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Une heure avec Charles Taylor
[19 septembre 2005]

Marie-France Bazzo reçoit le philosophe et politicologue de l'Université McGill, nommé un des 25 grands penseurs du monde entier par Le Nouvel Observateur, en janvier 2005. 
 
 
Depuis sa dernière entrevue à Indicatif présent en 1998, le monde a changé. Mais pas pour Charles Taylor, philosophe de la modernité. «Le monde continue d'évoluer et le terrorisme continue d'être avec nous», dit-il. Le philosophe déclare plutôt que le climat et le réchauffement de la planète nous font entrer de plain-pied dans le 21e siècle. Et non les attentats du 11 septembre 2001. 
 
Charles Taylor estime que l'utilisation de la religion comme identité politique aux États-Unis est «un phénomène mondial, un phénomène de la modernité». Le thème de la sécularité (la laïcité, la pluralité) sera le principal sujet de son prochain essai. Plus précisément, Charles Taylor veut observer de plus près l'éclatement du spirituel qui marque notre époque: «Ce mouvement va en s'accélérant. Le nombre d'options possibles est toujours plus étendu. Les formes religieuses du passé ont été impossibles à maintenir, grâce à des changements importants. La religion est constamment en train de se recomposer. Elle ne disparaît pas». 
 
Au Québec, la Révolution tranquille a brutalement évacué le religieux de la société. Aujourd'hui, qu'est-ce qui peut remplacer ce vide religieux? Charles Taylor est persuadé que les gens remplacent toujours le vide par quelque chose. «Beaucoup de gens sont très désorientés. Ils ont perdu un langage et personne ne leur a donné de langage de rechange». Le philosophe estime que le Québec est l'une des sociétés les plus mal munies en ce sens.

Écoutez l'entrevue (36:08)