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Près de la moitié des produits de la mer sont mal étiquetés au Canada, selon une étude

Préparation d'un poisson.

Un produit de la mer sur deux est mal identifié, selon une étude d'Oceana Canada.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

RCI

Une enquête du groupe environnementaliste Oceana Canada révèle que près de la moitié des poissons et fruits de mer est mal identifiée, remettant l'enjeu de la traçabilité des aliments au premier plan.

En effet, de récents tests d'ADN effectués par l'organisme révèlent que 46 % des échantillons de produits de la mer qui proviennent de restaurants et épiceries dans quatre grandes villes canadiennes, Montréal, Halifax, Ottawa et Toronto, étaient mal identifiés.

Selon Oceana Canada, cette désinformation continue d’être préoccupante étant donné que la situation ne s’est pas réellement améliorée par rapport aux derniers tests qui faisaient état de 47 % de taux d'identification trompeuse entre 2017 et 2019.

L’organisme sans but lucratif constate qu’Ottawa n'a toujours pas présenté de plan ni d'échéancier pour parvenir à implanter un système de traçabilité des produits de la mer du navire à l'assiette, notant qu'en 2019, le gouvernement canadien s'était engagé à le faire.

La chaîne d'approvisionnement des produits de la mer au Canada demeure opaque, avec de faibles normes de traçabilité. Si le gouvernement fédéral respectait son engagement, il pourrait empêcher le poisson illégal de pénétrer dans le marché canadien, estime Oceana Canada. Autrement, c’est la santé des Canadiens, leur portefeuille, les océans ou encore l’industrie des produits de la mer qui sont mis à mal, déplore l'organisme.

 Acheter du poisson ne devrait pas être un jeu de devinette. Les Canadiens méritent d’avoir confiance envers les produits qu’ils consomment 
Sayara Thurston, responsable de campagne chez Oceana Canada

Les mêmes tromperies et fraudes

À l’instar de l’étude de 2019, ce sont souvent les mêmes poissons qui font l’objet de fraude. De l’escolier a été étiqueté comme du stromaté ou du thon. Ce poisson peut provoquer des symptômes gastro-intestinaux pourtant bien désagréables pour le consommateur.

Ça peut être, par exemple, un produit qui est marqué sauvage, mais en fait c'est un produit qui vient de l'élevage. Ou ça peut être une espèce complètement différente de ce qui est marqué sur l'étiquette. Ça peut être un produit qui a été pêché illégalement.
Sayara Thurston, responsable de campagne chez Oceana Canada

De plus, l’une des espèces de poisson identifiées n’est pas autorisée à la vente au Canada, souligne l’enquête. Et parmi les 13 échantillons identifiés sous le nom de vivaneau, sept étaient en fait du tilapia, une espèce beaucoup plus économique.

Les détaillants sont touchés par la mauvaise identification de ces produits à un taux de 6,5 % tandis que chez les restaurateurs, cette proportion passe de 56 % à 65 %.

Petite lueur d’espoir, Sayara Thurston remarque toutefois que les villes proches des océans, comme Vancouver et Halifax, ont une meilleure identification grâce notamment à des chaînes d’approvisionnements plus courtes.

Puis, selon Oceana Canada, les mesures pour lesquelles l’organisme milite sont déjà en place au sein de l’Union européenne ou aux États-Unis. Et selon madame Thurston, l’expérience d’autres pays montre que la réglementation sur la traçabilité du navire à l’assiette permet de stopper la fraude et de protéger les consommateurs tout comme les océans.

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