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Jean-Pierre Girard
Audio fil du vendredi 16 novembre 2018

Les humeurs de Rosalie, qui souffre de la FOMO!

Publié le

Rosalie Dumais-Beaulieu
La journaliste Rosalie Dumais-Beaulieu   Photo : Radio-Canada

Je suis ici pour vous parler de ma maladie, parler d'un grand mal qui m'obsède depuis des années. Si jeune, et déjà, je suis raquée par les aléas de la vie, ce n'est pas drôle ! Je souffre de la FOMO, la Fear of Missing Out, ou en français : la peur de manquer quelque chose.

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

Pour vous l’expliquer plus clairement, FOMO, c’est le nom de la p’tite boule qui te pogne au ventre quand tu sais que quelque part, il y a des gens qui ont du fun pendant que toi, tu n’en as pas.

Je pense que la FOMO, c’est le mal du siècle. La maladie qui te saute au visage quand tu ouvres ton téléphone. Pas besoin de googler les symptômes, Facebook se charge de te montrer des photos. Dix secondes d’une actualité Instagram pour te faire sombrer. Coudonc, pourquoi je ne suis pas là? Pourquoi ce n’est pas moi? J’aurais dû dire oui. Il faut que je vive ma vie !

La FOMO fait plusieurs victimes. D’un dernier souffle, les pauvres condamnés lâchent un « d’un coup que ». D’un coup que je manquerais quelque chose, d’un coup que ça serait le fun.

La FOMO, c’est aller dans un party même si ça ne te tente pas trop, c’est être déprimé parce que ton vendredi soir est trop tranquille, c’est se dire qu’on devrait voyager nous autres aussi puisque tout le monde le fait. Sauf qu’une fois rendu, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond en dedans.

La FOMO conjugue toute la beauté de dire oui à la vie et de la croquer à grandes bouchées, mais construit aussi parfois un faux bonheur qui repose sur une impression bien chambranlante qu’on va un jour réussir à mener une vie aussi belle que les autres. Pourtant, j’ai l’impression qu’on est plusieurs à essayer d’apprivoiser la FOMO, mais personne n’ose le dire. Nous sommes victimes et complices en même temps.

La FOMO, elle se propage, et parfois, la petite boule au ventre prend toute la place dans la tête. La FOMO te dit que tes choix ne sont pas les bons. Elle invite l’anxiété au party qui se passe dans la tête, mais elle n’a surtout pas invité ton p’tit cœur.

Je prône les coups de pied au derrière, je suis adepte d’une vie qui se vit à 100 milles à l’heure, j’encourage tout le monde à repousser ses limites. Mais j’aimerais quand même ça être capable de prendre les décisions pour moi, sans que la culpabilité voyage jusqu’au bout de mes doigts qui tiennent mon téléphone, l’arme ultime du crime.

J’aimerais bien qu’on me prescrive des gouttes pour que mes yeux cessent d’en vouloir à ceux qui ont du fun derrière l’écran. Il faudrait qu’on me fasse avaler la pilule d’un vendredi soir trop tranquille. J’ai besoin de radiographies pour me prouver que ma vie est aussi belle que toutes les autres. Je me prescris une saine gestion de l’équilibre pour mener une vie bien remplie et m’accorder le droit d’avoir une vie ben correcte aussi.

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