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Cannabis : démêler le vrai du faux

Cannabis : démêler le vrai du faux

La période des Fêtes est marquée cette année par la légalisation du cannabis récréatif. Plusieurs pourraient être tentés d’en consommer, que ce soit une première ou non. Depuis le 17 octobre, de nombreuses informations circulent, mais comment démêler le vrai du faux? Le Dr Nicolas Tétreault, biochimiste clinique, répond aux questions.

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Conduire sous influence

Conduire Crédit : iStock

Il est moins dangereux de conduire après avoir fumé du cannabis qu’après avoir bu de l’alcool.

  • Dans les deux cas, le conducteur se place et place les autres usagers de la route à risque, soutient le biochimiste Nicolas Tétreault. Les meilleures recherches, selon l’expert, démontrent que le THC contenu dans les produits de cannabis a d’importants effets sur la conduite automobile comme une augmentation du temps de réaction, des troubles de coordination, une diminution de l’attention soutenue, une diminution du suivi de la trajectoire et du contrôle du véhicule. Toutefois, des chercheurs ont observé une conduite plus lente et une plus grande distance entre les véhicules, mais cela ne « permettra pas de compenser pour bien réagir aux imprévus », souligne-t-il. Il est donc dangereux de conduire avec les facultés affaiblies, quelle que soit la substance en cause, conclut le directeur scientifique chez Biron Groupe Santé.

Composés toxiques

Composés Crédit : iStock

Les composés toxiques comme l'ammoniac et l’oxyde d’azote sont en moins grandes quantités dans le cannabis que dans le tabac.

  • Comparativement au tabac, il y a environ 20 fois plus d’ammoniac, un irritant fort, dans le cannabis. Pour ce qui est de l’oxyde d’azote, un autre irritant, du cyanure d’hydrogène, un gaz toxique, et des amines aromatiques, qui sont potentiellement cancérigènes, les substances sont 3 à 5 fois plus présentes que dans la cigarette. À l’inverse, des composés se retrouvent en moins grandes quantités dans la fumée de marijuana, notamment le plomb et l’arsenic, explique M. Tétreault. Si la toxicité est souvent montrée du doigt, c’est parce que les inspirations ont tendance à être plus profondes et plus longues, explique le biochimiste. Les joints sont souvent fumés sans filtre et à une température de combustion supérieure à celle de la cigarette. Des experts ont souvent déclaré qu’un joint équivaut à cinq cigarettes, tel que l’affirme l’Association pulmonaire du Québec. Une affirmation contestée par certains scientifiques. Comparativement à la cigarette, même s’il est certain que la fumée de cannabis n’est pas sans effet sur le système respiratoire, les études sur le cannabis ne sont pas encore assez nombreuses pour tirer des conclusions, ajoute Nicolas Tétreault.

Motivation

Motivation"" Crédit : iStock

Le cannabis réduit la motivation.

  • La consommation de cannabis, comme celle de plusieurs autres drogues, perturbe le système de récompense et stimule la libération de dopamine. Sa consommation peut donc avoir un impact sur la motivation, soutient le biochimiste Nicolas Tétreault. Après un accomplissement, une sensation de bien-être est ressentie, ce qui nous amène à entreprendre des projets, à les faire avancer et à les compléter. « On peut donc imaginer que certains consommateurs chroniques peuvent alors choisir la facilité, déclencher ces réactions avec le THC et ne plus alors sentir le besoin d’entreprendre [quoi que ce soit], diminuant ainsi la motivation », affirme Nicolas Tétreault. Ces effets seraient encore plus néfastes sur les 17 ans et moins et sur les grands consommateurs. Selon plusieurs études, cela entraîne une diminution de la performance.

Détection

Détection"" Crédit : Radio-Canada

Les policiers peuvent détecter le cannabis au volant.

  • Les policiers peuvent détecter la consommation de cette drogue légale avec des échantillons de salive du conducteur. C’est la méthode la plus efficace, même si elle a ses limites, souligne l’expert Nicolas Tétreault. Le scientifique explique que la détection est possible jusqu’à 72 heures après consommation, alors que les effets psychotropes durent plus ou moins 6 heures. Certaines études ont démontré que la drogue peut être détectée jusqu’à 28 jours dans la salive chez un consommateur chronique. « Ce type de test permettra d’orienter les policiers vers la bonne marche à suivre et de documenter un cas, mais ne pourra pas être une preuve définitive de conduite avec les facultés affaiblies [...] Il devient évident qu’il faut utiliser un résultat de détection salivaire avec prudence », explique-t-il. Le cannabis peut aussi être détecté dans l’urine, les cheveux et le sang, énumère le chimiste. Pour un portrait plus complet, les échantillons d’urine et de cheveux sont en général analysés pour vérifier l'abstinence d’une personne. La substance peut être détectée dans l’urine jusqu’à une semaine et plus après consommation et dans les cheveux jusqu’à trois mois. Dans le sang, le cannabis est détecté 30 à 150 heures après sa consommation. Une analyse de sang peut être réalisée après un test salivaire pour en appuyer les résultats.

Dépendance

Dépendance"" Crédit : Getty Images

Le cannabis provoque une dépendance.

  • Les études démontrent clairement, dit le chimiste, que la consommation à long terme de cannabis peut mener à la dépendance. « Environ 9 % de ceux qui expérimentent le cannabis en deviendront dépendant; ce pourcentage grimpe à plus de 15 % chez ceux qui commencent à consommer à l’adolescence et peut atteindre 50 % chez ceux qui consomment quotidiennement », indique Nicolas Tétreault. Les consommateurs dépendants qui tentent d’arrêter pourront ressentir des symptômes de sevrage comme de l’anxiété, de l’insomnie, une perturbation de l'appétit et de la dépression, ajoute-t-il.

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