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La peur

[Le mardi 24 avril 2007]

peur

Julie-Anne Boudreau, Patrick Senécal, Martin Hébert et Louis Brunet

L’être humain, comme l’animal, a peur de ce qui lui est étranger, donc de ce qui pourrait le menacer. La peur est également un outil politique. George W. Bush a politisé la peur en lui donnant des couleurs: rouge et orange. Certains diront que son administration entretient une peur collective pour justifier ses interventions militaires. 
 
L’homme vit-il dans un état de peur pathologique? Pour en parler, Serge Bouchard a réuni Julie-Anne Boudreau, Patrick Senécal, Louis Brunet et Martin Hébert
 
 
Des peurs toutes personnelles 
Pour commencer cette discussion, Serge Bouchard cherche à connaître les peurs de ses invités. La xénophobie et les possibles dérapages qu’elle peut entraîner font peur à Julie-Anne Boudreau. Surtout en ces temps d’accommodements raisonnables. 
 
Les romans de Patrick Senécal frisent l’horreur et ils suscitent la peur chez ses lecteurs qui en redemandent. L’auteur a peur « du pire dont l’être humain est capable ». Et à l’aube de la quarantaine, il craint de plus en plus la mort. 
 
Cette année, Martin Hébert a effectué quelques séjours au Guatemala. Ses recherches ont porté sur des personnes traumatisées par la peur. Et les témoignages qu’il a recueillis lui ont fait peur. 
 
Qu’est-ce qui effraie Louis Brunet? La capacité de destruction de l’homme, celle qu’on peut cultiver et exacerber. 
 
 
Insécurité et contrôle 
Le lien entre la peur et le contrôle est moderne et occidental, précise Julie-Anne Boudreau. Le niveau de l’intolérance à l’imprévisibilité diffère selon les cultures. 
 
Patrick Senécal s’étonne que beaucoup de gens aient peur de l’insécurité et de l’inconnu. Ceux-ci acceptent un certain inconfort plutôt que de prendre des risques: « Cette peur de l’inconnu empêche beaucoup les gens de foncer, d’avancer et même d’évoluer. » 
 
Martin Hébert croit que la peur s’insère entre la réalité perceptible et celle qui nous échappe. L’inconnu, le danger et l’ignorance peuvent donc provoquer la peur. 
 
 
La peur institutionnalisée 
Selon Serge Bouchard, des événements comme la tuerie de Virginia Tech accroissent la culture de la peur. « C’est normal, explique Louis Brunet. Même si cela se passe à des milliers de kilomètres, nous voyons un être humain innocent qui a été tué. Nous nous identifions immédiatement à cet être humain. Toutes nos peurs vont aller se cristalliser sur le terroriste, le gang de rue ou le tueur », dit-il. 
 
« Les peurs se cristallisent aussi dans nos institutions », ajoute Martin Hébert. Par exemple, les établissements universitaires vont certainement mettre à jour leurs mesures de sécurité. 
 
En terminant, Serge Bouchard affirme que la peur est la source de bien des malheurs. Mais cette peur nous fait avancer, elle nous permet de créer. « La vie est un sport bien dangereux », conclut l’animateur. 
 
 
Les invités 

  • Julie-Anne Boudreau, professeure et titulaire de la chaire de recherche du Canada sur la ville et les enjeux politiques liés à l’insécurité. 
  • Patrick Senécal, écrivain. 
  • Louis Brunet, psychologue et psychanalyste, professeur au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal. 
  • Martin Hébert, anthropologue à l’Université Laval.


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