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Les livres
Cantique des plaines
Nancy Huston, Éditions Leméac

Défendu par
Christopher Hall

Quatre générations d’une famille d’immigrants, les Sterling, ont pris souche dans les plaines de l’Alberta entre la fin du siècle passé et les années 1960. L’un d’entre eux, Paddon, a tout connu de leur existence. Mais quand commence le roman, Paddon vient de mourir. Et c’est à ce grand-père adoré, fils de pionniers en terre indienne, que la narratrice, Paula, adresse un ample récit en forme d’adieu.

L’errance de Paddon, ses démêlées avec son père, son mariage avec la vertueuse Karen, ses déconvenues de chef de famille, ses déboires d’enseignant, son chimérique projet d’écrire un traité philosophique du temps, sa rencontre avec l’Indienne Miranda, amante prodigue qui le bouleverse en lui révélant enfin l’envers de la civilisation blanche et la vraie beauté du monde – tout ce qu’a vécu cet homme si magnifiquement, si exemplairement ordinaire, est évoqué ici avec un lyrisme sans pareil.


Notes biographiques Née en 1953 à Calgary, dans les Prairies canadiennes, Nancy Huston vit à Paris depuis près de 30 ans. Après avoir étudié aux États-Unis, au New Hampshire, elle a terminé ses études en sémiologie à Paris, dirigée par Roland Barthes. Honorée en 1993 par le prix du Gouverneur général du Canada, Nancy Huston est devenue, avec Cantique des plaines une écrivaine majeure de la francophonie. Son écriture fait maintenant l’objet d’une attention soutenue, et de nombreux reportages à son sujet ont permis de faire la connaissance de son univers personnel. Faisant entendre d’abord sa voix dans des revues au début des années 1980, elle a inscrit sa parole dans des débats et des revendications intellectuels. Elle a obtenu en 2006 le prix Fémina avec son roman Lignes de faille, salué unanimement par la critique.

©photo : Léa TODOROV

Vos arguments

25 mars, 9 h 53 - J'ai découvert Dolce Agonia de Nancy Houston il y a quelques années grâce au Combat des livres. Puis j'ai lu tous les autres romans de cette écrivaine hors du commun. Il faut la lire pour comprendre : c'est une fusion de l'intelligence rationnelle et de l'instinct primitif.

Hélène Parenteau
Longueuil

24 mars, 12 h 51 - Dans le cadre de son cours de français au cegep,mon Fils de 18 ans a vraiment beaucoup aimé lire "Comment devenir un ange", lui qui est surtout habitué de lire du Patrick Sénécal,ce livre là beaucoup touché et ému . Je l'ai moi aussi lu dernièrement et vraiment il m'a beaucoup marqué, il restera pour moi un livre important et significatif. Je suis bien déçu qu'il soit éliminé j'aurais vraiment aimé qu'il gagne parce que justement nous n'en avons pas beaucoup entendu parlé."Comment devenir un monstre est très bon aussi" 
Parmi les livres qui restent en compétition," L'énigme du retour" me semble inclassable . Quelle magnifique poésie et quelle magnifique description de Haïti et de ces gens. 
Mon choix se porte cependant sur Cantique des plaines, j'ai lu ce livre il y a déjà plusieurs années et chaque fois que je le vois dans ma bibliothèque, je me rappelle la beauté, la profondeur et le plaisir que j'ai eu à le lire c'est sûrement à mon avis le meilleur de Nancy Huston que j'aime beaucoup, dommage qu'elle ne vive plus au Canada depuis si longtemps.

Manon Cloutier
Sherbrooke

23 mars, 12 h 04 - Au moment de la publication de ce livre, j’avais retenu des critiques qu’il était écrit comme une œuvre musicale. C’est l’effet que m’a fait le rythme particulier de cette écriture singulière : celui d’être emportée par une musique, d’être portée par un souffle. La ponctuation inhabituelle, les dialogues non marqués comme tels, les écholalies fréquentes, la structure même du récit -chronologie aléatoire, entremêlant passé et présent de façon de plus en plus serrée au fur et à mesure que passe la vie de Paddon : tout cela contribue à la musique sans jamais nuire au récit. 
 
La narratrice, Paula, a reçu de son grand-père Paddon un héritage particulier : des notes éparses, pas toujours claires à partir desquelles celui-ci se promettait d’écrire l’œuvre de sa vie, sur le temps. Il vient de mourir, à près de 90 ans, et elle, à près de 30 ans, tente de remplir la promesse qu’elle a faite vingt ans plus tôt, d’aider son grand-père adoré qui ne se consolait pas d’avoir échoué à écrire son grand’œuvre. 
 
Elle écrit donc la vie de ce grand-père et l’histoire de sa famille maternelle (Paddon est le père de sa mère), qu’elle invente en fait à partir des bribes qu’elle retrouve dans les notes et à partir de ses propres souvenirs. Ce faisant, elle raconte l’épopée de la ruée vers l’Ouest et des débuts de l’Alberta, en même temps que celle d’un homme ordinaire qui aurait bien voulu être extraordinaire; c’est aussi l’histoire d’un pays qui s’est construit sur une faille, celle des ses rapports avec les Amérindiens. Paula est consciente d’inventer autant que de raconter, et elle le fait pour s’affranchir : elle aspire à faire son deuil et à accoucher de sa propre œuvre et de sa propre vie; et ce n’est pas sans peine ni tiraillements qu’elle le fait : 
« Tu m’as laissé tes mots, et je les couds ensemble en un patchwork dont je voudrais qu’il te serve de linceul ». (p. 243) 
« Ce rêve m’a affligée parce qu’il suggère que ce que je fais ici est tout le contraire de ce que j’avais aspiré à faire : au lieu de coudre un linceul, je profanerais des cadavres? Oh Paddon, je t’en supplie- libère-moi de ma promesse. Permets-moi de chanter jusqu’au bout cette berceuse qui t’apportera le sommeil éternel. » (p.256) 
 
Débuté sur le récit de l’agonie de Paddon, le roman se termine sur le début de sa vie, sur ce que la narratrice parvient enfin à voir : l’attirance et le désir qui animaient ses parents au moment de la conception de cet enfant qui allait devenir Paddon. Ce n’est pas un hasard que le livre se termine sur la référence à cette force vitale qui anime toute création, tout acte créateur. Car le roman est, finalement, un hymne à la vie, une puissante évocation de cette grande traversée qu’est la vie de chacun, avec ses élans, ses souffrances, ses créations et ses renoncements obligés. Un grand roman que je souhaite à tous de lire. 
 

Lisette Villemaire
Howick

23 mars, 10 h 17 - J'ai lu 3 des livres présentés. Tu défend mon préféré. Alors tactiquement, il faut malheusement débarqué Laferière en premier.

Claude Dupont
Montréal

22 mars, 17 h 12 - Quand, Paula, la narratrice de "Cantique des plaines", raconte la vie de son grand-père, elle dit que celui-ci a lu Saint Augustin pendant ses années d'études et qu'il a même consacré son mémoire de maîtrise à ce philosophe. Plusieurs passages de la méditation sur le temps que l'on retrouve dans le livre XI des "Confessions" sont d'ailleurs citées dans le roman de Nancy Huston.  
 
Dans le fascinant travail de réflexion que fait Augustin pour essayer de répondre à la question : "Qu'est-ce le temps ?" il en vient à chanter un cantique afin de démontrer que le temps est une distension de l'âme. Le cantique qu'il utilise pour son expérience est un plain-chant. En anglais, on dit "Plainsong", le titre de la version anglaise de "Cantique des plaines". Donc, en toute logique, le roman de Nancy Huston, pourrait être une version moderne de l'expérience temporelle de saint Augustin.  
 
D'ailleurs, pour ceux que cela intéresse, "Temps et récit", un ouvrage monumental du philosophe français Paul Ricoeur, est entièrement consacré aux extrapolations que tire Augustin de son expérience de chanter un plain-chant afin de tenter de définir le temps. 
 
Une lecture en entraîne souvent une autre, et à ce titre le roman de Nancy Huston est excellent.

daniel boisseau
montréal

22 mars, 11 h 03 - Bonjour, 
Quelques jours après la mort de mon père je commence ce livre et, dès la première phrase, je suis bouleversée...  
"Et voici comment je m'imagine ton agonie : le monde se met à tomber lentement à s'écouler à s'éloigner à s'alléger à fondre et à couler, comme lorsque la neige s'en va tout doucement de la forêt, ou comme une peinture dont les formes glisseraient peu à peu hors du cadre pour ne rien laisser sur la toile." 
Ce fut une merveilleuse lecture. 
Johanne Roy

Johanne Roy
Bromont

17 mars, 22 h 27 - J'ai lu ce livre deux fois ... et j'ai adoré le livre les deux fois. C'est très bien écrit. Le personnage principal, Paddon est attachant et sa rencontre avec une femme autochtone Miranda change sa vie. La rencontre des deux cultures nous fait voir la vie d'un tout autre point de vue. C'est un très beau récit.

Anne-Marie Hogue
Ottwa On

11 mars, 11 h 08 - C'est le seul que j'ai lu et je ne l'aurais pas lu si ce n'était pas le meilleur.

Denis Blondin
québec

8 mars, 10 h 57 - En dépit du fait qu'il y a quelques années que j'ai lu ce livre, il demeure un cantique dans ma mémoire. Nancy Houston suscite une émotion en abordant un sujet profond. J'ai aimé.

Jeanne-d'Arc Doyon
Saint-Hyacinthe

Vous avez été nombreux à voter pour le livre que vous vouliez voir couronné. Comme nos panélistes, c'est L'énigme du retour que vous avez choisi.

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