Correspondant parlementaire
 
En poste à la colline parlementaire, le correspondant informe l'auditeur des événements de la vie politique. Les sujets qu'il couvre touchent tous les secteurs de la société.

Délais de production obligent, le correspondant parlementaire n'a habituellement que quelques minutes ou, au plus, quelques heures pour rapporter et analyser les événements. Ses atouts : une grande polyvalence, un esprit vif, une capacité de concentration et de synthèse hors du commun...

Jean Thievierge est correspondant parlementaire à Québec. Lui et sa collègue Mireille Massé, en poste à Ottawa, ont débuté dans le métier à la fin des années 70.

Depuis, ils ont appris l'art d'aligner les sujets, de cuisiner les ministres et de débusquer les scandales...

Étape 1 : Rapporter l'actualité parlementaire
Étape 2 : Cuisiner les ministres
Étape 3 : Passer en ondes : le défi de l'instantanéité
À temps perdu : l'enquête de fond


» Étape 1 : Rapporter l'actualité parlementaire
 
Travaux quotidiens de l'Assemblée nationale, congrès des partis, conseils des ministres, commissions parlementaires, que de sujets potentiels !

Le correspondant ne pouvant tout couvrir, il faut faire un choix. Certains sujets d'actualité s'imposent d'eux- mêmes : un amendement à la loi environnementale révolte les agriculteurs ? L'affectateur va demander au correspondant de recueillir la réaction du ministre responsable...

Par ailleurs, le correspondant assiste quotidiennement - en personne ou au moyen de la radio des Communes - à la période de questions en chambre. C'est le moment où s'affrontent l'opposition et le gouvernement en place. Un membre du Parti québécois évoque un possible conflit d'intérêts impliquant le premier ministre ? Pas de doute, l'événement fera l'objet d'un reportage ! Le correspondant aura alors à remettre les propos en contexte et à recueillir les impressions des personnes concernées.

Écouter un reportage de Mireille Massé comprenant des extraits de débats (2 min 8)


» Étape 2 : Cuisiner les ministres
 
À l'entrée ou à la sortie des réunions parlementaires s'effectue ce que les gens du métier appellent le scrum, une véritable course à la déclaration à laquelle participe une meute de journalistes. Le scrum rassemble des correspondants parlementaires et des journalistes de la radio ou de la télévision.

Réussir à mettre son micro sous le nez d'un ministre ne garantit pas l'information. Ce dernier peut décider de ne rien dire. Et même s'il parle, un obstacle majeur demeure : la langue de bois. Seul un correspondant bien préparé, qui connaît à fond ses dossiers, sait comment aller au-delà.

Écouter les propos de Bernard Landry contenus dans un reportage de Jean Thivierge (1 min 44)

Jean, d'ailleurs, ne se gêne pas lorsqu'il interroge un politicien : si ce dernier n'a pas répondu clairement à une question la première fois, il revient à la charge ! Le ministre s'esquive de nouveau ? Qu'à cela ne tienne, les collègues prendront la relève ! Ainsi soumis à des feux croisés de questions, les politiciens finissent - à moins d'être très coriaces - par livrer l'information ou le commentaire attendus…


» Étape 3 : Passer en ondes : le défi de l'instantanéité
 
Jean et Mireille traitent d'un ou deux sujets par jour, pour les bulletins de nouvelles de 8 h, 12 h et 17 h. Parce qu'ils suivent l'actualité, leurs reportages évoluent pendant la journée.

Le correspondant parlementaire participe, en direct, à certaines émissions. Il a ainsi l'occasion de parler plus en détail des sujets du jour. L'obligation de vulgariser l'information devient un rempart contre la langue de bois, dont le correspondant pourrait finir par faire usage lui-même !

Une fois en ondes, l'un des défis du correspondant parlementaire consiste à bien mettre en contexte les événements politiques et les propos recueillis.

L'exercice est réjouissant, mais peut devenir périlleux. Les journalistes disposent de moins en moins de temps pour comprendre et analyser les multiples dossiers qu'ils doivent traiter. Interwiever les acteurs politiques, se documenter, trouver des personnes ressources capables d'expliquer les enjeux, mettre ces enjeux en perspective, puis synthétiser le tout en fonction de la minute 20 ou des deux minutes alloués au prochain bulletin demandent enormément de concentration et d'énergie. Or la nouvelle culture de l'instantanéité bouscule le journaliste dans sa démarche… L'appui du chef de pupitre devient alors primordial : mieux vaut reporter un sujet que de diffuser un reportage mal ficelé…


» À temps perdu : l'enquête de fond
 
L'activité de l'Assemblée nationale n'est pas toujours d'intensité égale. Certains journalistes profitent des accalmies pour approfondir des sujets qu'ils jugent pertinents. En relisant des notes personnelles, en remontant la filière d'un coup de fil mystérieux, qui sait si Jean ou Mireille ne pourront pas remettre sur la sellette une question importante tombée dans l'oubli ? Quand un scandale est porté à l'attention du public, c'est bien souvent grâce à un travail de recherche assidu, mené auprès d'un réseau de contacts patiemment constitué.

Le réseau de contacts du correspondant parlementaire comprend non seulement des ministres, mais des personnes qui, dans leur entourage, occupent des positions ou ont accès à des informations clés. Pour les trouver, il faut du flair, de la patience et une grande diplomatie : une personne qui détient une information capitale ne se sent pas nécessairement la responsabilité de la rendre publique. C'est le rôle du journaliste que de convaincre son informateur de l'importance des faits rapportés.

Entretenir un réseau demande beaucoup d'énergie et comporte aussi un danger : celui de ne plus pouvoir en sortir ! Contre les jeux d'influences, le correspondant doit savoir préserver sa liberté de pensée. Son guide : l'intérêt du public. Garder en tête que ce dernier diffère certainement de celui des nombreux attachés de presse et lobbyistes qui arpentent les couloirs du parlement…

 

Reportage : Jacinthe Bussières
 




Les sujets couverts : les débats liés à l'actualité.
(59 s)


Vous voulez une réponse d'un politicien ? Ne vous gênez pas pour le malmener… (55 s)


Le temps de préparation : une donnée élastique.
(46 s)


Les promenades sur la colline : une façon de créer des contacts. (40 s)


Rester à l'écoute du monde « ordinaire » : un défi pour le correspondant parlementaire (1 min 32)
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