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Jean-Pierre Girard
Audio fil du vendredi 18 janvier 2019

Les humeurs de Rosalie sur les rabais et la spirale de la consommation

Publié le

Photo montage de Rosalie Dumais-Beaulieu avec une personne qui paye par carte de crédit en arrière-plan.
Rosalie Dumais-Beaulieu réfléchit à sa façon de dépenser.   Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Est-ce que vous vous êtes déjà promené dans un centre commercial? J'imagine que oui. Avez-vous déjà magasiné en ligne? Le contraire serait surprenant. N'est-ce pas un beau sentiment que de trouver une paire de chaussures soldée à 50 %? Le sentiment d'avoir fait une bonne affaire est euphorisant. Je l'expérimente assez souvent.

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

Je fais attention à mon argent, donc c’est vraiment rare que j’achète quelque chose à plein prix. J’attends toujours les soldes. On pourrait dire que je suis un peu toujours à l’affût des rabais. Au fil de mes visites dans les magasins ou en ligne, je dénichais toujours des aubaines. Je me trouvais pas mal bonne, un genre de reine de l’économie. Je ne suis pas du genre à bousculer les gens pour avoir le dernier item dans le présentoir. Je ne fais pas la file à la station d’essence pour avoir dix sous de rabais. C’est juste que je planifie mes achats en fonction des soldes.

J’ai embarqué dans la folie du vendredi noir. J’ai des objets signés boxing day. Je profite des ventes trottoirs. Puis, les ventes de mi-saison s’en viennent. Et il y a toujours de gros rabais pendant les soldes d’été ou pendant les ventes sous le chapiteau. Puis, si je m’abonne à l’infolettre, j’ai 10 % de plus. J’ai un rabais étudiant aussi. Si j’envoie un texto, j’ai 5 $ de moins sur ma prochaine facture. Si je tourne la roue, je peux avoir le deuxième item à 50 %. Si j’achète pour 100 $, j’ai la livraison gratuite. Ça vaut la peine. Je suis vraiment bonne pour économiser!

Mais est-ce que je ne suis pas en train de me faire avoir? On me vend de la scrap à un prix de fou et on l’étiquette en rouge pour mieux me le faire avaler. Il n’y a pas un jour du calendrier pas soldé. Les publicités, les infolettres, les rabais exclusifs ne sont pas inoffensifs et on en reçoit tous les jours. Je ressors du magasin en ayant l’impression que mes poches sont pleines, mais elles sont plutôt pleines de trous. J’ai le portefeuille en passoire, mais j’ai le cœur euphorisé d’avoir soi-disant économisé.

J’ai pris conscience dernièrement que je me fais un peu aspirer dans une spirale à rabais alors que j’ai toutes les bonnes intentions du monde et que je refuse de surconsommer. Nous sommes bombardés de rabais et d’invitation à dépenser pour économiser dans notre boîte courriel, sur nos réseaux sociaux, dans la rue. Il n’y a pas mille solutions pour sortir de la spirale à part recoudre les trous dans nos poches et choisir de mettre son argent là où il va fleurir. Le fait main, local, bio, écoresponsable. Il faut se créer sa propre spirale du bon acheteur où l’argent retombe dans de bonnes mains. Il n’y a pas de soldes sur le travail minutieux qui n’économise pas ses efforts. Acheter c’est voter, même à 50 %.

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