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Jean-Pierre Girard
Audio fil du vendredi 1 février 2019

Les humeurs de Rosalie : oser parler de santé mentale

Publié le

Portrait de Rosalie Dumais-Beaulieu juxtaposé à une image d'une personne recroquevillée dans un tunnel avec une lumière au bout.
La chroniqueuse Rosalie Dumais-Beaulieu aborde le délicat sujet de la santé mentale dans sa chronique hebdomadaire.   Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Ça fait déjà quelques mois que je vous parle à travers ces chroniques, mais on ne s'est jamais vraiment présenté. Bonjour, moi c'est Rosalie, ex-dépressive et anxieuse à temps partiel.

Je me suis questionnée à savoir si je devais parler de santé mentale cette semaine. J’avais peur qu’à cause de la journée Bell cause pour la Cause de mercredi dernier, on ne soit plus capable d’entendre les témoignages dans les médias.

Puis, je me rappelle que chaque fois que je fais de l’anxiété, je me sens niaiseuse d’en faire. Je n’en parle presque jamais parce que je trouve toujours que je n’ai aucune raison d’être stressée, inquiète, préoccupée.

Mon anxiété peut se déclencher à tout moment, et souvent, je n’ai aucune explication pour me justifier. Par exemple, je suis dans un bar avec des amis. Puis, tout à coup, il y a un déclic qui se fait dans ma tête.

Je n’ai plus envie d’être là. La musique est trop forte, je pense à tout sauf à avoir du fun. Et là, je me dis voyons donc que t’es pas capable d’avoir du fun, come on ! J’essaie d’oublier mes pensées pis de les faire taire, mais elles arrivent à bourdonner encore plus fort que la musique. Soit je reste et je fais semblant, soit je m’en vais pis je respire pis j’enlève le poids qui pèse sur mon p’tit cœur.

Je m’inquiète pour tout. Me stationner, oublier mon lunch dans le frigo, ne pas voir mes grands-parents assez souvent, ne pas dormir assez, ne pas manger assez de légumes, oublier de demander à quelqu’un comment s’est passé sa journée. J’ai la phobie de me réveiller la nuit, parce que je sais que ma tête peut s’emballer pour des mini affaires de rien du tout. Tout plein de petites affaires niaiseuses qui me font sentir niaiseuse. Ça me fâche, j’en suis gênée, je me sens impuissante, incomprise et ça m’épuise de devoir me raisonner constamment.

J’ai longtemps pensé que je devais garder mes pensées dans un petit enclos fermé pour éviter de les voir s’éparpiller jusqu’à m’en faire palpiter. Maintenant je médite et je suis consciente de mes pensées. J’apprends à les connaître, à les apprivoiser, à ne pas les éviter parce que j’ai trop peur de les confronter. J’ai longtemps eu peur de ma tête, comme si tout ce qui se tramait là-dedans c’était ridicule, exagéré, toujours amplifié, comme si j’avais un peu toujours des émotions garrochées.

Aujourd’hui, je voulais parler de santé mentale, principalement pour dire que ça ne nous définit pas. Selon l’Institut de santé mentale de Montréal, un québécois sur cinq sera touché par une maladie mentale.

Mais la maladie mentale n’est pas la seule chose qui nous définit. J’ai une petite tendance à la dépression, mais ça ne m’empêche pas d’aimer l’inconnu, d’être courageuse, d’oser, de foncer.

L’anxiété et la dépression sont les maladies les plus courantes, mais c’est la même chose pour toutes les maladies mentales. Il faut allumer toutes les lumières possibles sur les maladies encore tellement stigmatisées comme la bipolarité, les troubles de personnalité limite, la schizophrénie et plein d’autres. Je veux que les lumières restent allumées jusqu’à ce qu’on ne se sente plus niaiseux d’être comme on est.

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