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Frederic Tremblay
Audio fil du vendredi 5 avril 2019

Les humeurs de Rosalie et l’art de mettre son temps au service des autres

Publié le

Rosalie Dumais-Beaulieu devant des mains liées
Rosalie Dumais-Beaulieu réfléchit à l'amitié entre les générations.   Photo : Radio-Canada

J'aime beaucoup raconter des histoires avec mes chroniques. Mais cette semaine, je me suis plutôt laissée emporter par les histoires. Ce n'était pas prévu, mais j'ai tellement vu une immense vague d'amour, de compassion et de bonté que je n'ai pas eu le choix de surfer dessus.

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

J’ai connu deux personnes qui n’avaient aucune chance de se rencontrer. Il y a une génération qui les sépare, mais beaucoup d’autres choses qui les rapprochent. Cette semaine, j’ai laissé messieurs Jacques Bolduc et Jean-François Lavigne me raconter leur histoire.

Ça tombait dans une semaine où j’étais un peu négative, je me sentais toute seule, j’étais débordée par le travail et les études, pas de temps devant moi. Bref, je n’étais pas de la meilleure humeur.

On m’a invitée à me rendre chez M. Jacques Bolduc, un résident du Manoir Champlain âgé de 84 ans. Jean-François le visite une fois par semaine. Les deux hommes n’ont aucun lien de parenté, ils sont juste liés par l’amitié.

Ça jase de hockey, ça fait des casse-têtes, l’un fait des petites réparations pour l’autre. Surtout, ça illumine le regard de l’autre, ça réchauffe le cœur même quand l’hiver ne veut plus décoller. Ça réalise des rêves, comme emmener l’autre voir le Canadien de Montréal. Ça ne change pas le monde, mais ça a changé une vie, ça, c’est certain.

Ils se sont rencontrés grâce au Centre d’action bénévole qui les a jumelés selon leurs intérêts. M. Bolduc était seul, Jean-François avait un peu de temps devant lui. Pourquoi pas?

Jacques Bolduc et Jean-François Lavigne dans l'appartement de M. Bolduc.
Jacques Bolduc et Jean-François Lavigne sont devenus de grands amis. Photo : Radio-Canada/Rosalie Dumais-Beaulieu

Récemment, Jean-François a annoncé qu’il partait vivre à Trois-Rivières. Comme une bombe larguée sans avertissement. Comme un astronaute qui redescend sur Terre un peu trop vite. Puis, le lendemain, M. Bolduc s’est dit « Pourquoi pas? ». Et aujourd’hui, il fait ses boîtes pour commencer une nouvelle vie à Trois-Rivières, son ami pas trop loin. Quand on m’annonce ça, je suis dans le salon de M. Bolduc. Je les connais depuis à peine dix minutes, mais j’ai envie de les féliciter, de faire des boites avec eux, de pleurer un peu.

Ça m’a juste remis ma réalité en pleine face. À 22 ans, déjà plus de temps. Qu’est-ce que j’en fais de mon temps? J’en perds une bonne partie, ça, c’est sûr. Visiter le Centre d’action bénévole cette semaine a été du temps bien investi. Du temps qui m’ouvre les yeux, du temps qui me remet à ma place et qui me bouscule pour me faire du bien. Jean-François et M. Bolduc, c’est une histoire figée dans l’instant présent et rien d’autre. Ils ont trouvé la recette.

J’aurais des tonnes d’histoires à vous raconter sur mes rencontres de cette semaine, mais je pense que le mieux c’est de prendre son courage à deux mains et de se rendre au Centre d’action bénévole, de les laisser écrire une partie de votre histoire. D’offrir de son temps. En fait, cette semaine, on m’a appris ce que c’est de choisir de donner une valeur à son temps.

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