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Jean-Pierre Girard
Audio fil du vendredi 9 novembre 2018

Les humeurs de Rosalie sur le choc des générations

Publié le

Rosalie Dumais-Beaulieu devant des jeunes qui tiennent un cellulaire
Rosalie Dumais-Beaulieu   Photo : Radio-Canada

J'aurai 22 ans le lundi 12 novembre. Je suis née en 1996, après le déluge, oui oui! Ça donne un choc à bien du monde quand ils apprennent ça. Ça ébranle de savoir que les petits sont devenus grands, que ce n'est plus comme avant, que la vie se change de temps en temps. Ça frappe comme une claque. C'est le clash des générations.

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

J’ai grandi avec Internet, j’ai évolué en même temps que les tablettes. Je suis la génération nomade qui voyage avant de s’installer. La génération d’enfants qui veulent le rester, les Peter Pan du millénaire. Mes voisins sont de la génération de la révolution, des revendications et de la séparation. Et pour bien des gens, l’herbe n’est jamais plus belle chez le voisin. Entre les « c’était mieux avant » et les « c’est mieux maintenant », on perd tous un peu l’essence même du bon voisinage. À force de ne pas vouloir se comprendre, on reste chez nous pis on laisse la vie s’occuper de l’évolution sans qu’on se pose trop de questions.

Les plus vieux pensent que les plus jeunes sont confortablement assis sur leurs lauriers, qu’on est juste une gang d’obnubilés par nos téléphones, qu’on cultive le vide et les fautes d’orthographe, qu’on a perdu la valeur de la famille, de l’argent, du temps, de la vie. Les plus jeunes pensent que les plus vieux ne comprennent rien, qu’ils sont tous pognés dans leurs pensées arriérées qu’ils ont peur de l’autre, de la différence, de voir plus loin que le bout de leur nez. Là-dedans je vois du vrai, du faux, de l’incompréhension, de l’ignorance et des voisins qui préfèrent ne pas se parler et rester chacun de leur côté de la clôture.

Ma génération est forte et engagée, elle croit et porte l’espoir, elle grandit et prend sa place, le crie haut et fort. Elle s’implique jusqu’à s’oublier, elle fait des conneries aussi parfois, mais qui n’en fait pas? Elle partage d’un clic ce qui la fâche, ce qui la fait rire, ce qui la rend triste. Elle est ouverte plus que jamais, elle embrasse la différence, elle a effacé les frontières et a construit des ponts d’un bout à l’autre de la planète. Les boomers, les X et les autres lettres de l’alphabet ont la sagesse des vieux jours, ont préparé le terrain, ils ont bâti, pensé, créé, innové, osé. Ils se sont levés, ont changé les choses, ils ont profité de tout un monde de possibilités.

Je vais avoir 22 ans et je me rends bien compte que l’âge ne veut pas dire grand-chose, mais les générations en disent long. On a beaucoup de choses à dire sur les autres, mais très peu entre nous. Y’a tout un monde qui nous sépare, mais ça ne sert à rien de le clôturer. On n’a pas le même départ, mais on a la même ligne d’arrivée, et pour avancer faudrait s’en parler, pis réaliser qu’en dedans, on a tous le même mode de fabrication, peu importe les générations.

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