Technicien
 
Difficile de résumer une journée typique dans la vie de Stéphane Rançon, technicien. Dans ce métier, les journées se suivent, mais ne se ressemblent pas.

Levé le mardi à 4 h 15 pour faire le montage des chroniques de C'est bien meilleur le matin, Stéphane se retrouve le lundi suivant à la salle des nouvelles, où il prépare avec les journalistes le grand bulletin de 17 h. Pas de place pour la monotonie, quand on est technicien.

L'essentiel du boulot de technicien consiste à tendre l'oreille, à faire bouger ses doigts et à gérer le temps. Stéphane doit diffuser au bon moment, selon un minutage précis, les éléments sonores qui composent une émission ou un bulletin de nouvelles. Un défi qui, s'il donne des sueurs froides au débutant, fait le délice du pro…

Tâche 1 : Connaître les outils
Tâche 2 : Mettre en ondes les émissions et les bulletins de nouvelles
Tâche 3 : La production en dehors des émissions
Tâche 4: Faire le tout sans s'énerver


» Tâche 1 : Connaître les outils
 
En studio, Stéphane est entouré d'une foule d'appareils : un magnétophone à rubans, un magnétophone à cassettes, un lecteur de cédéroms, un lecteur DAT (cassette audio numérique), des téléphones, un poste Dalet, des aiguilleurs pour se connecter à d'autres studios, etc. Ce sont les périphériques. Ils alimentent les émissions en son.

L'outil préféré de Stéphane : sans contredit le Dalet ! Ce logiciel permet de monter, d'écouter, de stocker et de diffuser des extraits sonores.

Tous ceux qui travaillent à la production des émissions radio déposent ou récupèrent du contenu dans Dalet. Le technicien y puise les capsules, les chroniques, les entrevues, les reportages et les extraits musicaux prévus à l'émission.

Chacun des périphériques est relié au pupitre. Avec cet appareil, le technicien épure le son et règle le volume. Il peut aussi créer certains effets. C'est donc grâce à la dextérité du technicien si la voix de l'animateur est agréable à l'auditeur, bien que Dame Nature y soit aussi pour quelque chose !


» Tâche 2 : Mettre en ondes les émissions et les bulletins de nouvelles
 
Parfois, Stéphane travaille pour l'émission Montréal-express, qui commence à 15 h 08 et se termine à 17 h 30. Il s'assure, à l'aide de la feuille de route et en manipulant habilement les appareils du studio, que chacune des composantes de l'émission est bien en ondes au moment voulu. Bien sûr, il veille aussi à la qualité sonore globale.

À 17 h 30 précisément, Stéphane sait que la régie centrale va automatiquement diriger l'antenne vers un autre studio, que Montréal-express soit terminée ou non. Sous l'œil intéressé de la réalisatrice, il surveille donc les aiguilles, afin de s'assurer que ne soit pas coupée la sortie de l'animateur ou l'intervention d'une journaliste. Il agit de même en prévision des périodes réservées aux bulletins de nouvelles, soit à chaque heure et parfois aux demi-heures.

Quand il travaille à la salle des nouvelles, Stéphane joue aussi un rôle de premier plan : il prépare et diffuse les reportages des journalistes. Ceux-ci demandent à Stéphane d'extraire du Dalet ou d'autres supports des bouts d'entrevues ou des bruits d'ambiance, puis de les mixer à leur voix.


» Tâche 3 : La production en dehors des émissions
 
Quand il ne s'occupe pas de la diffusion d'une émission ou d'un bulletin de nouvelles, Stéphane produit des capsules ou des chroniques en studio. Il prépare également des messages de promotion avec les animateurs.

L'émission C'est bien meilleur le matin, par exemple, présente des capsules de Pierre Verville. L'humoriste enregistre ses capsules en studio et les dépose dans le Dalet. Stéphane récupère le contenu des capsules puis fait un montage : il élimine les silences ou les bafouillages, ajoute des effets sonores, etc.

Les capsules prêtes, Stéphane les réenregistre dans le Dalet. Lors de la diffusion de C'est bien meilleur le matin, il n'aura qu'à les intégrer le moment voulu.


» Tâche 4 : Faire le tout sans s'énerver
 
Un reportage à monter à la dernière minute, un « trou » dans une émission, dû au retard d'un invité, un chroniqueur qui bavarde trop... on le voit, gérer la diffusion d'une émission de qualité exige la maîtrise de soi d'un yogiste.

À ses débuts, affolé à l'idée de devoir guetter l'horloge pendant qu'il effectue non pas une mais plusieurs opérations d'un même souffle, le technicien développe peu à peu un automatisme, une obsession du tic-tac qui le rend sûr de ses décisions et de ses gestes.

Le bonheur pour un technicien, c'est de sentir qu'il a le contrôle, qu'il peut arriver à se concentrer à la fois sur ses petites tâches et sur la qualité globale de l'émission.

À la manière dont il gère le temps, on se demande encore comment Stéphane a pu arriver en retard à l'entrevue !

 

Reportage : Jacinthe Bussières
 




Les cassettes vidéo ou numérique : une source de son parmi bien d'autres.
(50 s)


Des touches, encore des touches. Au pupitre de son, Stéphane épure et mixe les sources. (56 s)


Les émissions à plusieurs participants : gare aux mains pleines de pouces ! (1 min 43)


Deux minutes pour monter un reportage ! Ça presse à la salle des nouvelles… (1 min 7)


Pour ou contre le numérique ? Une chose est sûre, il allège les tâches… (34 s)


10 secondes, ça vous paraît court ? C'est fou ce qu'un technicien organisé peut faire en si peu de temps… (1 min 4)


Savoir se concentrer sur plusieurs choses à la fois : le « petit côté féminin » du technicien. (54 s)
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