Un homme débrouillard et courageux
Serge Bouchard raconte la vie de George Drouillard, un guide, interprète, chasseur et coureur des bois. Il s’est illustré de manière inestimable au cours de l’expédition de Lewis et Clark vers le Pacifique.
 
Le contexte du conte
En 1763, Detroit est un gros bourg de 500 colons établis de part et d’autre de la rivière Detroit. Malgré le changement de régime, beaucoup de marchands canadiens-français restent sur place, car le soulèvement du grand chef Pontiac contre les Anglais avait terrorisé les marchands anglais. Curieusement, c’est donc une époque où le commerce français se met vraiment à prospérer. Cent ans plus tard, en 1860, la langue dominante sur la place du marché à Detroit était encore le français.

Un Métis
George Drouillard serait né vers 1772, d’un père canadien-français, Pierre, qui fait partie des premiers colonisateurs de la ville de Detroit. Sa mère est une Shawnee. En 1776, Pierre Drouillard se remarie avec une Canadienne française. Cet interprète travaille pour l’armée britannique. George reçoit une bonne instruction : il apprend à lire et à écrire, mais il est passionné de chasse.

Un homme de liberté
George Drouillard n’a jamais renié ses origines shawnee. À 20 ans, il s’installe à Cap Girardot, à 100 km au sud de Saint-Louis, une communauté « franco-indienne-espagnole-mexicaine ». Puis, il s’établit à Fort Massacre, une garnison qu’il approvisionne avec le produit de la chasse. C’est là qu’il fait la connaissance de Merriweather Lewis, en 1803. Ce dernier l’engage pour l’expédition qu’il prépare avec William Clark, à titre d’Indian interpreter.

Le chasseur de bêtes et de primes
Au printemps 1804, l’expédition Lewis et Clark entreprend son périple vers le Pacifique. George Drouillard est le chasseur attitré : il doit trouver l’équivalent de 300 livres de viande par jour. Il est à cheval et suit les canots. Quand deux membres de l’expédition désertent, il est chargé de les retrouver, morts ou vifs! Premier incident de l’expédition.

Sur le chemin des Sioux
C’est la grande crainte des membres de l’expédition. George Drouillard acquiert beaucoup de crédibilité quand il parvient à négocier, grâce au langage des signes, avec des membres des diverses communautés de cette terrible tribu. Lors de l’arrêt pour l’hiver chez les Mandas, Lewis et Clark rencontrent Toussaint Charbonneau et sa femme Sacajewa et les recrutent pour la suite.

Un statut spécial
Avril 1805 : l’expédition redémarre avec de nouveaux effectifs. George Drouillard n’est pas considéré comme un simple voyageur : il dort d’ailleurs dans la tente des deux chefs. Quand le groupe parvient à la hauteur de Yellowstone, le chasseur et interprète doit autant surveiller les Indiens que les grizzlis. Au pied des Rocheuses, il faut trouver les Shoshones pour obtenir des chevaux : George Drouillard part à leur recherche. Il est le dernier espoir de l’expédition, selon ce qu’écrit Lewis. George Drouillard a beau négocier, c’est Sacajewa qui sauve l’expédition.





Écoutez l'histoire de Albert Lacombe

Musiques diffusées

 George Drouillard Hunter and Interpreter for Lewis and Clark and Fur Trader, 1807–1810, de Malvin Olai Skarsten, publié chez Arthur H. Clark, 2003.

 La route de l'Ouest, de Richard Hétu, chez VLB éditeur.

 La pénétration du continent américain par les Canadiens français, 1763-1846, de Benoît Brouillette, publié par la Bibliothèque canadienne-française.