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Jean-Pierre Girard
Audio fil du vendredi 22 mars 2019

Les humeurs de Rosalie sur la santé et la générosité

Publié le

Deux mains tiennent un coeur en peluche avec un pansement et un stéthoscope.
La chronique de Rosalie   Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

J'ai passé la semaine dans mon lit, entourée d'une montagne de kleenex, en étant presque une junkie des Tylenols et du sirop pour la toux. Je commence à peine à être capable d'enligner trois phrases sans me tousser un poumon. Pendant cette semaine-là, j'ai été une vraie plaie pour mon entourage. Tout le temps en train de me plaindre que j'ai mal à la gorge, que je suis fatiguée, que j'ai le nez irrité parce que je me suis trop mouchée. Puis en défilant mes réseaux sociaux, j'ai vu une page de sociofinancement pour quelqu'un qui venait de subir un grave accident.

C’était une famille du Lac-Bouchette, mon village natal. Après un grave accident de motoneige, le père de trois enfants doit subir de grosses opérations à la moelle épinière, pour, peut-être pouvoir remarcher sur ses pieds. Quand je lis ça, après, j’ai soudainement moins envie de crier partout que je n’ai pas dormi beaucoup la nuit dernière parce que j’éternuais trop.

Mon rhume est bien banal comme maladie. En fait, tu ne connais pas la maladie jusqu’à ce qu’un matin tu te réveilles et que le reste ne soit plus jamais pareil. Et personne ne veut la connaître. Personne n’a invité la maladie, elle n’est jamais la bienvenue. Elle s’installe même si on proteste, elle arrive brusquement, elle prend toute la place, elle se croit tout permis, elle chamboule des familles, elle renverse des univers, elle inonde des vies. Mais ceux qui la rencontrent sont plus solides que jamais, ils bombent le torse, baissent la tête et foncent dans le tas. Plus rien à perdre. Plus le temps d’avoir peur. Plus le temps de s’obstiner. Plus le temps pour le futile. On est dans la réalité, le temps s’est figé.

Cette résilience m’impressionne. Comme si certains avaient au fond d’eux-mêmes un puits sans fonds de force en temps de crise. S’il y a bien une chose qui rassemble tous les humains malgré toutes leurs différences, c’est la vulnérabilité quand la maladie vient cogner. C’est le cœur qui vire à l’envers assis dans le bureau du médecin. Le p’tit shake quand tu le vois dans les yeux du docteur qu’il ne s’en vient pas annoncer du soleil. Mais puisqu’il ne peut pas pleuvoir tout le temps, vous allez regarder la tempête passer. Après les torrents, la rivière va continuer de couler du bon bord à un moment donné.

Aujourd’hui par cette chronique j’aimerais juste vous envoyer un petit baume au cœur, un p’tit remontant peut-être à travers le mauvais temps. Je n’ai pas la prétention de pouvoir régler quoi que ce soit. Mais j’ai envie de vous flatter dans le dos pour vous dire que ça va ben aller, comme ma mère faisait quand j’étais plus jeune pis que j’avais un gros rhume. C’est juste une chronique pour envoyer des pensées positives à tous ceux qui traversent des moments difficiles. Une chronique pour rappeler aux gens l’importance de donner un p’tit cinq piasses quand tu vois passer une page Gofundme pour quelqu’un qui ne sait pas s’il va un jour pouvoir marcher sur ses deux pieds, pour celle qui a un cancer du cerveau alors qu’elle a à peine la vingtaine, pour le tout p’tit qui a passé plus de temps à l’hôpital qu’au carré de sable. J’pense que pour un matin, on est capable de laisser faire notre café pis investir cet argent-là dans la bonté.

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