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Frederic Tremblay
Audio fil du vendredi 8 février 2019

Les humeurs de Rosalie sur la controverse du sexfie

Publié le

Un jeune femme qui semble se questionner.
Cette semaine Rosalie Dumais-Beaulieu parle de sexualité.   Photo : Radio-Canada

Cette semaine, la chaîne télé VRAK a publié un article controversé intitulé 10 trucs pour réussir ton sexfie sans ruiner sa réputation. Autrement dit, comment prendre des photos un peu coquines de soi-même pour les envoyer à son prétendant. Le problème, c'est que VRAK, c'est une chaîne pour ado.

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

Bien sûr, c’est un peu fou d’apprendre à de jeunes filles à prendre des photos nues d’elles-mêmes. Mais cette controverse m’a juste rappelé que l’adolescence, c’est l’heure des hormones en puissance, des phéromones libérées, de la libido dégênée, des joues qui rougissent à pas grand-chose, des grands scénarios romantico-pas-possible, de l’envie qui ne veut pas se taire.

C’est aussi l’époque de toutes ces pulsions bâillonnées, maladroites, parce que mal expliquées. C’est l’exploration, les expéditions corporelles sans rien y comprendre, en se trouvant bien souvent trop laide pour le faire, pas assez joliment fabriquée pour s’approprier son enveloppe.

Le sexe à l’adolescence, c’est trop souvent oublier que c’est beau de se trouver belle, que c’est grandiose d’habiter son corps et d’en être fière. L’éducation sexuelle, c’est tout ça. Ce n’est pas seulement l’ABC de la fabrication de bébés et le nom des maladies qu’on peut attraper.

L’éducation sexuelle, c’est aussi expliquer que si jamais il te passe par la tête d’envoyer une photo, en plus de présenter tous les dangers que ça peut engendrer, il faut parler des milles et une raison pourquoi ça ne se fait pas de partager, collectionner, se vanter de posséder les photos qu’on t’a si précieusement envoyées. Tout ça, en plus d’aborder toutes les raisons pour expliquer pourquoi je n’en veux pas du gros plan de ton engin qui pop dans mon écran sans jamais l’avoir demandé.

Le sexe est placardé partout. Le sexe se scroll sur Instagram, le sexe hyper facile à trouver.

Le sexe est rarement expliqué. On ne peut pas penser que ça n’existe que dans notre monde d’adultes et que les autres comprendront plus tard.

Heureusement, une série télé pour ado nommée Sex Education est sortie récemment sur Netflix. On y a choisi de parler du sexe de façon très crue, très visuelle et très ouverte. Cette série me rappelle que ça serait bien de prouver qu’il n’existe pas seulement des sites d’adultes où les images font mal à regarder et où la femme est présentée d’une façon très peu présentable. Y’a du doux sur internet aussi. La pornographie s’explique aux adolescents, même s’ils n’ont pas 18 ans.

Depuis septembre 2018, les cours d’éducation sexuelle sont de retour dans les écoles. On y enseigne le plaisir entre partenaires, l’affirmation sexuelle, l’attirance pour les autres et envers soi-même. Je ne sais pas comment s’appliquent les concepts dans les classes, mais je sais qu’on avait grandement besoin de parler de tout ça.

Oui, le sujet est délicat comme de la dentelle, mais les sexfies ne cesseront pas d’exister parce que VRAK n’aurait pas dû en parler. J’espère juste que de la controverse grandiront des réflexions afin que, dans l’intimité, il y ait moins de questions, moins d’évitement, plus d’amour, de sincérité, de consentement, de liberté, et beaucoup beaucoup de connaissances de toute la patente.

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