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Jean-Pierre Girard
Audio fil du vendredi 11 janvier 2019

Les humeurs de Rosalie : l’art de se surprendre soi-même!

Publié le

Rosalie Dumais-Beaulieu devant une forêt
Rosalie Dumais-Beaulieu   Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

J'ai voulu faire un bilan de mon année 2018, mais il y a seulement les grandes lignes qui me venaient à l'esprit. Mon déménagement, mon nouveau baccalauréat, des trucs que j'ai faits au travail, une destination visitée. J'ai l'impression que ce sont des choses communes, qui pourraient se retrouver dans n'importe quel bilan de fin d'année. En fait, en dehors de ces grandes lignes, j'ai fait plein de petits trucs ordinaires qui sont quand même pas mal extras.

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

Il y a une chose en particulier qui m’a chamboulée et qui décrit bien mon année. Aujourd’hui, j’ai envie de vous raconter la fois où j’ai suivi un cours de kayak de rivière.

J’ai fait ça au mois d’août. Je m’intéresse au plein air en général. J’étais un peu ennuyée de mon été et le prix d’inscription était ridiculement bas. Je me suis donc rendue à la rivière, toute seule, parce qu’aucun de mes amis n’avait envie de le faire. Je ne sais pas quelle réflexion j’ai eue dans ma tête au moment de réserver mon inscription, mais c’est comme si j’avais plongé dans cette activité sans me poser aucune question… surtout que j’ai un peu peur de l’eau.

Arrivée dans le cours, j’ai su que j’allais payer cher ce je-m’en-foutisme.

J’avais la boule au ventre, dès les premiers exercices, pourtant très simples. J’ai même pleuré quand j’ai vu les premiers rapides. Je voulais soudainement tout arrêter. Pendant que les autres participants fonçaient dans les vagues en riant, moi je pleurais sur mon p’tit bout de roche en me trouvant tellement niaiseuse d’être venue m’humilier ici, et d’avoir payé pour le faire en plus. Mais je n’ai pas arrêté là.

J’ai repris mes esprits, j’ai continué le cours. Je me suis exercée plus longtemps que les autres, mais à la fin, j’ai affronté les mêmes vagues que les autres. Et les rapides étaient deux fois plus rapides que les premiers qui m’ont fait brailler! Sauf que là, quand je voyais les remous venir, je fermais les yeux en fonçant dans la vague en pagayant... presque avec assurance!

En seulement deux heures, j’ai passé par tout un processus émotionnel et j’aurais pu être juste gênée de ne pas l’avoir vu venir. À la place, je suis ressortie de la rivière tellement fière de moi. Six mois plus tard, je me revois faire ce genre de chose et je me dis que ÇA, c’est la vraie Rosalie. ÇA, c’est Rosalie qui n’est jamais assise bien longtemps. Rosalie qui pleure un peu, mais qui fonce pareil, les yeux un peu dans l’eau.

En 2018, je suis parfois retombée dans ma zone confortable. C’est vraiment facile de s’établir dans cette zone et de ne plus jamais en sortir. Ma sortie en kayak m’a fait réaliser que j’étais trop bien assise dans ma zone.

C’est ça que je nous souhaite tous en 2019 : de se brasser la cage. Pis quand on est assis trop confortablement, on se lève et on plonge. Dans la rivière, dans la vie. Ça peut-être de manger toute seule au resto, de suivre un cours à l’université, de t’inscrire à l’impro ou d’écrire à une vieille amie. N’importe quoi qui te fait dire : Wow, j’ai fait ça, moi?.

Je souhaite que 2019 soit l’année qui devient extraordinaire grâce à plusieurs petits moments très ordinaires, mais tous grandioses à leur manière.

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