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Difficultés pour documenter la vaccination de milliers de nouveaux Torontois

Des gens se font vacciner dans un centre de vaccination de masse.

Les nouveaux habitants qui ont reçu une première dose d'un vaccin contre la COVID-19 en dehors de l'Ontario doivent être inscrits dans le système provincial pour pouvoir réserver un rendez-vous pour leur deuxième dose.

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Theodore Doucet

Plusieurs milliers de personnes nouvellement arrivées en Ontario qui ont reçu une ou plusieurs doses de vaccin contre la COVID-19 hors de la province doivent s'inscrire auprès de leur bureau de santé local pour entrer dans le système de suivi de vaccination.

À Toronto, la santé publique reçoit un tel volume de demandes qu’elle a averti ces dernières semaines que la durée de traitement d’un dossier pouvait prendre « jusqu’à deux mois ».

La saisie des données dans le système ontarien de données sur la vaccination nommé COVaxON est nécessaire pour que l’immunisation soit officiellement reconnue.

Or les dossiers des nouveaux habitants peuvent poser problème, car ils ne sont pas en possession d’un des critères d’inscription à COVaxON, à savoir un numéro d’assurance-santé.

Ces cas concernent des réfugiés, des personnes sans-papiers et d’autres personnes venues de l’étranger ou d’ailleurs au Canada, et cela peut poser des problèmes lorsqu’il s’agit de présenter des preuves officielles de vaccination, pour se rendre à l’étranger notamment.

Pour les personnes qui ont reçu un vaccin hors de l’Ontario, Santé publique Toronto (TPH) a indiqué par courriel à Radio-Canada que leur première dose doit être documentée avant de pouvoir réserver une deuxième dose.

Bien qu’elles puissent se faire vacciner sans rendez-vous et sans fournir de numéro d’assurance-santé dans les centres de vaccination de masse, leur fichier d’immunisation doit être correctement intégré à COVaxON pour assurer que le dossier vaccinal soit complet.

Plus de 15 000 demandes à Toronto

Au 3 août, la santé publique de Toronto a déclaré avoir reçu plus de 15 000 demandes d’intégration au système, depuis le début de l'enregistrement des vaccins hors de la province annoncé par le gouvernement de l’Ontario début juin.

Un peu plus de 12 000 demandes ont été traitées. Le processus est effectué manuellement et a tardé à trouver sa vitesse de croisière. Dans les premiers jours de la mission allouée aux bureaux de santé publique, Santé publique Toronto disposait de moins de dix personnes pour traiter la masse d’information. Il y a désormais au moins 120 personnes qui s’y consacrent.

Le manque de moyens humains initial et le fait que certains dossiers peuvent être incomplets, voire dupliqués dans le système, ont provoqué des temps de traitement estimés à jusqu’à deux mois, peut-on lire dans un message de confirmation d’inscription datant du 29 juillet.

Des messages de Santé publique Toronto.Agrandir l’image (nouvelle fenêtre)

Des messages de Santé publique Toronto à un nouveau résident de la Ville Reine indiquant un possible long délai de traitement « en raison du volume de données à enregistrer ».

Photo : Radio-Canada

Le délai annoncé est désormais de trois à dix jours, selon le statut vaccinal de la personne.

Des dossiers difficilement trouvables, d’autres dupliqués

Mandaté par la Ville de Toronto, le Centre pour les réfugiés FCJ travaille à coordonner les dossiers des personnes concernées.

Elisa Ibarra, chargée des réservations pour la vaccination des clients du FCJ, a affirmé à Radio-Canada avoir eu à régler des problèmes de duplication voire de perte des fichiers collectés par Santé publique Toronto.

Il arrive que les cliniques de vaccination ne puissent pas trouver les noms des personnes sur COVax, a-t-elle déclaré lors d’une entrevue avec Radio-Canada. Ils n’ont pas pu trouver mon propre fils lorsqu’il a voulu avoir sa deuxième dose, donc ils ont créé un double profil. C’est un peu le problème.

Elle s’est remémoré l’appel d’une personne présente dans un centre de vaccination de masse, où l’infirmière qui devait lui administrer une dose ne trouvait pas son dossier. Après consultation avec Mme Ibarra, son fichier a pu être retrouvé et cette personne a pu obtenir son injection.

Malgré ces soubresauts dans le système COVaxON, le temps d’attente imposé par Santé publique Toronto pour traiter les dossiers est nécessaire, selon le coordinateur de l’équipe de mobilisation pour les vaccins au FCJ, Victor Ndjemua.

Si le dossier prend du temps à être traité, les vérifications sont nécessaires pour s’assurer que tout est en place, a-t-il dit.

Natasha Rollings, coordinatrice au Centre pour les réfugiés, a quant à elle relevé le fait que le type d’informations requis par le système d’enregistrement COVaxON était à l’origine des difficultés.

Le gouvernement provincial a souligné que tout le monde pouvait se faire vacciner, quel que soit son statut d'immigrant ou qui que ce soit dans cette province, a-t-elle fait remarquer.

Par ce simple fait, les numéros OHIP (d’assurance-santé) ne devraient pas être nécessaires pour prendre rendez-vous. Et je pense que ce petit pas, qui n'a peut-être tout simplement pas été envisagé, a créé un arriéré plus important que prévu.

Theodore Doucet

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