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Le lundi 5 novembre 2007
 

0 h 40 - Réflexion
Censure et contrôle de l'Internet au Canada (bis)
MISE À JOUR 2.0 - La semaine dernière, je publiais un billet en mentionnant qu'on parlait beaucoup d'Internet depuis quelques jours, notamment au sujet de son contrôle et de sa réglementation au pays. Du lot, je retenais deux propos, d'abord les propos de Solange Drouin, la directrice générale de l'ADISQ. Dans mon premier commentaire, je résumais son propos en écrivant « l'expérience de la censure d'Internet par la Chine devrait nous servir d'exemple pour contrôler notre environnement culturel.»

Mais question de vous faire une meilleure idée de son propos, voici l'intégral du passage, comme elle aurait aimé le voir apparaître la première fois :

« Alors? Si, par exemple, je m'abonne à Bell Sympatico ou à Bell Mobilité, je voudrais qu'on s'assure que les contenus canadiens y soient accessibles en priorité. Si Google est capable de le faire en Chine avec des intentions de censure, nous sommes capables de le faire ici avec des intentions de promotion culturelle. Dans le cas qui nous occupe, il ne s'agit évidemment pas de censure mais de contrôle de notre environnement culturel. Et si les FAI canadiens s'annoncent comme les distributeurs de contenus de demain, qu'ils prennent leurs responsabilités

Et puis mercredi dernier, dans un article d'Alain Brunet, je lisais les propos de Michel Arpin, vice-président, radiodiffusion du CRTC qui affirme que le CRTC pourrait éventuellement réglementer Internet au pays. Voilà l'extrait :

« En décembre 2006, le Conseil a publié un rapport où il estimait qu'il n'y avait pas encore de dommages, mais au cours des trois années suivantes, il ne faudrait cesser d'évaluer le médium, car il serait peut-être alors nécessaire d'intervenir. On s'aligne donc pour intervenir, et ce, avant trois ans.»

Selon Michel Arpin, trois questions doivent être posées. Devrait-on réglementer Internet ? Si oui, comment devrions-nous le faire ? Quels résultats devrait-on anticiper ? J'aimerais vous lire là-dessus.

Depuis, j'ai bien tenté de joindre M.Michel Arpin pour aller plus loin avec lui sur cette intervention que pourrait faire le CRTC avant trois ans. Mais pour le moment, M.Arpin ne donne plus d'entrevue. Son bureau m'a cependant aiguillé vers le texte d'une conférence du président du CRTC, M. Konrad von Finckenstein, à Londres dans le cadre de la 38e conférence annuelle de l'Institut international des communications.

Son discours du 23 octobre aborde notamment les changements engendrés par l'utilisation accrue du réseau Internet au pays. Son allocution a le bénéfice de clarifier ce qui intéresse aujourd'hui le CRTC : le contenu et l'accès. On apprend que le CRTC s'intéresse à la diffusion en mode continu de la télévision commerciale par l'intermédiaire d'Internet et de dispositifs sans fil. Attention, seule la programmation professionnelle intéresse l'organisme de réglementation. Pas le matériel généré par les internautes. Quant à l'accès, le CRTC se concentre sur la hiérarchisation du trafic Internet et la définition du service de télécommunication de base.

Voici un long extrait de l'allocution :

« Nous avons décidé que le moment était venu de mener une étude approfondie sur les nouveaux médias et leurs répercussions sur les objectifs des mandats que nous confère le législateur. À cette fin, nous avons créé au CRTC le secteur Élaboration des politiques et Recherche, qui s'est vu attribuer comme mission prioritaire la mise sur pied et la gestion de l'Initiative sur les nouveaux médias.

Le but de l'Initiative est de créer de solides assises en vue de l'élaboration de politiques au sein de ce nouvel environnement. L'Initiative est pilotée par un comité consultatif qui réunit des représentants de haut rang des organismes gouvernementaux directement interpellés par ces enjeux. Nous concentrons surtout nos efforts sur les questions de réglementation émergentes concernant le contenu et l'accès.

En ce qui concerne le contenu, nous avons décidé de porter principalement notre attention sur la diffusion en mode continu de la télévision commerciale par l'intermédiaire d'Internet et de dispositifs sans fil. Seule la programmation professionnelle nous intéresse, par opposition à tout le matériel généré par les utilisateurs.

Quant aux enjeux relatifs à l'accès, nous nous concentrerons notamment sur :

* la hiérarchisation du trafic Internet, et
* la définition du service de télécommunication de base.

L'étude comporte trois étapes. La première étape, celle de la recherche, est maintenant terminée. Les recherches ont été menées par le personnel du Conseil et par des experts-conseils indépendants, à l'échelle nationale et internationale. Nous avons consulté un grand nombre d'intervenants de l'industrie et de représentants du milieu universitaire.

Parmi les sujets abordés, mentionnons :

* les modèles économiques et d'affaires émergents,
* les changements relatifs aux besoins, aux comportements et aux attentes de l'auditoire, et
* les tendances dans les technologies et les services.

Nous sommes passés maintenant à l'étape de la validation fondée sur la discussion et l'analyse. Elle comprend des ateliers et des réunions d'experts à l'occasion de conférences de l'industrie, des échanges avec différents ministères du gouvernement et une analyse approfondie au sein du Conseil. Nous sommes à évaluer l'incidence des nouveaux médias sur notre régime de réglementation en radiodiffusion et en télécommunications. De plus, nous tentons d'approfondir notre compréhension grâce à tous les points de vue qui nous sont communiqués, y compris par les consommateurs et l'industrie.

La troisième phase comprendra, espérons-le, des audiences publiques.

Cette initiative est le fruit d'un effort collectif. Nous ne cherchons pas à réinventer la roue : nous nous donnons simplement la possibilité d'apprendre des autres.

Nous espérons que ce processus nous permettra d'établir ce qui suit :

* une approche à l'égard des nouveaux médias,
* un plan d'action, et
* une marche à suivre pour apporter les changements nécessaires en matière de réglementation et de législation.

En un mot, nous devons cerner les nouveaux médias, nous devons évaluer leur incidence sur la radiodiffusion, les télécommunications et, plus important à nos yeux, sur le système de réglementation. Les nouveaux médias saperont-ils ce système, le contourneront-ils ou s'en révéleront-ils simplement complémentaires? »

Également à lire sur le même sujet, l'article de Paul Cauchon aujourd'hui dans le Devoir.

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Commentaires
5 novembre 2007 - 9 h 27
C'est Affreux!
C'est pas seulement en Chine. Google le fait déjà ici aussi. Google détecte votre adresse IP et vous envoie automatiquement au site google de votre pays quand tapez www.google.com. Et comme vous le remarquerez avec quelque petits essaie, www.google.ca revoie de manière très préférentielle du contenu canadien par rapport à www.google.com, www.google.fr ou www.google.co.uk.

Si en plus, dans vos préférences vous choisissez une langue préférée, alors google vous renvoie presque exclusivement des pages en cette langue. D'ailleurs tout ça peut s'avérer très énervant quand vous chercher des pages d'un autre pays ou dans une autre langue.

Que google fasse cela, ou que les FAI mettent du contenu canadien sur leur page d'accueil c'est correct. Mais que les FAI transmettent de façon préférentiel un certain contenu alors c'est le début de la fin d'internet. C'est la fin de la liberté de réseau, l'internet perdra son interactivité et deviendra et sera accaparé par les grosse corporations, exactement l'histoire qu'a connue la radio.


Envoyé par matchafa
5 novembre 2007 - 9 h 28
Censure et contrôle de l'Internet au Canada
je suis pour utilisateur payeur, exemple si je suis pour payer pour avoir accès a une autoroute payante et bien je m'attend a ne pas a avoir de contrainte d'accès .... donc si je paye pour avoir acces a internet je ne vois pas pourquoi je devrait avoir des contraintes...

Utilisateur payeur


Envoyé par jacques m
5 novembre 2007 - 12 h 29

Pourquoi nous comparer avec la Chine ? En Chine c'est un régime communiste c'est pas dutout la même chose qu'ici. Pourquoi alors nous bloquer l'acces, mettre en avant plan les site québécois ? Moi si j'ai envie de visiter un site américain j'ai bien le droit. Ne sommes nous pas dans un pays ilbre après tout ?


Envoyé par cheftony
5 novembre 2007 - 12 h 41
l'enfer est pavé de bonne intention
Lorsque j'ai entendu parler du "net neutrality" americain j'ai tout de suite pensé que le Canada ne tarderait pas à penser que cela pourrait etre une bonne idée. La promotion du contenu culturel Canadien est une cause noble certe mais les moyens utilisé pour y arriver sont quand à moi une mauvaise idée, la priorisation du traffic selon le contenu est chose courant pour les ISP, Il est tout à fait normal que le web, les emails, la radio sur internet et les transfert de fichiers p2p n'aient pas la même priorité car la latence pour certain peut etre fatale (les jeux par exemple).

Ce que je trouve innaceptable et allant a l'encontre des principes qui ont fait le succes d'internet c'est de priorisé le trafic selon l'ORIGINE du contenu. Par exemple, les videos téléchargé sur youtube ne devrais pas avoir priorité sur les video ou musique téléchargé sur archambaultzik. De plus, les createurs de contenu ne devrais pas devoir payer les ISP pour que leurs traffic sois acheminés plus rapidement, c'est la NATURE du contenu qui devrais determiner la qualité de service de ce traffic.


Envoyé par mathieu dumas
5 novembre 2007 - 16 h 20
Pourquoi tout ce trouble
Pourquoi se donner tout ce mal, quand tout ce qu'ils ont à faire c'est de promouvoir des moteurs de recherche comme la toile.com ou autres ... voir même à en créer un qui ne fera que mettre en avant plan le contenu québecois. Ben non ! c'est bien plus satisfaisant pour les "control freaks" du CRTC de restreindre les acces au reste du monde pour notre pauvre petit peuple assimilé ....

En tout cas, l'idée est bonne, car moi-même il m'arrive de rechercher quelquechose typiquement québecois, et me retrouver avec pleins de résultats américains non-désirés. Mais je crois qu'il y de meilleur façon de faire sans avoir besoin de prendre les gens pour des cons.


Envoyé par David
5 novembre 2007 - 17 h 32
Trop parlé Mme Drouin
Je crois que Solange Drouin a trop parlé. Elle a émis un commentaire qui, selon moi, traduit bien son souhait profond, contrôler. La seule erreur c’est de l’avoir dit comme ça. Parce que, la petite fonctionnaire quelle est, aime bien beaucoup contrôler.

La seule chose qui reste à faire c’est d’éviter de prononcer la Chine et de faire une belle politique qui aura de belles intentions et qui saura exciter le bon peul. Sous des besoins de règlementer pour la répression des agresseurs sexuel sur le web. Hop le tour est joué, maintenant on pourra bien vous contrôler.

En passant c’est déjà le cas en France. Tous les FAI sont tenus de fournir toutes les données de téléchargement au gouvernement. Le piège est en développement. La liberté au panier vive la Chine et les contrôles freaks!


Envoyé par Pat
5 novembre 2007 - 23 h 03
Programme ECHELON
Ce type de contrôle s'effectue depuis les années 50 par l'entremise du programme ECHELON. Il s'agit d'un programme d'écoute électronique qui intercepte toute forme d'information(papier, données, vocales, etc.) quelque soit le moyen utilisé et ce partout dans le monde sans aucune autorisation ni mandat à cet effet.

L'information colligée sert à des fins politiques (manipulation), économiques (connaître des secrets industriels) et militaires (localisation de certaines cibles) aux membres (Canada, USA, Grande-Bretagne, Australie et Nouvelle-Zélande) du programme ECHELON.

À ses débuts, le programme servait à colligé de l'information et à manipuler l'opinion publique de l'Europe de l'Est et de l'URSS. Aujourd'hui, aucune limite n'existe, les pays du monde entier sont espionnés et on cherche à transmettre de la fausse information dans le but de manipuler les populations concernées.

En conséquence, qui(Occident)sommes-nous pour faire la morale aux Chinois ?


Envoyé par Dennis N
6 novembre 2007 - 0 h 29
Les médias ne comprennent pas
Les médias sont issus d’un temps où la technologie permettant de publier n’était pas à la portée de tous.

Mais l’Internet brise cet oligopole, et les médias n’ont pas encore compris que sur l’Internet, ils sont sur le même pied que n’importe-qui d’autre et son chien.


Envoyé par Jean Naimard
6 novembre 2007 - 4 h 36
non
bonjours, suite a votre article paru le xxx
Je tenais as spécifier une chose.

Nous subissons déjà une forme de censure ou plutôt, une priorité est mise sur les informations qui nous sont parvenues.

En effets, on peut accuser les coups technologiques, mais les fournisseurs d'accès ont refusé les demandes d'interconnexion à leur réseau. Ce qui a pour résultats que les sites outremer sont plus lents d'accès qu'il ne le devrait. Prenons l'exemple de Clubic.com, un site d'actualité informatique et technologique regardé par plus de 4 millions de personnes chaque jour (sauf erreur). Ils offrent des vitesses de téléchargement via leurs serveurs qui peuvent attendre prés de 1mbps, mais à partir du Canada, on a droit qu'à un misérable 50 a 70 kb/s! de 1024 a 70.

Après on nous dit qu'on limiterait d'avantage les accès outre-mer pour prioriser le développement culturel (il est bien vu ces temps-ci de parler de culture). La beauté d'Internet, est d'avoir accès au reste du monde. Tous le reste du monde s'acharne à donné une connections internet à tout le monde. Les PC à 100$ l'Intègeration de connexion dans les pays défavorisés. Le fameux one pc per chield. On a même fabriqué une génératrice qui fonctionne grâce a des boeufs qui tournent en rond et qui gracie as une génératice, parvient à fournir l'énergie nécessaire pour donné Internet a ces gens et leurs permettre de s'intégrer dans le monde moderne.

Et aujourd'hui on vient nous dire que d'être isolé du reste du monde, que d'avoir l'information après des heures de recherche, car elle est tous simplement reléguée au dernier rank car elle n'est pas priorisée par notre gouvernement est bon pour notre développement?

On apprend déjà que vidéotron filtre le P2p2

http://www.pcinpact.com/actu/news/39868-filtrage-comcast-sympatico-P2P-encombrement.htm

Je vous remercie d'avoir parlé de cet énorme problème qui à mon sens est un acte hanti démocratique.


Envoyé par louis
6 novembre 2007 - 23 h 53

On apprend déjà que vidéotron filtre le P2p2.

Bell Sympatico pardon


Envoyé par Louis





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