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Pourquoi tant de pauvres?

[Le mardi 3 avril 2007]

pauvre

Christian Deblock, Bonnie Campbell, Gérald Larose et Nancy Neamtan

« Nous sommes seuls quand nous sommes riches, et nous sommes seuls quand nous sommes pauvres. » 
 
De retour à la barre de Pensée libre, Serge Bouchard aborde un sujet complexe: le problème de la pauvreté. Pour en discuter, Bonnie Campbell, Nancy Neamtan, Gérald Larose et Christian Deblock se joignent à l’animateur.
 
 
Selon une étude des Nations unies publiée en décembre 2006, la moitié de l’humanité se partage 1 % de la richesse mondiale. Et 2 % d’entre eux se partagent la moitié de cette richesse. 
 
 
 
Une définition du pauvre 
Tout d’abord, qu’est-ce qu’un pauvre?, demande Serge Bouchard à ses invités. L’économiste Christian Deblock croit que même si la population est moins pauvre qu’il y a 200 ans, « il faut quand même admettre qu’un certain nombre de besoins ne sont pas couverts et qu’il existe aussi, de plus en plus, une certaine pauvreté absolue devant laquelle nous sommes un peu désarmés ». 
 
Bonnie Campbell élargit la réflexion sur la pauvreté en incluant les rapports asymétriques de pouvoir. 
 
Gérald Larose croit que les pauvres d’aujourd’hui sont beaucoup plus riches que ceux de 1907. « Mais ils sont extraordinairement pauvres de liens sociaux ». La cause de la pauvreté est donc davantage sociale qu’économique. 
 
Selon Nancy Neamtan, l’enjeu de la pauvreté est la marginalisation. « La charité marginalise encore plus. Elle ne règle pas le problème à la source », affirme-t-elle. 
 
 
La richesse en cause 
L’accumulation de la richesse est-elle à la source de la pauvreté?, demande Serge Bouchard. En fait, cette accumulation amène la privatisation des ressources collectives, soutient Christian Deblock. 
 
« L’enjeu, c’est la création de la richesse d’une façon exclusivement privée. Pour créer cette richesse, on crée un contexte de pauvreté », croit Nancy Neamtam. 
 
« Nous sommes les premières sociétés de l’histoire de l’humanité à être individualistes. Nous avons élevé l’égoïsme au niveau de vertu, explique Christian Deblock. Nous avons atteint le summum: l’accumulation par certains individus produit le bonheur collectif. » 
 
Bonnie Campbell rappelle que l’exclusion sociale continue et accroît la pauvreté. Elle propose une relecture de nos modèles de progrès économiques et un renouvellement de notre projet social. Les rapports asymétriques créés par les anciennes colonies sont encore reproduits aujourd’hui, en 2007. 
 
 
L’économie sociale comme solution? 
Nancy Neamtam souligne l’émergence de la consommation et de l’investissement socialement responsable. « C’est l’un des défis de l’économie sociale: montrer qu’on peut entreprendre collectivement, qu’on peut créer des économies de proximité, des économies collectives qui sont solidaires. » 
 
Gérald Larose craint l’émergence de rapports d’État à État sans la participation de la société civile. La société civile n’a pas réussi à contrer l’idéologie du secteur privé. Les mouvements syndicaux, féministes, écologistes, d’économie sociale et solidaire tentent donc de contrer cette idéologie par tous les moyens. 
 
L’État ne peut régler tous les problèmes sociaux créés par la pauvreté. Et la société civile doit donc accroître son influence sur l’État afin de mettre l’épaule à la roue, propose Nancy Neamtam. Nous devons revenir à la base de l’économie et proposer d’autres manières de voir le problème de la pauvreté. 
 
Le projet social que Bonnie Campbell, Nancy Neamtan, Gérald Larose et Christian Deblock proposent mettra du temps à prendre forme. 
 
 
Les invités 

  • Bonnie Campbell, directrice de la Chaire C.-A. Poissant de recherche sur la gouvernance et l’aide au développement à l’UQAM
  • Nancy Neamtan, présidente et directrice générale du Chantier de l’économie sociale
  • Gérald Larose, professeur invité à l’École de travail social de l’UQAM, président de la CSN pendant 16 ans. 
  • Christian Deblock, directeur du Centre études internationales et mondialisation à l’UQAM.


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