Avant les prières du vendredi, les dirigeants ont exhorté les imams à utiliser les sermons pour appeler à l'unité, à exhorter les gens à ne pas fuir le pays et à contrer la propagande négative à leur sujet.

Mais de nombreux Afghans sont sceptiques, et le rapport d'Amnistie a fourni plus de preuves qui contredisent les affirmations des talibans selon lesquelles ils ont changé.

Le groupe de défense des droits de la personne a déclaré que ses chercheurs s'étaient entretenus avec des témoins oculaires de la province de Ghazni qui ont raconté comment les talibans ont tué neuf hommes de la minorité hazara [chiites, plutôt que sunnites, comme les talibans, NDLR] dans le village de Mundarakht entre le 4 et le 6 juillet.

Le groupe a indiqué que six des hommes avaient été abattus et que trois avaient été torturés à mort.

La brutalité des meurtres était un rappel du passé des talibans et un indicateur horrible de ce que le régime taliban peut apporter, a noté Agnès Callamard, directrice d'Amnistie internationale.

Le groupe a averti que de nombreux autres meurtres pourraient ne pas être signalés parce que les talibans ont coupé les services de téléphonie mobile dans de nombreuses zones pour empêcher la publication d'images depuis ces régions.

Par ailleurs, Reporters sans frontières s'est alarmé d'apprendre que des combattants talibans avaient tué mercredi un membre de la famille d'un journaliste afghan (nouvelle fenêtre) travaillant pour la chaîne allemande Deutsche Welle.

Malheureusement, cela confirme nos pires craintes, a déclaré Katja Gloger de la section allemande du groupe militant pour la liberté de la presse. L'action brutale des talibans montre que la vie des travailleurs indépendants des médias en Afghanistan est en grave danger.

De nombreux Afghans craignent un retour au régime sévère des talibans imposé à la fin des années 1990, lorsque le groupe a en grande partie confiné les femmes à la maison, interdit la télévision et la musique, coupé les mains des voleurs présumés et procédé à des exécutions publiques.

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