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La liberté n'est pas une marque de yogourt
Pierre Falardeau
[Essais]
Stanké, 238 pages, 2-7604-0735-7

Pierre Falardeau a réuni ses articles, ses lettres ouvertes, ses dénonciations des patenteux de subventions, ses répliques aux critiques, ses orages les plus éclatants mais aussi ses témoignages d'amitié et ses hommages à ses mentors et aux grands du milieu dans lequel il se débat. En écoutant battre le coeur de ce livre, on ne manquera pas d'admirer sa fidélité envers son pays et son engagement envers le cinéma québécois dont il reste un des plus ardents défenseurs. Une combinaison d'esprit, de réalisme, de sensibilité et d'ironie par un cinéaste d'ici qui ne s'est jamais pris pour un autre et qui, de plus, n'a jamais eu peur de dire, sans détour, tout ce qu'il pensait.


Proposé par :
Odette Bélanger, Montréal
 
Son appréciation :
Un éveilleur de conscience essentiel, un brasseur d'idées qui a le mérite d'être fidèle à lui-même, sans concessions. Parfois excessif mais toujours vrai.

Son passage marquant du livre :
« On ne fait pas l’indépendance avec des balounes et des airs de violon … Et tous les prétextes sont bons pour rester assis dans sa marde : « J’veux pas perdre mes montagnes Rocheuses, ma télévision couleurs pis mon chèque de pension. » « Qu’est-ce qui va arriver avec le Conseil des Arts? » « Les Québécois aiment pas les immigrants. » « Lionel Groulx haissait les Juifs. » « Parizeau est trop gros. » « Faut ben gagner sa vie. » « On veut entendre parler d’emploi. » « Les péquisses sont à droite. » « S’faire fourrer en français ou en anglais, qu’esse ça change? » « C’est pas assez multiethnique,ou plutôt néo-trans-postculturel. » « Vous avez pas de projet de société. » « Y’a rien pour les cyclistes gais unijambistes. » Comme si la lutte de libération nationale n’était pas en soi, un projet de société. Le bateau coule et des passagers veulent discuter de l’aménagement intérieur de la chaloupe. Ramons, câlice! On discutera ensuite de la couleur de la casquette du capitaine ou de la forme des rames. L’indépendance n’est pas le paradis. Ce n’est pas la solution à tous les problèmes. Mais il s’agit de choisir enfin. Ou le statut de nation annexée à jamais, ou la liberté. Incapables de s’unir minimalement pour conquérir l’indépendance, on masque sa lâcheté et son cynisme avec des phrases creuses. On s’étourdit avec les mots. On cherche la perfection du paradis, on exige la lune. On demande au mouvement national sa position sur les garderies, la chasse aux phoques, les pistes cyclables, la texture du papier de toilette. Mais on ne demande jamais rien au statu quo qui pèse chaque jour sur nos vies. Et c’est ça le réél. C’est même très réél. On discute depuis 200 ans. Les autres, eux, y discutent pas, y frappent. Chaque jour. Tous les jours. On se divise, on se déchire : les hommes contre les femmes, les jeunes contre les vieux, les ouvriers contre les chômeurs. À l’infini. Projet de société, mon cul! Vous en avez un, vous, un projet de société? Vous l’avez, vous, la solution? Alors, sortez-la vite, ça presse. Sinon, c’est pas la peine. Faudrait fermer sa gueule et ramer. En ramant, on finira bien par s’organiser. « Oui mais j’aime pas le capitaine. Il est trop gros. Il est trop souriant. Pas assez près du peuple. Trop intellectuel. Trop à gauche. Trop à droite. Trop ceci. Pas assez cela. » Décidément notre recherche d’un messie ne nous quittera donc jamais. On cherche encore un chef. On a besoin d’un chef pour nous dire quoi faire. Mais on s’en crisse du chef. L’important c’est ce qu’il y a dans la tête et le cœur des matelots. S’il n’y a rien, tant pis. Mais s’il y a une volonté à toute épreuve, une détermination sans faille, une vision claire, le chef va suivre. L’important c’est l’équipage, le peuple, pas le chef. L’important c’est chacun de nous. Nous sommes prisonniers de notre propre lâcheté, de notre propre paresse. Prisonniers de notre mollesse, de notre faiblesse, de notre insignifiance, de notre manque de créativité. Notre pire ennemi est en nous. Les barreaux sont dans nos têtes. Nous traînons nos boulets dans nos cerveaux. Les murs de notre prison sont dans nos têtes. D’abord, sortir de prison. D’abord arracher les barreaux. Le reste, on verra plus tard. La liberté d’abord. La liberté tout de suite. La liberté. Ou la mort. …  »

 
Fiche de lecture (titre)