Radio Première Chaîne

Les minorités invisibles

Catia Castro, Frédéric Isaya et Albert Kwan

[Hiver 2008]

5 juin 2008

Les minorités invisibles


Les stéréotypes mènent la vie dure aux membres des minorités ethniques. En effet, lorsque les agences cherchent un Asiatique, c'est souvent en vue d'un rôle stéréotypé, comme celui d'un serveur chinois. Et si ces agences ne précisent pas « ethnies acceptées » dans la description d'un rôle, c'est qu'elles rejettent d'emblée leurs candidatures. 
 
Catia Castro, actrice, Albert Kwan, acteur et réalisateur, et Frédéric Isaya, comédien, acteur et enseignant, viennent nous parler de la sous-représentation des minorités culturelles à la télévision, au cinéma et sur la scène. 
 
 
Nos invités 
 
Catia Castro est née au Chili pendant le coup d'État dirigé par Augusto Pinochet et a immigré au Québec lorsqu'elle avait 4 ans. Elle a habité également à Los Angeles et à New York. Elle a fait plusieurs formations en jeu, voix, diction, danse, etc., ce qui l'a fait jouer au théâtre, à la télévision et au cinéma. Catia Castro a également dirigé pendant un moment une agence de casting
 
Frédéric Isaya est né au Québec d'une mère québécoise d'origine et d'un père né en Côte d'Ivoire, et son père adoptif est d'origine congolaise. Il joue au théâtre, au cinéma et à la télévision. En septembre 2007, Frédéric Isaya a présenté un mémoire à la Commission Bouchard-Taylor intitulé Cri du coeur pour la visibilité des minorités.  
 
Né à Madagascar de parents chinois, Albert Kwan a immigré au Canada en 1972. En parallèle de son métier d'acteur qu'il exerce depuis 2000, il écrit ses propres scénarios, dirige des acteurs et réalise des courts-métrages pour sa compagnie de production. Écoutez » Commentez »

Vos commentaires

(5 commentaires)



8 juin 2008

Mon Dieu, Canadien d expression francaise mais d origine caraibeenne, je suis frappe du fait que apres plus de 40 ans ici ( je suis arrive ici dans mon adolescence mature) le milieu des artistes a PEU change au Quebec sauf pour le mulatre qui jouait de la comedie dans Requins belles oreilles . 
Je voulais etre comedien mais realiste j ai choisi la profession d enseignant. 
Ma propre soeur m avait meme deconseille d etudier en Droit pour ne pas crever de faim, conseil que j ai suivi car meme comme avocat c etait impossible de gagner sa vie. 
Aux minorites : faites comme Albert Kwan, creez et jouez vos propres roles au theatre, et dans des petites productions courtes de films.

Victor Nazaire
Ottawa

6 juin 2008

Rencontre très captivante! En résumé, le moule sociétaire de l'employeur Québécois, en position de direction, serait-il un vaccin purificateur contre l'affranchissement et l'émancipation globale des ethnies, dans le domaine des Arts? 
 
Comme a mentionné Catia Castro, dans sa vision parallèle -manque d'ouverture des aînés VS bouffe exotique- j'ajouterais, qu'en général, le Québécois rêve bien de ce qui est exotique, mais dans l'abstrait: un film ou un voyage purement américanisé avec quelques aspects ethniques, affichés en prime, pour satisfaire l'oeil. On veut aller à Cuba ou au Mexique, mais sans avoir à traiter avec l'essence même qui compose le pays ie les Cubains ou les Mexicains.  
 
Comme discuté, la jeune génération, elle, pense davantage dans le concret et aime se mêler à ces peuples. Il en résulte un enrichissement propre à l'émancipation personnelle, beaucoup plus profitable qu'une simple brochure sur les Club Med. 
 
Les enfants, eux, bénéficient des différences quand il y a place à la créativité, comme il a été mentionné dans votre entrevue. Ayant moi-même mis en scène deux ateliers d'art dramatique parascolaire, au primaire, et une pièce de théâtre en fin d'année; je puis vous dire que j'étais aussi fière que les enfants du résultat. 
 
Merci à vous quatre d'avoir partagé votre vécu.  
 

Elizabeth Filion
St-Jean-sur-Richelieu

6 juin 2008

J'ai ouvert la radio vers 20h30. Je suis alors arrivée au milieu d'une conversation entre 3 jeunes à l'accent québécois en train de parler théâtre et cinéma. Au bout de deux minutes d'écoute, le sujet s'est précisé pour moi. On parlait de minorités invisibles. Le statut de minorité de ces 3 jeunes, à la radio, était vraiment invisible. Quelle surprise d'entendre qu'ils étaient d'origines diverses. 
 
Pourquoi, au Québec, se prive-t-on du talent et de la créativité des "pas-comme-nous-autres" ? J'écoute régulièrement la télé anglophone et ils sont partout, les pas-comme-nous-autres. On se demandera ensuite pourquoi les minorités invisibles se sentent attirés par le monde des anglos.

Marie Lauzier
Montréal

5 juin 2008

Merci encore d'aborder ce thème encore taboue malgré tout ce tollé sur la commission Bouchard Taylor. Épouse d'un Cambodgien, il cherche en vain un emploi, le nom HENG, semble ne pas plaire. Nous envisageons de le changer, de lui donner le mien pour peut etre espérer décrocher une entrevue!... Je crains pour nos enfants, heureuse de pouvoir leur donner le nom de leur père, mais aussi leur assurer des portes ouvertes en leur donnant le mien également! 
 
Je suis d'accord avec Madame Castro, tout est à venir, l'ignorance et le racisme n'auront plus leur place au Québec. 
 
Encore merci!

Stéphanie BELLENGER
Montréal

5 juin 2008

Par curiosité, je suis allée regarder les c.v. de ces comédiens. Oui, ils travaillent. Mais jamais de premiers rôles! On ne garde ces comédiens que comme ''trame de fond''? Quel dommage...

Marie Wright
Montréal