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La Maison-Blanche « étudie » l'exigence d'une preuve vaccinale aux frontières

Des automobilistes en file avec l'inscription géante "United States of America" au-dessus des guérites du poste frontalier.

On s'inquiète de retards à la frontière lorsque les douaniers devront s'occuper du statut vaccinal et des résultats de tests de dépistage, notamment (archives).

Photo : Getty Images / Don Emmert

La Presse canadienne

La Maison-Blanche explore activement les scénarios pour l’ouverture des frontières (nouvelle fenêtre) pour accueillir à nouveau les visiteurs étrangers – notamment l'exigence d'une preuve vaccinale, peu populaire aux États-Unis – alors que les gens d'affaires des deux côtés de la frontière accentuent les pressions sur les élus au Congrès.

Des groupes de travail de plusieurs agences gouvernementales envisagent d'exiger une preuve vaccinale aux voyageurs, ont confirmé jeudi des responsables de la Maison-Blanche.

C'est assurément à l'étude , a déclaré la porte-parole de l'administration américaine, Jen Psaki, qui a cité le variant Delta, très contagieux, comme un facteur clé dans l'approche prudente (nouvelle fenêtre) de la Maison-Blanche.

Étant donné la situation actuelle avec le variant Delta, nous prévoyons pour l'instant de maintenir les restrictions de voyage, a-t-elle ajouté. Nos groupes de travail interagences se concentrent toutefois à l'élaboration d'un plan pour une politique de voyages internationaux cohérente et sécuritaire.

La porte-parole de la Masion-Blanche Jen Psaki.

La porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki a confirmé que la Maison-Blanche n'ira pas de l'avant avec des exigences concernant le statut vaccinal.

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Dans le jargon de la Maison-Blanche, les voyages internationaux font habituellement référence aux visiteurs « intercontinentaux » d'un certain nombre de pays étrangers, dont la Chine, l'Inde, l'Irlande, l'Iran, l'Afrique du Sud, le Brésil et les 26 pays européens de l'espace Schengen.

Les voyages dits « non essentiels » en provenance du Canada sont interdits aux postes frontaliers terrestres depuis mars 2020, mais la plupart des Canadiens qui arrivent par avion, par train ou par bateau ont été exemptés de ces restrictions pendant la pandémie.

Les règles sur les frontières terrestres deviendront encore plus asymétriques lundi lorsque le Canada commencera à autoriser l'entrée au pays des citoyens américains (nouvelle fenêtre) et des résidents permanents qui sont entièrement vaccinés.

Les États-Unis n'ont pas offert la réciprocité au Canada même si près de 70 % des Canadiens admissibles sont complètement vaccinés et que 81,7 % ont reçu au moins une dose. Les restrictions américaines aux points de passage terrestres sont prolongées jusqu'au 21 août, comme tous les mois depuis le début de la pandémie, en mars 2020.

La docteure Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, a estimé de son côté que le variant Delta pose probablement une plus grande menace par transmission au pays que par les visiteurs américains. Les déplacements seront surveillés de près pour permettre au gouvernement d'ajuster le tir rapidement si nécessaire, a-t-elle dit.

Pression des gens d'affaires

Les intervenants des deux côtés de la frontière canado-américaine, quant à eux, ont largement épuisé leur patience. Une coalition de dirigeants d'entreprises américaines et canadiennes fait pression sur le Congrès pour qu'un plan soit enfin dévoilé en vue de l'assouplissement éventuel des restrictions aux frontières terrestres avec le Canada.

Le groupe, dirigé par la Stratégie nord-américaine pour la compétitivité, souhaite que les hauts dirigeants au Congrès américain exigent du département de la Sécurité intérieure qu'il dévoile en détail sa stratégie pour une réouverture éventuelle.

Plus précisément, la coalition s'inquiète de retards énormes à la frontière lorsque les douaniers devront s'occuper du statut vaccinal et des résultats de tests de dépistage de la COVID-19 des voyageurs aux postes frontaliers terrestres.

Les gens d'affaires demandent aux principaux élus du Congrès d'exiger du département de la Sécurité intérieure qu'il explique comment il envisage de faire face à un afflux de visiteurs en provenance du Canada lorsque l'interdiction de voyager sera assouplie.

La lettre est adressée aux présidents et aux membres influents des comités et sous-comités du Sénat et de la Chambre des représentants sur la sécurité intérieure, ainsi qu'aux membres de plusieurs groupes clés du caucus d'élus canado-américains.

Ses signataires comprennent des organisations vouées au commerce et aux voyages transfrontaliers, notamment l'Association canado-américaine des gens d'affaires, l'Alliance du commerce transfrontalier et la Région économique de la côte ouest.

Nous comprenons la nécessité de protéger la santé publique, mais nous croyons que les États-Unis peuvent le faire tout en assouplissant les restrictions aux frontières terrestres.
Extrait de la lettre

Les entrepreneurs estiment que l'agence américaine des services frontaliers ne semble pas avoir élaboré de plan pour une réouverture en toute sécurité aux points d'entrée terrestres sans causer d'énormes retards.

Ni Mme Psaki ni Jeff Zients, coordonnateur à la Maison-Blanche de toute la lutte contre la COVID-19, n'ont spécifiquement mentionné le Canada lors de leur conférence de presse respective, jeudi. Mais ils ont clairement indiqué que ce n'était pas le moment de lever en bloc les restrictions.

Des groupes de travail, qui comprennent des responsables du Canada, du Mexique, de l'Union européenne et du Royaume-Uni, explorent une approche progressive qui pourrait inclure une preuve de vaccination, a déclaré M. Zients.

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