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Les humeurs de Rosalie qui tente de vivre sans technologie

Y a des matins

Cette émission n'est plus à l'antenne. Elle est remplacée par C'est jamais pareil.

Les humeurs de Rosalie qui tente de vivre sans technologie

Audio fil du vendredi 29 mars 2019
Rosalie Dumais-Beaulieu devant un écran d'ordinateur

Rosalie Dumais-Beaulieu se questionne sur l'influence des technologies.

Photo : Radio-Canada

La fin de ma session à l'université approche à grands pas, j'ai donc beaucoup de travaux de recherche à faire. Grâce aux merveilles de la technologie, je peux chercher tous les documents dont j'ai besoin dans le confort de mon lit. À vrai dire, je n'ai jamais mis les pieds dans les allées de la bibliothèque de mon université.

Je vous entends déjà me dire que ça n’a pas de bon sens. Je vous arrête tout de suite : moi, c’est tout ce que j’ai connu, c’est tout ce qu’il y a de plus normal.

Je suis née et Google était déjà bien installé. J’ai grandi en même temps que lui. On est des meilleurs amis sans le savoir. J’ai l’impression que je vais toujours pouvoir compter sur lui. Mais imaginons qu’il me laisse tomber. Que tout plante et qu’il emporte avec lui tout son savoir. Imaginons qu’il me vole mon téléphone, mon ordinateur en même temps. Me voilà désemparée, désinformée, découragée ben raide.

Ça ne me dérange pas de ne plus perdre mon temps sur Facebook. Mais si le monde de l’informatique décide qu’il ferme ses portes, moi, je dois dire adieu à mes tutoriels YouTube pour réparer ma toilette, je dis au revoir à la recette de risotto sur le site de Ricardo. Et je ne connais même pas le numéro de téléphone de mon copain par cœur! Si le grand boss de la technologie ferme les lumières, c’est une partie de mon cerveau qui s’éteint.

Mais est-ce que c’est moi qui suis à blâmer? En même temps, on m’a appris bien des théories à l’école, mais je n’ai jamais suivi les cours les plus utiles dans la vie. Mécanique, plomberie, électricité, je suis la plus grande des ignorantes et ça me gêne presque d’en parler. Depuis toujours, Google est mon seul confident. On dirait que ce sont des choses que mon père sait faire, mais moi j’ai l’impression que je ne pourrai jamais avoir toutes les compétences pour le remplacer si je ne peux pas googler avant.

Justement, j’ai découvert cette semaine qu’il existe un nouveau mouvement mondial nommé le néosurvivalisme, ou les preppers. Tout le monde connait les survivalistes, le cliché du bunker, armé, avec plein de cannes de soupe pour survivre au-delà de l’apocalypse. Mais les néosurvivalistes appréhendent la crise écologique et s’arrangent pour pouvoir vivre chez Dame Nature sans trop être fatigants. Ils ont une vision un peu plus débrouillarde de la fin du monde. Genre savoir quels champignons sont comestibles, ou savoir comment faire un feu, savoir faire pousser des carottes, mais surtout, savoir parler à ses voisins pour qu’on s’entraide un peu mieux tous ensemble si jamais une catastrophe venait à nous faire tomber le ciel sur la tête. Drôle d’idée en 2019 n’est-ce pas?

Je ne suis certainement pas survivaliste, mais je réalise que j’ai une grande soif d’apprendre à gérer ma vie un peu mieux sans téléphone. Peut-être que pour mes travaux de session, ce n’est pas trop grave de me fier à Google. Mais Google n’a pas le droit de gérer ma vie comme ça. Je ne sais pas la date de la fin du monde, mais je pense que ça serait bon de déconstruire les bunkers qui nous séparent, débrancher les ondes, se relever la tête de notre écran, pour que tous ensemble, on s’arrange pour déjouer la fin du monde, sans avoir besoin de googler.

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