Chef de pupitre
 
Pierre-Philippe Bibeau est tellement occupé qu'il ne voit pas la journée passer. En tant que chef de pupitre, il compose les bulletins de nouvelles et en assure la mise en ondes.

Son métier se résume en un mot : décider. Décider de ce qui est diffusé en ondes et à quel moment. Une grosse responsabilité ! Elle se concrétise dans des actions diverses, allant de la lecture de dépêches d'agence à la correction de textes, en passant par la gestion des appels téléphoniques et le suivi des activités des journalistes…

Étape 1 : Se mettre dans le bain
Étape 2 : Préparer le bulletin de nouvelles
Étape 3 : Lire les nouvelles


» Étape 1 : Se mettre dans le bain
 
Pierre-Philippe arrive à la salle des nouvelles de la station d'Ottawa à 4 h 15. Premier réflexe d'un homme d'actualité : allumer la radio et la télévision. Puis, tour d'horizon des reportages radio produits la veille et durant la nuit par les autres équipes.

Pierre-Philippe commence ensuite à choisir les sujets à traiter.

Déjà au petit matin, des événements se dessinent. Le chef de pupitre surveille, entre autres, l'activité policière : un accident, une saisie, une arrestation ou un crime peut survenir… Outre les faits divers, d'autres événements ont eu lieu la veille et demandent peut-être un suivi. En l'absence de l'affectateur, le chef de pupitre distribue les sujets de reportage aux journalistes.

Tôt le matin, Pierre-Philippe épluche aussi les journaux locaux, puis les quotidiens nationaux. Sa lecture pourrait lui inspirer - ou lui imposer - d'autres sujets.


» Étape 2 : Préparer le bulletin de nouvelles
 
En gros, Pierre-Philippe a deux critères pour le choix des sujets et des angles de traitement : la nouveauté et l'intérêt public. Évidemment, il ne part pas de zéro : il connaît le profil de ses auditeurs. Il a aussi en tête les lignes directrices de son employeur en matière d'information : Radio-Canada ne traite pas n'importe quel sujet de n'importe quelle façon.

Autre donnée essentielle avec laquelle doit composer le chef de pupitre : le temps. Il y a toujours trop de sujets à traiter par rapport à la durée, fixe, des bulletins de nouvelles. Le chef de pupitre doit, encore là, fixer les priorités.

Le choix éditorial se fait instinctivement. À moins d'un cas particulièrement délicat, n'imaginez pas un chef de pupitre assis à soupeser les options ! Les décisions doivent se prendre rapidement : les bulletins passent à heures fixes, et le chef de pupitre est responsable de leur contenu…

Le plus grand défi du chef de pupitre : assurer la qualité de l'information et l'éthique journalistique. Le chef de pupitre guide les journalistes dans leur démarche. Vaut-il mieux reporter la diffusion d'un reportage pour avoir le temps de vérifier telle information ? Peut-on diffuser le nom d'un prétendu criminel ? Est-il pertinent de réaliser un deuxième reportage pour aborder telle question sous un angle différent ? Le chef de pupitre doit savoir orienter son équipe !


» Étape 3 : Lire les nouvelles
 
À la station d'Ottawa, le chef de pupitre assume aussi le rôle de lecteur de nouvelles. Une tâche de plus pour Pierre-Philippe, qui participe ainsi à tout le cycle de production des nouvelles.

Une fois le bulletin livré, le chef de pupitre repart pour une autre ronde. Un coup d'œil aux dépêches des agences de presse, un autre aux reportages nouvellement entrés, une rencontre avec l'affectateur, et le voilà en train de penser son prochain bulletin…


Reportage : Jacinthe Bussières
 




Le chef de pupitre, celui qui vit au rythme de la salle des nouvelles (23 s)


La radio et les journaux : des outils de travail quotidiens (19 s)


Le caractère de la nouvelle : satisfaire la curiosité (30 s)


À certaines stations, le chef de pupitre est aussi lecteur de nouvelles.

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