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Jean-Pierre Girard
Audio fil du vendredi 15 février 2019

Les humeurs de Rosalie sur la solitude

Publié le

La chronique de Rosalie sur la solitude
La chronique de Rosalie sur la solitude   Photo : Radio-Canada / Vicky Boutin

Je trouve que la Saint-Valentin, c'est le moment idéal pour parler de solitude. J'ai beau être en couple, avoir des amis autour de moi, il y a quand même des moments où je me sens un peu seule. Et là, ne paniquez pas! Être seule, parfois, ça fait tellement du bien! Mais quand on est plus seule qu'avant on remarque que la vie est construite en paquet de deux.

J’ai toujours pensé que j’étais quelqu’un de solitaire et fière. Mais c’est toute une autre histoire que d’être seule et vouloir exister ailleurs que dans son salon. Il faut enterrer les préjugés pour prouver que t’es pas bizarre ou encore se camoufler pour pas trop qu’on remarque qu’on est pas accompagné. C’est trop facile d’être une proie en affichant cette vulnérabilité. Et pourtant, ça en prend du courage! Ça prend de l’assurance pour aller au cinéma toute seule, imaginez toute l’audace que ça prend pour aller au resto seule, encore pire, aller voir un spectacle toute seule!

On compte si on est deux. Compter jusqu’à un, ça ne compte pas. Tout le monde sait ça. Si t’es toute seule, reste chez vous. Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de voyager même quand y’a personne de disponible, c’est dommage de laisser tomber mes artistes préférés parce que mes amis ne sont pas accessibles. Pourquoi faire une randonnée toute seule ça ne serait pas possible? Parce que l’on ne vit que lorsqu’on est deux, minimum. Plus c’est mieux. Moins ça craint.

C’est bizarre de vouloir tout de suite se remettre à deux dès qu’on finit à un. Comme si c’était gênant à dire. Pourtant être seule ça rend riche du dedans. Être capable de s’accorder au singulier c’est une force inestimée. Mon individuel est mon accompagnateur, il se fait juge des amitiés qui méritent qu’on s’y investisse, parce que ça serait de gaspiller que de laisser entrer la première personne qui a toqué.

Et comprenez-moi bien, c’est merveilleux d’être à plusieurs. Ça rend le cœur léger, ça permet de se rapprocher, de voir d’autres réalités, ça nous amène ailleurs. Mais ma petite personne n’est pas que plurielle, elle pourrait grandir à merveille en regardant un peu à l’intérieur d’elle. Toutes les réponses sont là. Et ça me dit que je peux voyager toute seule, ça me crie que je peux bâtir des choses avec moi-même. Ça me hurle qu’on a vraiment le droit de faire ce qu’on veut quand on veut et qu’il n’y a pas de raison de tourner et retourner des pensées solitaires tristounettes avant d’aller dormir. On devrait se dire qu’on a passé une maudite belle journée seule et bien accompagnée.

Ce n’est pas grave d’être sa meilleure amie pour un temps en fait je dirais même que c’est important. Accepter qu’il existe parfois un moi esseulé ça forge le moi groupée, ça me permet de me connaître sur le bout des doigts pis de m’aimer comme ça.

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