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Demeurer actif après 75 ans pour le corps et l’esprit

L’inactivité physique de nombreuses personnes âgées durant la pandémie aura des impacts permanents sur leur santé. Des chercheurs estiment qu’il faut demeurer actif pour éviter l’apathie et les chutes.

Un homme et une femme âgés marchent sur un sentier.

La marche peut jouer un rôle important pour maintenir une bonne santé.

Photo : AFP / PHILIPPE HUGUEN/AFP

Davide Gentile
Daniel Boily

Lorsqu’il participe aux ateliers d’entraînement en ligne de sa résidence, René de Cotret Opzoomer sait qu’il garde la forme.

Je ne me sens pas 81 ans, je me sens 60 ans!, s’exclame-t-il.

Doyen de son groupe, ce dernier participe depuis sept ans aux ateliers organisés par le Centre universitaire de gériatrie de Montréal.

Durant l'entraînement de 90 minutes, l’animateur sollicite la flexibilité, le tonus, mais aussi le cardio et l’aspect cognitif des participants.

J'ai gagné plus de ballant, et ça t’empêche de tomber et de te faire mal, estime M. de Cotret Opzoomer.

Selon lui, il faut être actif et il faut encourager ça, c’est bon pour le corps et pour l'esprit [...] Il n'est jamais trop tard pour commencer.

René de Cotret Opzoomer.

René de Cotret Opzoomer

Photo : Radio-Canada

De l’autre côté de l’écran, le kinésiologue Francois Pham constate les effets positifs auprès de son groupe.

Ils ont vu progresser leur force musculaire, leur endurance ainsi que leur équilibre, affirme-t-il.

Sa collègue Mylène Aubertin-Leheudre, professeure titulaire à l’UQAM et chercheuse au Centre universitaire de gériatrie de Montréal, se réjouit de l’utilisation de la visioconférence afin d’organiser des ateliers de mise en forme.

Mais elle redoute également les répercussions de la COVID-19 chez certaines personnes âgées.

25 % de notre population âgée est très en forme, 50 % est en santé et autonome, et on a ce 25 % fragile et fragilisé, explique-t-elle.

L'impact de la pandémie chez les personnes âgées ne fait que commencer, soutient la chercheuse.

Pour moi, la bombe à retardement, elle est maintenant. C'est ceux qui vont se déconfiner et qui ont perdu de la condition physique, qui vont devoir être pris en charge par le système de santé.
Mylène Aubertin-Leheudre, professeure
Devant un pavillon universitaire.

Mylène Aubertin-Leheudre, professeure titulaire à l’UQAM

Photo : Radio-Canada

Prévenir les chutes

David Lussier, gériatre à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, constate lui aussi sur le terrain le cercle vicieux de l’inactivité physique.

Plusieurs personnes âgées ont un genre d'apathie qui est apparu parce que moins ils ont été actifs, moins ils sont capables d'en faire, dit-il.

La flamme s'est éteinte, parce qu'ils n'ont pas eu d'interaction, qu’ils n’ont pas vu leur famille aussi.
David Lussier, gériatre
Devant l'institut.

David Lussier, gériatre à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM)

Photo : Radio-Canada

Selon le docteur Lussier, s'ils ne se remettent pas à être actifs très rapidement, ils ne retrouveront jamais la forme.

Les urgences des hôpitaux auraient constaté un plus grand nombre de fractures liées aux chutes parce que [les patients] sont déconditionnés et qu'ils ont perdu leur équilibre et leur forme physique.

Il faut dire que les CHSLD et les hôpitaux enregistrent autour de 140 000 chutes par année de personnes âgées dans leurs établissements.

Le gouvernement a lancé ces derniers mois un guide afin de prévenir le déconditionnement des personnes âgées.

Le reportage de Davide Gentile

Davide Gentile
Daniel Boily

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