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L’immigration est la solution, selon le DG d'une entreprise navale acadienne

Ce crabier est le huitième bateau réalisé par Construction navale atlantique, à Bas-Caraquet

Ce crabier a été réalisé par l'entreprise Construction navale atlantique.

Photo : Radio-Canada / René Landry

RCI

Le ministre fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marco Mendicino, était à Bathurst lundi pour annoncer la simplification des demandes de résidence permanente dans les communautés francophones et acadiennes en situation minoritaires. Une excellente nouvelle, selon le directeur général d’une compagnie de construction navale de Caraquet, en pleine pénurie de main-d’œuvre.

Jean-Pierre Robichaud est directeur général chez Construction navale atlantique. On y fabrique notamment des navires commerciaux en fibre de verre. Il y travaille depuis près de six ans.

L’entreprise comptait 44 employés avant la pandémie. Il n’en reste que 12. Le carnet de commandes se remplit de nouveau et l'entreprise n'arrive pas à trouver de main-d’œuvre.

On a fait [une demande] pour avoir de l’aide avec des travailleurs étrangers. Les démarches sont un peu longues, donc c’est bon de voir que le gouvernement essaie de faire quelque chose pour essayer d’assouplir et aider les entreprises à aller chercher les employés. C’est vraiment une bonne nouvelle pour tous les employés, dit-il.

L’homme qui a également travaillé pendant 20 ans sur des sites de construction de Toronto croit que l’immigration est importante pour la dynamique d’une communauté, autant sociale qu’économique.

Résidences permanentes en milieu minoritaire

En avril dernier, le ministre Mendicino annonçait l’octroi de la résidence permanente à 90 000 travailleurs (nouvelle fenêtre) étrangers temporaires et étudiants étrangers qui se trouve actuellement en milieu minoritaire francophone.

Lundi, ce plateau a été levé; les volets destinés aux candidats francophones ou bilingues ne comportent désormais aucune limite quant au nombre de demandes pouvant être reçues.

Selon M. Mendicino, cette initiative est particulièrement essentielle pour l’avenir des communautés francophones et acadiennes en situation minoritaire, comme à Bathurst.

Marco Mendicino, ministre canadien de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, en conférence de presse.

Marco Mendicino, ministre canadien de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, en conférence de presse à Bathurst, le 12 juillet 2021.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Il a donné en exemple succès le cas du Tim Hortons de Shippagan (nouvelle fenêtre), où de l'immigration a aidé à affronter la pénurie de main-d’œuvre.

Ce programme est offert à trois groupes;

  • Les travailleurs temporaires dans le domaine des soins de santé;
  • Les travailleurs temporaires d’autres professions essentielles sélectionnées;
  • Les étudiants étrangers qui ont obtenu un diplôme dans un établissement d’enseignement canadien.

Les responsabilités de l’employeur

Jean-Pierre Robichaud confirme que les formulaires initiaux du programme gouvernemental d’immigration peuvent être exhaustifs à première vue.

C’est compliqué avec des raisons, déclare-t-il. Quand on fait venir quelqu’un d’un autre pays, on est responsable de cette personne-là.

L’employeur doit premièrement prendre son temps pour s’assurer de choisir la bonne personne, compatible avec le poste à pourvoir.

Ensuite, les entreprises sont en effet responsables de certains aspects d’intégration relatifs aux nouveaux arrivants. Par exemple leur montrer où sont les écoles, les orienter vers les logements, etc.

De plus, ils n’ont généralement pas encore de permis de conduire canadien donc des allers-retours pour les amener à l’épicerie ou autres lieux peuvent être requis.

C’est peut-être pour cela que certains [employeurs] se découragent, dit-il.

Pour les entreprises, c’est des efforts d'extra que plusieurs employeurs n’ont pas le temps de gérer, parce qu’ils doivent justement gérer leur compagnie avec la crise du manque d’emploi, explique M. Robichaud.

Pénurie de main-d’œuvre dans la Péninsule acadienne

Construction navale atlantique n’est certainement pas la seule entreprise de la Péninsule acadienne en manque d’effectifs.

En général, tout le monde est à la recherche d’employés, c’est une pénurie en ce moment, lance Jean-Pierre Robichaud.

Charpentiers, électriciens, plombiers, peintres, magasinier, magasinier, administrateurs… Son entreprise à elle seule a besoin de plusieurs travailleurs. Vraiment, il n’y a pas de fin aux emplois qu’on pourrait créer, dit-il.

Le directeur général chez Construction navale atlantique, Jean-Pierre Robichaud, en vidéoconférence.

Le directeur général chez Construction navale atlantique, Jean-Pierre Robichaud.

Photo : Radio-Canada

Plusieurs travailleurs, spécialement les soudeurs et les charpentiers, quittent encore souvent la région pour l’ouest du pays, afin d’y travailler.

C’est sûr que les salaires offerts dans l’Ouest canadien n’est pas tout à fait sont pas comparable à ce que l’on peut offrir à Bas-Caraquet, dit Jean-Pierre Robichaud.

Le coup le plus dur quand les gens partent, c’est surtout la formation et l’investissement qu’on a mis dans cet employé là pour leur montrer comment faire le métier.
Jean-Pierre Robichaud, directeur général chez Construction navale atlantique.

Il précise par contre que les salaires de la région demeurent toutefois respectables. Tu peux faire une belle vie en demeurant dans la Péninsule, ça s’est garanti.

Les candidats francophones ou bilingues qui souhaitent immigrer en territoire francophone néo-brunswickois dans le cadre de ce programme ont jusqu’au 5 novembre 2021 pour remplir leur demande, à travers Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

Avec les informations de Sophie Desautels et d'Alix Villeneuve

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