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Les humeurs de Rosalie sur le Mois de la Fierté

Y a des matins

Cette émission n'est plus à l'antenne. Elle est remplacée par C'est jamais pareil.

Les humeurs de Rosalie sur le Mois de la Fierté

Audio fil du vendredi 21 juin 2019
Rosalie devant un drapeau multicolore

Rosalie Dumais-Beaulieu consacre sa dernière chronique hebdomadaire à l'amour et à la fierté!

Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Pour une dernière chronique, on parle de quoi? Qu'est-ce qui est assez important pour clore en beauté? Après un an de chronique, il faut forcément que les dernières paroles soient fortes. Finalement, c'est le mois de juin, le Mois de la Fierté qui m'a inspirée. À bien y penser, je trouve qu'il n'y a rien de plus fort qu'un mois tout entier pour célébrer qui on est, peu importe comment on est. Un mois tout entier pour prouver qu'on n'a pas besoin de case pour exister.

Un texte de Rosalie Dumais-Beaulieu

Malheureusement, plusieurs ont la manie de nommer, d’associer un visage avec un qualificatif. Une folie du rangement, que chacun soit dans sa case, que ce soit bien indiqué, et qu’on ne change pas le classement sans avertir. Pour refaire la distribution il faut presque envoyer un communiqué de presse. Il faut dire à tout le monde de changer d’étiquette. Attention tout le monde, on fait le ménage du garde-robe et à bien y penser l’étiquette ne colle plus alors il faut tout sortir du garde-robe. C’est presque une conférence de presse, il faut presque savoir un texte et l’annoncer aux personnes influentes en premier, en espérant qu’elles ne vont pas nous renier.

À quelle lettre de l’alphabet appartiens-tu? Es-tu plus L ou G, ou B, peut-être même T? Il nous faut une lettre. C’est important pour l’étiquette. Et des lettres qu’on comprend, si possible. Lesbienne, gay, bi, ça passe. Trans, queer ou non binaire, ça commence à faire. Plus, laisse tomber.

Mais l’affaire c’est que l’amour n’a pas vraiment besoin d’être nommé et rangé. L’amour, tout le monde le sait, c’est imprévisible, ça renverse quand on ne s’y attend pas. On ne la choisit pas, on la vit seulement et parfois on ne réalise pas toute la chance qu’on a de pouvoir aimer sans se faire dire qu’on n’a pas le droit.

Comment définir l’amour? C’est plutôt difficile. Je n’ai pas beaucoup de connaissances en la matière, mais je sais que l’amour devrait être multicoloré, l’amour devrait être arc-en-cielé. L’amour ça devrait être célébrer, ça devrait être embrassé toujours sans jamais se questionner. L’amour ce n’est pas d’être apeuré. L’amour c’est singulier, ou c’est pluriel, l’amour c’est comme on veut bien l’accorder.

Et il faudra parler d’amour tant qu’il y aura des bousculades dans les casiers parce qu’on aime différemment. Tant qu’il y aura des familles déchirées, des soirées angoissées à prier pour aimer comme tout le monde. Tant qu’il y aura de la honte, tant qu’il y aura de la violence, tant qu’on interdira à certains d’aimer, tant qu’à certains endroits, il y aura des meurtres pour avoir voulu aimer comme son cœur n’arrête pas de le crier.

Il y aura de la fierté, des parades, des défilés pour hurler à la terre entière qu’on aime bien qui on a envie d’aimer. Qu’on est bien qui on a envie d’être, une fille, un gars ou un mélange de tout ça.

Et pour une dernière chronique, je pense qu’il n’y a rien de plus fort qu’un l’hymne à l’amour.

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