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Le télétravail est là pour de bon au sein des PME canadiennes, selon une étude

Un homme au téléphone devant son ordinateur.

De nombreux Canadiens travaillent à partir de la maison depuis le début de la pandémie. (Archives)

Photo : iStock

Philippe de Montigny, journaliste.
Philippe de Montigny

Près des trois quarts (74 %) des dirigeants de petites et moyennes entreprises du pays comptent offrir à leurs employés la possibilité de continuer à travailler à domicile après la pandémie, selon une étude de la Banque du développement du Canada (BDC).

Les employeurs sondés estiment qu’ils peuvent ainsi mieux attirer et retenir la main-d'œuvre, réduire leurs coûts d’exploitation et offrir des heures de travail flexibles.

On le sait, c’est difficile aujourd’hui de retenir des travailleurs. Il y a une pénurie de main-d'œuvre dans plusieurs secteurs de notre économie.
Pierre Cléroux, économiste en chef et vice-président à la recherche à la BDC

La monteuse Heather Bergstrom est contractuelle chez Vice Media. Elle est heureuse de pouvoir réaliser des vidéos chez elle dans la région du Niagara, plutôt que de se rendre aux bureaux de l’entreprise à Toronto.

Elle a pu également décrocher des contrats de productions américaines du confort de sa maison au Canada. Ça bouge beaucoup plus à Los Angeles qu’à Toronto et il y a de belles opportunités, donc c’est énorme pour ma carrière, affirme la monteuse.

Elle ajoute que certaines entreprises lui ont même livré des disques durs et des ordinateurs, et lui ont remboursé des logiciels et une meilleure connexion Internet pour faciliter le télétravail.

Une jeune femme boit un café en regardant un écran d'ordinateur assise à un bureau.

Des travailleurs, comme Heather Bergstrom et James Everitt, estiment que le télétravail a élargi leurs possibilités d'emplois.

Photo : iStock

Toujours selon l’étude, 27 % des PME sondées disent que le télétravail leur donne accès à un plus grand bassin de talents. Plus de la moitié (54 %) des employés disent qu’avoir l’occasion de travailler à la maison sera un facteur déterminant lorsqu’ils décideront de postuler ou d’accepter un nouvel emploi.

C’est le cas de James Everitt, récemment embauché par Canada Drives, une entreprise vancouvéroise qui livre des véhicules d'occasion. Le nouveau directeur de l’analytique et de l’intelligence d’affaires a accepté cet emploi à condition de pouvoir rester à Toronto.

C’est un emploi parfait pour moi, mais l’endroit ne l’était pas. Le télétravail me permet de postuler à bien plus d’endroits qu’auparavant et d’être plus sélectif.
James Everitt, directeur de l’analytique et de l’intelligence d’affaires, Canada Drives

Après la pandémie, il prévoit se rendre à Vancouver quelques jours par mois.

La situation actuelle a ouvert les yeux à tant d’entreprises quant à l’efficacité du télétravail, alors qu’auparavant, elles voyaient ça comme étant moins efficace, dit-il.

Pierre Cléroux, économiste en chef et vice-président à la recherche chez Banque de développement du Canada, fait le même constat en évaluant les résultats des sondages menés auprès d’employeurs et de travailleurs.

On s’est aperçu, du côté des employeurs, qu’il y avait autant d’efficacité ou de productivité lorsque les gens travaillent à partir de la maison, souligne-t-il.

Pierre Cléroux, économiste en chef de la Banque de développement du Canada.

Pierre Cléroux, économiste en chef de la Banque de développement du Canada

Photo : Radio-Canada

La Banque du développement du Canada et la firme Angus Reid ont réalisé ces sondages en ligne auprès de 724 chefs d’entreprises et 2000 travailleurs canadiens, entre le 24 février et le 8 mars 2021. Une marge d'erreur ne peut être calculée pour des échantillons non probabilistes comme ceux-ci.

Trouver un bon équilibre travail-vie personnelle

La proportion de petites entreprises dont au moins la moitié des employés font du télétravail a doublé : elle est passée de 21 % avant la pandémie à 42 % actuellement, selon l’étude de Banque du développement du Canada.

En mars dernier, les employés travaillaient à distance en moyenne 3,9 jours par semaine.

Il faut garder en tête qu’avec le télétravail, on a aussi de la difficulté à faire une coupure entre le travail et la vie à la maison. On a l’impression que tout continue tout le temps, affirme Nafissa Ismaïl, professeure de psychologie à l’Université d’Ottawa, spécialisée en santé mentale au travail.

Une femme en tailleur bleu.

Nafissa Ismaïl, professeure agrégée et titulaire de la Chaire de recherche sur le stress et la santé mentale de l'Université d'Ottawa

Photo : Avec l'aimable autorisation de Nafissa Ismaïl

Elle souligne que le modèle de travail hybride essaie vraiment d’aller chercher le meilleur des deux mondes en permettant aux employés de travailler quelques jours au bureau et le reste de leur semaine à domicile.

Ce qui est bien de ce modèle-là, c’est que ça nous montre que les compagnies, les employeurs sont ouverts et flexibles.
Nafissa Ismaïl, professeure de psychologie à l’Université d’Ottawa

Ils comprennent les avantages et les désavantages de chacun des milieux de travail, et ils sont prêts à offrir ce qu’ils peuvent de mieux pour la productivité de l’entreprise, mais aussi pour le bien-être de leurs employés, ajoute-t-elle.

Les employeurs sondés par Banque du développement du Canada affirment que les principaux inconvénients du télétravail sont les répercussions sur la communication, l’interaction et la collaboration (13 %) et le fait qu’il ne s’applique pas à tous les postes (11 %).

Seuls 9 % des répondants estiment que ce mode de travail a un impact négatif sur la productivité et l’efficacité.

Philippe de Montigny, journaliste.
Philippe de Montigny

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