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Le retour de la saison des pow-wow réjouit les communautés autochtones

Une danse traditionnelle lors de la rencontre du 6 juillet 2021 entre le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, et le chef de la Première Nation Cowessess, Cadmus Delorme.

Une danse traditionnelle lors de la rencontre du 6 juillet 2021 entre le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, et le chef de la Première Nation Cowessess, Cadmus Delorme.

Photo : CBC / Matthew Howard

La Presse canadienne

Sous le soleil de fin de journée, des danseurs d'un bout à l'autre du Canada et des États-Unis ont envahi le site du pow-wow de la Nation sioux d'Alexis Nakota, dans le centre de l'Alberta.

Il s'agissait d'une première en deux ans.

Les danseurs dans leurs tenues cérémonielles, constituées de robes à grelots, plumes d'aigles, châles colorés et jupes à rubans, se sont avancés en sautillant au rythme du tambour pour traverser l'ensemble du site des festivités.

Tout le monde voulait juste revenir au pow-wow pour se remonter le moral, a laissé tomber la présidente du comité organisateur, Patricia Alexis, en parlant de l'événement de trois jours tenu plus tôt ce mois-ci.

L'automne dernier, les organisateurs avaient annoncé qu'il y aurait un pow-wow, mais que sa formule allait dépendre des consignes sanitaires en vigueur au moment de sa tenue.

La communauté a pris la décision d'aller de l'avant avec un programme complet dès que l'Alberta a annoncé la fin des restrictions liées à la COVID-19 le jour de la fête du Canada.

Le pow-wow s'est ouvert dès le lendemain, le 2 juillet, et a pris fin le 4 juillet. Le thème de l'événement portait sur la célébration de la beauté et de la culture des Peuples autochtones.

C'était probablement l'un de nos plus grands pow-wow, estime Mme Alexis. On avait près de 700 danseurs.

En plus des participants, environ 2000 visiteurs sont passés sur le site au cours du week-end, soit près du double de la moyenne observée avant la pandémie.

Les prières étaient particulièrement puissantes cette fin de semaine, a commenté l'organisatrice.

Les pow-wow sont des lieux de rassemblement, où l'on se recueille et l'on peut progresser dans son processus de guérison. Sans ces événements, prévient Mme Alexis, la santé mentale des gens peut être affectée. D'autant plus que la pandémie a renforcé l'isolement de beaucoup de gens.

Les gens se sont ennuyés de pouvoir se rassembler. Ils se sont ennuyés du tambour. Ils se sont ennuyés de voir leur famille et leurs amis.
Patricia Alexis, présidente du comité organisateur du pow-wow d'Alexis Nakota

D'un bout à l'autre du pays

Au fil de l'assouplissement des restrictions un peu partout au pays, de nombreuses Premières Nations en ont profité pour relancer la saison des pow-wow.

La Nation crie de Peepeekisis, dans le sud de la Saskatchewan, se prépare pour un week-end festif à compter de vendredi.

La communauté prévoyait au départ une seule journée de célébration réservée à la communauté, mais s'est ravisée pour offrir un programme complet.

Dans le sud-ouest du Manitoba, la Première Nation de Waywayseecappo accueille à bras ouverts le retour de son pow-wow annuel. Une fête qui arrive au moment où la communauté a grand besoin de réconfort. Le thème de l'événement portera sur la guérison, alors que l'on souhaite honorer les survivants des pensionnats et la mémoire des enfants qui n'ont jamais pu rentrer à la maison.

Les récentes découvertes de centaines de sépultures anonymes que l'on croit être celles d'enfants décédés dans les pensionnats pour Autochtones ont renforcé le besoin de tenir des pow-wow alors que les survivants cherchent du réconfort dans leur processus de guérison.

Au Québec, quelques pow-wow ont déjà eu lieu depuis le début du mois et une dizaine d'autres sont prévus jusqu'en septembre dans diverses régions.

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