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Claudia Hebert
Audio fil du vendredi 4 mai 2018

Tournée des musées : le Musée Marie Dressler à Cobourg

Publié le

Le musée en briques rouges vue de la rue
Le Musée Marie Dressler à Cobourg   Photo : Radio-Canada / Isabelle Gobeil

Le Musée Marie Dressler raconte la vie de l'actrice Marie Dressler au parcours extraordinaire. Récompensée par l'Oscar de la meilleure actrice en 1931, elle devient la 3e Canadienne à avoir remporté un Oscar, après Mary Pickford en 1929 et Norma Shearer en 1930.

Un texte d’Isabelle Gobeil

Je ne connaissais pas l’existence de Marie Dressler avant de découvrir qu’il existait un musée pour lui rendre hommage entre Toronto et Kingston, à Cobourg, dans la maison où elle est née en 1868.

Marie en noir et blanc portant des lunettes, un chapeau, un manteau et un foulard
L'actrice Marie Dressler   Photo : Avec l'aimable autorisation du Musée Marie Dressler

Les premières années

De son vrai nom, Leila Marie Koerber, cette future grande star aurait mis les pieds sur les planches d’une scène dès l’âge de 5 ans.

À 14 ans, elle fait partie d’une troupe de théâtre amateur de Lindsay, à une centaine de 100 km de Cobourg.

Au début de la vingtaine en 1892, elle change de nom pour Marie Dressler et part pour New York à Broadway. Une nouvelle vie l’attend.

Broadway

Là-bas on apprécie tout de suite ses talents de comédienne et de chanteuse d’opérette. Le vaudeville devient son style. Et elle devient la plus populaire vedette de Broadway à la fin du 19e siècle.

Elle détonne néanmoins dans le paysage théâtral. Elle est différente des actrices toutes délicates et gracieuses qui répondent aux idéaux de beauté de l’époque.

Marie est plus grande que bien des hommes avec qui elle partage la scène. Elle est d’une forte carrure. Qu’à cela ne tienne, elle fait rire. Elle est une comique. En une dizaine d’années elle aura été à l’affiche sur Broadway à 11 reprises!

Après un court passage à Londres en Angleterre, elle remonte sur les planches à New York où elle remporte un immense succès dans la comédie musicale Nightmare Tillie. Sa vie prendra un autre tournant.

Des affiches aux murs, une vitrine avec des photos à l'intérieur. un écran de télévision avec un film qui est diffusé, un écran interactif.
L'intérieur du Musée Marie Dressler   Photo : Avec l'aimable autorisation du Musée Marie Dressler

Hollywood

Mark Sennett que l’on surnomme « le roi de la comédie », des studios hollywoodiens Keystone, convainc Marie Dressler de venir à Los Angeles.

Il souhaite qu’elle joue dans la version cinématographique de Nightmare Tillie qu’il veut produire en compagnie de la star du cinéma muet Charlie Chaplin.

Le succès de Tillie Punctured Romance sera si grand, que l'on en produit une série. C’est Marie Dressler qui écrit le quatrième volet The Scrub Lady en 1917. L’actrice de Cobourg devient une actrice incontournable à l’époque.

Affiches sur les murs, poster géant avec le portrait de Marie Dressler, un vieux gramophone
L'intérieur du Musée Marie Dressler   Photo : Avec l'aimable autorisation du Musée Marie Dressler

De retour à New York, Marie Dressler, prend la parole cette fois pour défendre le droit de vote des femmes. Elle s’implique aussi dans la création de l’Actor's Equity Association, un syndicat qui appuie les revendications des femmes face aux propriétaires de théâtre et aux producteurs de Broadway. À ce moment, en 1923, beaucoup pensent qu’elle dérange. On la boude et c’est presque la fin de sa prolifique carrière.

Elle en profite pour écrire et publier son premier livre, un essai, The Life Story of an Ugly Duckling en 1924.

Elle fait son retour au grand écran avec l’arrivée du cinéma parlant. Frances Marion, sa grande amie scénariste est une ancienne journaliste et correspondante de guerre. Elle lui permet de retrouver la gloire perdue en écrivant un scénario pour elle, déjà à l’aube de la soixantaine.

La consécration

Elle enchaîne ensuite 22 films entre 1927 et 1933 pour devenir l’actrice la plus lucrative de tout Hollywood. Elle remporte l'Oscar de la meilleure actrice pour Min and Bill (1931).

Affiche du film en dessin (caricatures) qui représente Marie Dressler et Polly Moran
Affiche du film « Politics », réalisé par Charles Reisner (1931)   Photo : Avec l'aimable autorisation du Musée Marie Dressler

La clé de son succès s’explique à la fois par ses années passées à Broadway, mais aussi à sa connaissance du cinéma muet. Tout au long de sa carrière, elle n’a cessé de parfaire sa présence sur scène par le jeu, l’expression, les mouvements et la voix. « Personne n’égale Marie Dressler! » C’est ce que dira Greta Garbo elle-même.

Elle est la première personnalité canadienne à faire la une du Time Magazine en 1933.

Photo en noir et blanc de Marie portant un chapeau
Marie Dressler en couverture du Time Magazine   Photo : Archives du Time Magazine

En pleine période de Grande Dépression, Hollywood organise une immense fête pour célébrer son anniversaire avec plus de 800 invités sur place et un gâteau géant.

L’incroyable soirée a été retransmise dans tous les États-Unis. Il y a même eu une retransmission à la radio à Cobourg dans le théâtre de l’époque. L’animateur de la soirée a même dit « Hello Cobourg, hope you’re enjoying the show! »

Rick l’intérieur du musée
Rick Miller, président du Musée Marie Dressler Photo : Radio-Canada/Isabelle Gobeil

Le Musée Marie Dressler raconte donc sa vie par le biais de photos et de vidéos d’archives mais aussi au moyen de tablettes interactives.

Certains éléments sont extrêmement rares comme des extraits de productions qui sont aujourd’hui comme perdues ou disparues. Le musée retrace aussi ses actions et son importante influence en tant qu’activiste de l’entre-deux-guerres.

L’Allée des célébrités canadiennes ne lui a toujours pas offert son étoile. Mais Hollywood l’a déjà fait en 1960.

Cette année, Cobourg ne manquera pas de célébrer les 150 ans de la naissance de cette grande actrice née dans une petite ville de l’Ontario.

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