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Marjorie April
Audio fil du mercredi 18 septembre 2019

Le Rwandais Eugène Nshimiyimana assiste à la pièce The Book of Life

Publié le

Un homme et une femme se tiennent côte à côte sur une scène.
Le Rwandais d'origine Eugène Nshimiyimana a fait la rencontre de Odile Garike (Kiki) Katese lors de la première de la pièce «The Book of life».   Photo : Isabelle Gobeil

Canadian Stage présente la pièce The Book of Life, qui souligne les 25 ans du génocide rwandais. La journaliste Isabelle Gobeil a assisté à la première en compagnie d'Eugène Nshimiyimana, un résident de Hamilton qui a survécu aux atrocités de 1994.

Le génocide rwandais a fait plus d’un million de morts. Eugène Nshimiyimana a perdu de nombreux membres de sa famille, des amis et sa fiancée.

Ce professeur à l’université McMaster a accepté sans hésiter l’invitation d'assister à la pièce The Book of Life interprété par l’instigatrice du projet Odile Garike (Kiki) Katese.

Quand ça concerne le génocide, on laisse tout de côté. C’est de répondre au devoir de mémoire, pour ceux qui ne peuvent pas parler. Il y a ce souci qu’on ne dilue jamais notre peine et que notre douleur soit rendue à sa juste mesure.

Eugène Nshimiyimana

Des lettres qui resteront sans réponse

Née en exil au Congo, Odile Garike (Kiki) Katese n’a pas vécu le génocide. Elle cherche néanmoins à faire le deuil de ceux qu’elle n’a pas connus et qui ont trouvé la mort en 1994. Depuis 2009, elle collectionne des lettres écrites par des veuves, des orphelins, des amis, mais aussi des génocidaires qui s’adressent aux personnes qui ont perdu la vie durant le massacre.

Seule sur scène, elle révèle des souvenirs quant à la vie que menaient les disparus avant les événements. Elle soulève des questionnements et imagine même ce que seraient devenus ces êtres chers si la vie ne leur avait pas été arrachée.

Des propos difficiles, mais utiles

Eugène Nshimiyimana s’est dit ravi d’entendre les pensées de compatriotes survivants comme lui. Il s’est aussi dit touché de connaître les propos d’un de ceux qui ont commis les exactions :

C’est [le morceau] de l’histoire qui nous manque pour que nous puissions compléter notre tragédie.

Eugène Nshimiyimana

Une rencontre en swahili

L’auteure Odile Garike (Kiki) Katese est venue à la rencontre du Rwandais d’origine pour connaître ses impressions après la représentation. Une partie de leur conversation a eu lieu en swahili.

Tous deux ont mentionné qu’une pièce comme The Book of Life présentée à Toronto rappelle que le génocide, survenu il y a 25 ans, n’est pas seulement une histoire rwandaise, mais qu’il s'agit d’un crime contre l’humanité qui concerne tout le monde.

Questionné à savoir s’il aurait des mots à écrire à certaines personnes, Eugène Nshimiyimana y est allé d’une réponse avisée.

Je ne saurais pas comment commencer. Et si je commence, je ne saurais pas comment m’arrêter.

Eugène Nshimiyimana

The Book of Life, en première mondiale sur les planches de Canadian Stage, à l’affiche au Théâtre Berkeley jusqu’au 29 septembre.

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